Manuel, fuyant Madrid - et ses problèmes de mal vivre - s’installe au Maroc, à Mimoun. Il espère y retrouver une pureté de vie et de sentiments qui lui permettra enfin d’écrire ce livre qu’il porte depuis si longtemps. Il habite chez Francisco, traîne dans les bars du village et perd peu à peu pied avec la réalité.
Comme si les verres d’alcool qu’il avale de plus en plus fréquemment dissolvaient le monde qui l’entoure en un étrange brouillard dont ne surnagent que les structures, les pièces maîtresses d’un puzzle qui échappe à l’homme.
Seule subsiste la pureté du désert. La dernière phrase du récit remet les choses à leur juste place : « La nuit était claire et, par-dessus les ombres des oliviers, il y avait des milliers d’étoiles ». On pense bien sûr à la désespérance tranquille et l’inutile fuite de certains héros de Paul Bowles. Rafael Chirbes a toutefois un ton bien à lui pour évoquer cette quête absurde de ceux qui retrouvent leurs démons sous n’importe quels cieux.
« Mimoun », de Rafael Chirbes, traduit de l’espagnol par Denise Laroutis, éditions Rivages, 145 pages, 11,50 euros.