Le gouvernement marocain noté par Jeune Afrique

11 novembre 2011 - 11h18 - Maroc - Ecrit par : J.L

Règlements de comptes, coups bas, guerre de communiqués, individualisme et mariages de raison, caractérisent les derniers jours du gouvernement Abbas El Fassi. A l’approche de la date fatidique du 25 novembre, plusieurs ministres au bilan insignifiant comptent pourtant rempiler. Jeune Afrique les a notés.

Le président du gouvernement Abbas El Fassi et le ministre de la Communication Khalid Naciri, ont obtenu tous deux une note de 3,5/10, soit une mention faible pour les deux politiciens dont le rendement est jugé à la limite de la médiocrité.

Le ministre des Finances, Salaheddine Mezouar, initiateur de la "Coalition pour la démocratie", a récolté 6,5/10. Mezouar qui n’a pas réussi à concrétiser bon nombre de réformes, est accusé par ses collègues au gouvernement de mener un jeu individuel.

Le bilan tant critiqué de l’exercice de la ministre de la Santé, Yasmina Baddou, qui a fait nuit blanche devant le siège de la province d’Anfa à Casablanca, pour être la première à déposer sa candidature aux élections législatives, est noté passable par l’hebdomadaire français, qui lui attribue un 5,5/10. Etonnamment, Yasmina Baddou retente sa chance pour une place au gouvernement, alors qu’elle envisageait de quitter la vie politique en mars dernier.

Ahmed Akhchichine, ministre de l’Education nationale, a obtenu un 4/10, une note qu’il aurait méritée en raison de l’impasse dans laquelle se trouve à ce jour le programme d’urgence 2009-2012, dont l’objectif est d’optimiser le rendement du système éducatif national.

Le ministre de l’Agriculture, Aziz Akhannouch, a obtenu un 6/10 parce qu’il a eu l’idée de commanditer une étude sectorielle sur l’agriculture marocaine à McKinsey, dès sa nomination en 2007.

La stratégie agricole "Plan Maroc Vert" lancée par Akhannouch, qui accorde une place de choix à l’agriculture d’exportation, profite essentiellement aux grosses entreprises, au dépend des petits agriculteurs. Jeune Afrique estime toutefois que les proches collaborateurs du ministre de l’agriculture et de la pêche maritime, ont été particulièrement exceptionnels lors des négociations de l’accord de pêche du Maroc avec l’Union Européenne.

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Taïb Fassi Fihri, a quant à lui décroché un 6,5/10 pour sa gestion rigoureuse du conflit autour du Sahara marocain. L’homme qui a remporté une victoire retentissante avec l’entrée du Maroc au Conseil de sécurité de l’ONU, a réussi ces derniers jours à faire oublier quelques-uns de ses échecs à la tête de la diplomatie marocaine, dont la rupture des relations avec l’Iran ou encore l’absence du Maroc de l’Union africaine.

La politique étrangère du Maroc, du ressort du Roi Mohammed VI, se distingue par un réalisme avéré, perceptible à travers le statut privilégié du Maroc avec l’Union Européenne, un lobby influent à l’ONU et l’éloignement des organisations régionales (Union Africaine, Ligue Arabe) pour conserver ses relations avec ses principaux partenaires.

Le ministre de l’Intérieur, Taïb Cherkaoui, 6/10, travaille lui d’arrache-pied depuis sa nomination en janvier 2010. La lutte contre le terrorisme, le traitement du dossier du Sahara et celui du Mouvement 20 février, sont autant d’affaires ayant démontré les qualités de cet ancien juge ayant appris à désamorcer les révolutions.

Hier jeune technocrate, Karim Ghellab est aujourd’hui décrit comme un monstre politique. Avec 8,5/10, le ministre du transport est le symbole de la génération Mohammed VI au sein du gouvernement El Fassi.

Découvert par le défunt conseiller Royal Abdelaziz Meziane Belfkih, Karim Ghellab s’est distingué par sa politique volontariste et ouverte, en imposant le nouveau code de la route. Député du cercle de Sbata à Casablanca, cet ancien des Ponts et Chaussées de Paris, qui défend becs et ongles le TGV marocain, est un fin négociateur qui sait écouter sans forcément faire de concessions.

Bladi.net Google News Suivez bladi.net sur Google News

Bladi.net sur WhatsApp Suivez bladi.net sur WhatsApp

Sujets associés : Taïb Fassi Fihri - Karim Ghellab - Abbas El Fassi - Yasmina Baddou - Elections - Salaheddine Mezouar - Ahmed Akhchichine - Aziz Akhannouch - Khalid Naciri - Taïb Cherkaoui - Elections 2011

Ces articles devraient vous intéresser :

Maroc : la retraite à 65 ans ?

Alors que les députés de l’opposition rejettent le projet du gouvernement d’Aziz Akhannouch de porter l’âge de la retraite à 65 ans, Younes Sekkouri, le ministre de l’Intégration économique, de la Microentreprise, de l’Emploi et des Compétences, dément...

Éric Ciotti met en avant les liens « très puissants » entre le Maroc et la France

Le président du parti Les Républicains, Éric Ciotti, a plaidé pour la réparation des erreurs passées et critiqué le manque de considération envers le Maroc. Dans une déclaration à la presse, M. Ciotti a souligné l’importance des liens « très puissants...

Jamaa Mouatassim démissionne du PJD, crise au sein de la formation islamiste

Le secrétaire général du Parti de la Justice et du développement (PJD), Jamaa Mouatassim, a démissionné vendredi du bureau du parti, après les rumeurs affirmant qu’il serait le conseiller politique d’Aziz Akhannouch, le chef du gouvernement.

Tanger Med : Un recrutement qui fait polémique

Zineb Simou, la parlementaire du parti Rassemblement national des Indépendants (RNI), a interpellé le gouvernement d’Aziz Akhannouch sur un recrutement au port de Tanger Med jugé exclusif.

Maroc : bonne nouvelle pour les fonctionnaires

Le gouvernement marocain et les syndicats auraient trouvé un accord en ce qui concerne l’augmentation générale des salaires des fonctionnaires.

Maroc : une seconde vie pour les hôtels fermés

Dans la perspective de l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (CAN 2025) et de la Coupe du monde 2030, le gouvernement d’Aziz Akhannouch travaille à redynamiser le secteur de l’hôtellerie.

Entre droits des MRE et échange de renseignements fiscaux : le dilemme du gouvernement marocain

Le gouvernement d’Akhannouch revient sur les deux projets de loi sur l’échange de renseignements fiscaux et de données des Marocains résidant à l’étranger (MRE). Par la voix de son porte-parole, Mustapha Baïtas, il rassure une fois de plus les MRE.

Les Marocains du monde, au cœur d’une importante réunion à Rabat

Le Premier ministre marocain, Aziz Akhannouch, a présidé la dixième réunion de la Commission ministérielle dédiée aux Marocains résidant à l’étranger (MRE)à Rabat hier, jeudi. Dans le cadre de cette réunion, il a mis en avant l’engagement du...

Royal Air Maroc : 200 avions prévus d’ici 2037

Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch et le Président-directeur général de la Royal Air Maroc (RAM), Hamid Addou, ont procédé mardi à Rabat, à la signature du contrat-programme 2023-2037. Objectif, améliorer l’attractivité de la destination Maroc et...

Maroc : augmentation des salaires des enseignants-chercheurs avant fin 2022

Le chef du gouvernement a fait part de son intention d’augmenter les salaires des enseignants-chercheurs avant la fin de 2022, et de signer un accord avec le syndicat avant la fin de l’année. Cette décision a été prise lors d’une réunion entre Aziz...