Croissance : La Banque mondiale casse le pronostic

18 janvier 2008 - 22h37 - Economie - Ecrit par : L.A

5,5% de croissance pour le PIB marocain en 2008. Le pronostic est de la Banque mondiale qui s’exprime sur les perspectives pour l’économie mondiale dans son tout récent rapport du même nom. C’est dire que le gouvernement qui table, dans la loi de Finances, sur une augmentation de 6,8% pour la même période, est plus optimiste.

L’institution internationale se prononce même sur 2009 et prévoit une hausse de 4,5% de la valeur ajoutée. En tout cas, un net mieux est attendu par rapport à 2007, puisque le PIB n’y aura crû que de 2% selon la Banque mondiale. Qu’en sera-t-il de toute la zone MENA ? « Les perspectives qui s’offrent aux pays en développement de la région semblent relativement favorables », est-il indiqué dans le rapport. Le gain global pour le PIB devrait atteindre au moins 5% en 2008 et 2009, est-il précisé. L’exercice en cours s’annonce donc sous de bons auspices.

Particulièrement pour les pays exportateurs de pétrole. En effet, « en dépit des incertitudes que font planer les répercussions financières de la crise des prêts hypothécaires à risque des Etats-Unis », la croissance de ces pays devrait s’accélérer sous l’effet des prix du pétrole qui resteront probablement à un niveau élevé (84 dollars le baril). De la sorte, ces pays continueront à jouer leur rôle de locomotive pour l’investissement régional. Le rapport de la Banque mondiale ne manque d’ailleurs pas de relever qu’ils se sont « révélés être de gros investisseurs dans les pays de la zone MENA ».

L’institution internationale porte toutefois une ombre au tableau. En effet, « si le crédit devait se contracter dans une mesure importante, la croissance dans les pays de l’OCDE et dans les pays en développement s’en trouverait ralentie. De la sorte, la demande de pétrole brut et de produits pétroliers raffinés pourrait se tasser et entraîner une chute des prix qui aurait elle-même des effets induits sur les recettes et la croissance ».

Comment se sera comportée la croissance en 2007 ? Pour sûr, le Maroc aura été le mauvais élève de la région. Il est notamment cité par le rapport pour avoir ralenti la croissance de la zone en grande partie en raison de la chute de son PIB de 8 à 2%. En cause, « la grave sécheresse, qui a sévi tout au long de l’année ». Ceci n’aura pas empêché « le PIB des pays en développement de la région MENA d’augmenter de près de 5%, ce qui le maintient à son niveau le plus élevé depuis 10 ans ».

Le pétrole y aura contribué pour beaucoup. Avec une flambée qui a fait culminer le baril à 100 dollars, l’or noir est incontestablement une manne juteuse. Elle se monte à 542 milliards de dollars pour les exportateurs de la région en 2007. Pour rappel, la Banque mondiale distingue dans la zone MENA entre les exportateurs de pétrole et ceux « pauvres en ressources, mais riches en main-d’œuvre », dont fait partie le Maroc.

Robuste demande

Et ce sont les pays exportateurs de pétrole qui tirent donc leur épingle du jeu. Leur PIB devrait, selon le rapport, « être de 4,7% en 2008, puis revenir à 4,6% en 2009 lorsque les cours mondiaux du pétrole commenceront à baisser ». Les revenus du pétrole leur permettent de « financer la poursuite de leurs programmes infrastructurels et sociaux, tout en accroissant leurs considérables réserves », selon la Banque mondiale. Pour ce qui est des exportateurs de produits diversifiés, bien que leur croissance ralentit, ils peuvent compter, selon la Banque mondiale, sur « la reprise de la demande des pays européens qui a permis de soutenir les exportations et les entrées sans précédent d’investissements directs étrangers. L’ampleur des liquidités et la robuste demande intérieure ont été autant de facteurs de croissance dans les divers pays de la région ».

Pour ce groupe de pays, la croissance devrait s’établir à 6,3%, contre 5,4% en 2007. « Cette évolution sera en partie imputable à la reprise observée au Maroc à l’issue d’une grave période de sécheresse, avec un taux de croissance de 5,5 %», est-il indiqué dans le rapport. Une progression que devrait d’autant plus favoriser « les réformes qui vont améliorer le climat des affaires et qui vont accroître la compétitivité des exportations ».

A signaler enfin le renversement de vapeur sur le plan des échanges extérieurs qui favorise les pays non exportateurs de pétrole. Ceux-ci peuvent observer une amélioration de leur compétitivité sur les marchés de l’Union européenne. Leur monnaie nationale ne se dépréciant que peu par rapport à l’euro. Les exportateurs de pétrole en revanche ont constaté une perte de valeur de leurs rentrées de fonds en dollar par rapport aux factures en euro. Monnaie en laquelle une grande partie de leurs importations est libellée.

L’Economiste - Réda Harmak

Bladi.net Google News Suivez bladi.net sur Google News

Bladi.net sur WhatsApp Suivez bladi.net sur WhatsApp

Sujets associés : Croissance économique - Exportations - Banque mondiale - Compétitivité

Aller plus loin

9 millions de pauvres au Maroc

La Banque mondiale s’est penchée, dans un rapport de suivi publié le mardi 9 octobre, sur la situation économique au Maroc et sur les défis à relever, notamment, ceux liés à la...

Ces articles devraient vous intéresser :

Flexibilité du dirham : le Maroc franchit une nouvelle étape

Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des finances, salue la réforme en cours du régime de change marocain, affirmant qu’une étape importante est en train d’être franchie pour améliorer la flexibilité du dirham.

Le Maroc dans le top 10 des marchés mondiaux de Renault

Le Maroc est désormais le dixième marché mondial de Renault et le premier de toute la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) en termes de ventes, avec 44 497 véhicules vendus au cours des neuf premiers mois de l’année 2023.

Maroc : appel pressant des exportateurs de légumes

Les associations de producteurs et exportateurs de fruits et légumes appellent le gouvernement d’Aziz Akhannounch à autoriser la reprise des exportations.

Séisme : l’économie marocaine touchée en plein cœur

Le puissant séisme qui a touché le Maroc dans la nuit du vendredi 8 septembre, n’a pas causé que des dégâts humains et matériels. Il affecte durement l’économie du royaume, en plein essor depuis une dizaine d’années.

Croissance : le Maroc surpasse l’Algérie et la Tunisie

Après « une douloureuse récession du secteur agricole victime d’une sécheresse historique », le Maroc devrait avoir une croissance économique de 3,2 % cette année, contre +1,3 % l’année dernière, et légèrement au-dessus de la moyenne (3 %) de la région...

Le Maroc capable d’établir un record en matière d’exportations d’avocats

Le Maroc a enregistré une hausse record de ses exportations d’avocats en volume au cours de la saison et pourrait rééditer l’exploit au cours de la saison 2022/23 (juillet-juin).

Le Maroc veut exporter de l’hydrogène vert vers l’UE d’ici 2050

Le Maroc veut continuer à produire davantage de l’hydrogène vert pour poursuivre sa transition énergétique et devenir à terme un grand exportateur du combustible vers l’UE.

Le Maroc peut-il résoudre la crise énergétique de l’Europe ?

Le Maroc ambitionne de produire 52 % de son énergie à partir de sources renouvelables d’ici à 2030 pour en exporter une grande partie vers l’Europe par le biais de câbles sous-marins. Va-t-il prioriser l’exportation au détriment de la satisfaction de...

Le Maroc conserve sa note "BB+" avec une "perspective stable"

Fitch Ratings, agence américaine de notation, a maintenu la note de la dette à long terme en devises du Maroc à BB+ avec une « perspective stable ».

Boom de l’automobile, chute du phosphate : les deux visages de l’économie marocaine

Le secteur automobile marocain a connu une forte croissance de ses exportations, atteignant près de 116,38 milliards de dirhams (MMDH) à fin octobre 2023, selon les dernières données de l’Office des changes.