La gouvernance
La démocratie interne :
La conception de la démocratie au sein du parti, repose à l’instar de la démocratie au sein de la société marocaine sur la notion de culture citoyenne et sa déclinaison en droits et devoirs régis par des procédures et des règles objectives.
Parmi les principes régissant le fonctionnement de la démocratie au sein de l’USFP, il convient de mentionner :
- la liberté d’expression, d’opinion et de propositions ;
- la liberté d’élaborer des projets sur la base de démarches objectives en les validant soit par le consensus le plus large possible, soit par le vote ;
- l’égalité entre les membres implique le respect du droit de vote dans le cadre d’une compétition loyale fondée sur la probité intellectuelle, la compétence et le mérite ;
- la reconnaissance d’une nécessaire mobilité générationnelle, la collégialité dans la gouvernance et la répartition optimale des responsabilités, de manière à motiver et impliquer toutes les compétences du parti ;
- l’adoption du principe de la discrimination positive par la représentation au sein des instances du parti, d’au moins 10% pour les jeunes et de 20% pour les femmes.
L’administration et la Justice
L’administration :
L’efficacité d’une administration citoyenne se reconnaît à sa capacité à remplir ses fonctions au service du citoyen et du développement du pays dans un esprit de neutralité positive et un souci de rendement aussi bien qualitatif que quantitatif. Dans cet esprit, l’édification d’une administration efficace et moderne nécessite, de recourir en amont, lors du recrutement, à des critères objectifs d’égalité, de compétences et de mérite. Elle nécessite en outre, une formation de base et une formation continue pour faire face aux évolutions technologiques et à celles des procédures.
Mais au dessus de tout, elle requiert une forte imprégnation de l’esprit des lois en vue de garantir la nécessaire neutralité positive au service de l’intérêt général dont doit pouvoir se prévaloir tout fonctionnaire.
Dans cet esprit, il convient de doter chaque administration publique d’un cahier des charges consignant ses missions, ses objectifs, ses ressources ainsi que les modalités de leur mise en œuvre sectorielle afin de permettre une évaluation périodique, à la fois sectorielle et globale.
La Justice :
L’USFP attache une importance stratégique à la consolidation d’un pouvoir judiciaire indépendant et efficace.
L’USFP est persuadé, que le rétablissement d’un climat de confiance en la Justice marocaine est de nature à renforcer largement la crédibilité de l’ensemble de l’édifice institutionnel, et, partant, à contribuer à l’éclosion de l’esprit d’initiative et à multiplier les opportunités de développement durable et global. Une Justice au service du développement, se fonde, aux yeux de l’USFP sur deux exigences :
- réaliser l’équilibre des pouvoirs à travers une véritable réforme constitutionnelle recueillant l’adhésion consensuelle de tous les acteurs majeurs ;
- subordonner le pouvoir judiciaire à des critères éthiques rigoureux et objectifs, dont le support devrait être la compétence, le mérite et la probité, tout en veillant à améliorer les conditions matérielles et morales des magistrats, et à actualiser les mécanismes de contrôle et d’évaluation, notamment par la réforme du Conseil supérieur de la magistrature.
L’institution monarchique
L’institution monarchique a joué un rôle pionnier dans la sauvegarde de l’unité nationale et la souveraineté du pays.
Conscient du caractère déterminant de ce rôle, L’USFP adhère avec une profonde conviction et une grande lucidité à l’idée selon laquelle la monarchie constitutionnelle constitue le régime politique le mieux adapté aux spécificités nationales et culturelles du Maroc.
Refaçonnée et régénérée dans le creuset de la Révolution du Roi et du Peuple, la monarchie constitutionnelle à la marocaine, requiert cependant des réformes qui enrichissent sans cesse son contenu démocratique, dans les domaines économique, social et culturel.
C’est dans cet esprit que le septième congrès de l’USFP a mis en avant la nécessité d’une révision constitutionnelle audacieuse et concertée, orientée vers une gouvernance clairvoyante. Plus précisément, cette révision devrait porter sur l’introduction d’amendements politiques et organiques qui doivent concerner l’institution de la Primature, les modalités de formation du gouvernement, le mode de nomination aux hautes fonctions civiles. Cette révision doit également concerner la modification des attributions de la deuxième chambre ainsi que les pouvoirs et la place de la région dans le cadre de nos institutions territoriales.
L’USFP reste, cependant, persuadé que la seule révision des textes constitutionnels ne suffit pas à garantir une vie politique équilibrée et saine.
Le mode de fonctionnement des institutions et le degré de respect des textes constitutionnels, dans l’esprit et la lettre, ainsi que le fait d’ériger les principes d’éthique et de transparence citoyenne comme code de conduite dans la vie publique constituent, sans nul doute, le meilleur garant d’un système politique et social crédible.
La pauvreté et le chômage
La pauvreté :
C’est dans le cadre d’une approche intégrée et globale que l’USFP envisage la lutte contre la pauvreté et l’exclusion. Cette approche repose sur deux fondements :
- développer l’investissement productif de biens et services créateurs d’emplois d’une part ;
- promouvoir les ressources humaines par la formation et la mise à niveau continuelle, d’autre part.
La diversité des champs d’intervention et la multiplicité des intervenants rendent plus que jamais nécessaire la coordination des efforts de lutte contre l’exclusion.
Dans cette même optique, la diversité des programmes initiés par les institutions officielles aux côtés des acteurs associatifs, devrait tendre vers davantage de convergence fondée sur l’harmonisation des moyens avec les objectifs, pour réaliser de précieuses synergies. De même, il conviendra de mettre en place des systèmes d’évaluation adaptés aux différents mécanismes d’intervention. Toutefois, le traitement humain et caritatif de la pauvreté ne devrait être que provisoire, et devrait contribuer à créer les conditions d’un développement social durable.
Enfin, pour éviter le maintien des bénéficiaires dans des situations d’assistanat, les programmes d’urgence (logement, revenus, formation, équipements de base) devraient s’appuyer sur les capacités individuelles des bénéficiaires.
Dans ce domaine, les politiques de lutte contre la pauvreté, devraient à leur tour s’affranchir de l’approche purement humanitaire et s’instituer autour des impératifs de citoyenneté et d’égalité des droits. Deux dimensions interdépendantes définissent cette stratégie :
- une dimension curative, garantissant les conditions minimales d’une vie décente ;
- une dimension préventive, centrée sur les priorités nationales de développement, et sur les mécanismes d’intervention durables.
La mise en œuvre de cette stratégie requiert, en permanence, la sensibilisation, la mobilisation, la clarté des objectifs, ainsi qu’une bonne définition des échelles de priorités.
Parmi les mesures prioritaires, l’accent devrait être mis sur :
- la concentration des efforts en faveur de l’accès aux services de base ;
- le recours, le plus large possible, au microcrédit et l’appui à la création de coopératives génératrices de revenus ;
- la réaffectation des fonds de la caisse de compensation au profit des catégories sociales les plus démunies.
Le chômage :
La résorption du fléau du chômage nécessite, outre la poursuite de l’effort en vue d’une croissance élevée, la diversification du tissu productif et sa répartition équilibrée sur le territoire national. Elle nécessite par ailleurs le renforcement des mécanismes d’accompagnement visant à faciliter les retours à l’emploi et à consolider les emplois existants. A ce propos, il importe de restructurer et de rationaliser les activités de l’ANAPEC, en créant un « observatoire du marché du travail » chargé de produire des études factuelles et prévisionnelles permettant d’éclairer le choix des décideurs et d’évaluer les politiques publiques en la matière.
S’agissant du chômage des diplômés, l’accent devrait être mis sur les mesures suivantes :
- renforcer l’ouverture des établissements d’éducation et de formation sur leur environnement économique, notamment par la conclusion de « contrats-programmes » entre les organisations professionnelles, les grandes entreprises publiques et privées, les départements ministériels, en vue de réussir l’adéquation formation/emploi ;
- faciliter la première embauche des diplômés-chômeurs par l’allègement du coût social, fiscal et financier et celui de la formation-insertion ;
- placer au centre des préoccupations des conseils communaux, provinciaux et régionaux les questions relatives à la promotion de l’emploi, et en faire un élément-clé pour l’évaluation des autorités territoriales et des collectivités locales tant par les administrations de tutelle que par la Cour des comptes ;
- promouvoir la culture du dialogue social au sein des entreprises, de toutes tailles, et moderniser les relations sociales en vue de bâtir un partenariat efficace entre le salariat et le patronat.
Par ailleurs, la lutte contre le chômage structurel ou conjoncturel requiert l’accompagnement des catégories les plus touchées par des formations de mise à niveau.
La lutte contre la corruption et le clientélisme
Dans ce domaine, il convient d’impliquer des ONG et les associations professionnelles concernées en vue d’ériger un « Observatoire indépendant de lutte contre la corruption ».
Mais la définition d’une politique audacieuse contre toutes les formes de corruption - celles concernant les marchés publiques, le rapport du citoyen à l’administration et à la Justice - n’a de sens que si elle livre un combat résolu contre les monopoles, les rentes de situation et privilèges de toutes sortes, en tournant définitivement la page de l’impunité.
Mener cette politique à son terme implique le recours à un appareil spécialisé, qui relève de la police judiciaire, chargée de poursuivre les réseaux mafieux de corruption et de clientélisme en vue de les éradiquer.
Ces actions de prévention et de répression devraient être complétées par un train de mesures éducatives autour des valeurs de citoyenneté et de probité.
Le système éducatif
Les orientations de la « Charte pour l’éducation et la formation » constituent une feuille de route en vue d’améliorer le système éducatif marocain. L’édification de la société des sciences et des savoirs requiert en premier lieu la mobilisation de tous les acteurs du système éducatif. Par ailleurs, la réforme du système éducatif doit être en adéquation avec la stratégie nationale de développement économique.
Parmi les mesures qui devraient prévaloir dans la mise en œuvre de la politique nationale d’éducation, l’accent doit être mis sur :
- l’accroissement des moyens financiers affectés au système de formation, en fonction des critères énoncés dans la Charte, en veillant à l’évaluation des résultats, afin de s’assurer en permanence du rendement et de la qualité du système ;
- le renforcement des efforts tendant à actualiser et à développer les contenus éducatifs dans le domaine de la maîtrise scientifique et technique ;
- l’inclusion de la langue amazighe au sein du dispositif éducatif afin de consolider les attributs de l’identité nationale ;
- l’amélioration des méthodes pédagogiques permettant de maîtriser la langue arabe et les langues étrangères telles que l’Anglais, le Français et l’Espagnol, sans omettre de porter un intérêt à l’apprentissage de la langue chinoise ;
- la généralisation des nouvelles techniques de l’information et de la communication tant pour les apprentissages que pour la recherche scientifique ;
- la diversification et la maîtrise des filières de formation qui doivent être mobilisées pour concrétiser le plan de formation de 10 000 ingénieurs à l’horizon 2015 ;
- le développement et l’extension de la formation professionnelle, en diversifiant les spécialités en lien avec la stratégie de développement national retenue dans le plan Émergence : tourisme, offshoring, agro-industrie, industrie électronique, mécanique et textile ;
- le soutien au développement de l’enseignement privé, comme composante du système éducatif, par une politique d’incitation favorable à l’instauration d’une déontologie saine et à la promotion d’un esprit d’émulation et d’excellence ;
- le développement et la diversification des fonctions de l’université, en renforçant son ouverture sur son environnement socio-économique, ainsi que son rôle d’espace de recherche scientifique, et de débat intellectuel respectueux des différences.
Le système de santé
L’un des indicateurs de développement humain est incontestablement traduit par la qualité des services de santé tant au niveau de la prévention que des soins.
C’est également un indicateur économique exprimant la capacité des ressources humaines à jouer un rôle moteur dans le processus de développement.
Le redressement du secteur marocain de la santé requiert le rattrapage des déficits d’investissements dans ce secteur et dont pâtissent les régions et les catégories sociales défavorisées. Cet effort de redressement doit être centré sur les petites villes et le monde rural, notamment par la mise en place d’une carte sanitaire rationnelle, répondant aux besoins des populations.
Parmi les mesures urgentes à édicter, en précisant les modalités de leur mise en œuvre, il importe de mettre l’accent sur la restructuration de l’offre des services de santé en faveur d’un véritable équilibre géographique.
Cette restructuration doit concerner également le Conseil de l’ordre des médecins, par l’actualisation et la clarification du code de déontologie médicale.
Pour ce qui est du secteur public, il convient d’autonomiser et de responsabiliser les hôpitaux, et de rationaliser leur gestion, en veillant à la mise à niveau des infrastructures et des équipements médicaux. En la matière, il convient de doter les unités médicales d’un seuil minimal d’équipements assorti d’obligations généralisées de conclure des conventions de maintenance.
S’agissant des ressources humaines, il est impérieux d’élaborer un programme de formation continue et, pour assurer la relève générationnelle des professions médicales, mettre en place un plan de formation national en l’accompagnant par une profonde révision du système « du temps plein aménagé ». Il est également important d’élargir les sources de financement du secteur de la santé, et de définir une politique nationale de fabrication et de disponibilité du médicament.
Sur la base de cette orientation, l’effort doit porter sur les actions suivantes :
- restructurer, sur des bases démocratiques, les différents ordres des professions de la santé pour les rendre aptes à contribuer à l’institutionnalisation d’un partenariat entre le public et le privé ;
- édicter des mesures garantissant le respect de la déontologie médicale ;
- développer l’offre des services de santé et réhabiliter l’ensemble des unités de soins, notamment les hôpitaux publics et les C.H.U., pour les rendre capables de répondre aux exigences d’une bonne mise en œuvre de l’A.M.O. ;
- renforcer les moyens d’intervention préventifs pour faire face aux urgences, aux épidémies et aux nouveaux périls.
Le monde rural
Au cœur du projet de développement national global et intégré, figurent les objectifs de promotion et de modernisation des structures socio-économiques dominantes dans le monde rural. La réforme de ces structures passe par la concentration des efforts sur la formation du citoyen rural, et la diversification de ses activités économiques.
Parmi les réformes majeures dont le monde rural a un besoin urgent, il convient de :
- réformer les régimes juridiques fonciers liés à l’exploitation de la terre, par un changement radical du système traditionnel de propriété collective, guisch et habbous, de façon à libérer les initiatives d’investissement rural ;
- mettre un terme au phénomène de morcellement des exploitations agricoles, par la mise en œuvre d’une politique de remembrement des terres agricoles, en endiguant les effets négatifs de la pression démographique et des successions ;
- reconsidérer les structures de productions dominantes de céréaliculture, et s’orienter vers une politique concentrant les efforts sur l’horticulture fruitière et les productions animales efficientes, quantitativement et qualitativement ;
- orienter la production végétale pour l’inscrire dans une stratégie d’agriculture biologique, en protégeant l’origine et le label marocains ;
- renforcer la politique d’aménagement du territoire en planifiant les nouvelles agglomérations villageoises et en développant les mesures de désenclavement, par la construction des routes et le parachèvement du processus de connexion au réseau électrique et d’adduction d’eau potable ;
- mettre en place des complexes locaux et régionaux pour assurer une formation de base et des stages d’apprentissage dans les métiers ruraux, centrés sur les productions végétales et animales et sur la maintenance des machines et des équipements agricoles.
La stratégie industrielle
Le secteur industriel se caractérise par sa grande vulnérabilité représentant 16% du PIB et seulement 12% de l’emploi. Sa principale faiblesse réside dans l’effritement de sa capacité de production en raison de la prééminence du secteur de l’agro-alimentaire et du textile. Outre sa faible diversification, ce secteur accumule des contraintes d’ordre structurel qui érodent sa compétitivité.
Le plan Émergence a le mérite de mettre l’accent sur cette problématique et prône une stratégie volontariste visant la promotion de sept secteurs porteurs à l’horizon 2015. La préoccupation qui guide cette stratégie est le renouvellement de la base productive en améliorant son intégration aux échanges mondiaux.
Il en découle, en substance, une exigence de mobilisation conséquente de tous les acteurs du champ industriel dans les directions suivantes :
- lutter contre la fragmentation du tissu industriel afin d’encourager l’investissement et d’étoffer le tissu industriel en assurant sa compétitivité ;
- réduire les coûts de production industrielle par le biais d’économies d’échelle tant en matière de logistique que d’approvisionnement en énergie et en matières premières ;
- soutenir les branches industrielles en situation d’émergence ou de reconversion en conformité avec les options de l’O.M.C. et les accords de libre échange.
L’environnement
Les mécanismes du développement propre constituent, aux yeux de l’USFP, la meilleure forme de développement durable. Ces mécanismes visent à intégrer l’exploitation des ressources naturelles, notamment l’eau et l’énergie, dans une équation de développement écologique préservant ces ressources et rationalisant leur consommation.
Les choix prioritaires de l’USFP s’articulent autour des actions suivantes :
- la protection de l’eau potable de surface et souterraine, la préservation des forêts par le reboisement et par la lutte contre la désertification, ainsi que la lutte contre toutes les formes de pollution industrielle et agricole ;
- la sensibilisation et l’éducation de la population aux comportements respectant l’écologie ;
- l’intégration de la dimension écologique dans toutes les politiques sectorielles, et la diffusion, la plus large possible, des objectifs de l’agenda 2021 ;
- le soutien matériel et moral aux associations écologiques, en particulier celles qui conduisent des initiatives dans les quartiers et les plages ;
- la solution durable aux questions de l’eau et de l’énergie par l’encouragement du recours aux énergies renouvelables, et par une nouvelle politique de l’eau, y compris le dessalement de l’eau de mer.
Le développement culturel
La protection de l’identité marocaine et la promotion de ses vecteurs matériels et symboliques passent nécessairement par l’adoption de la logique de l’exception culturelle comme garant de la diversité des biens culturels. Dans ce cadre, l’USFP appelle au renforcement des mesures d’émulation et de soutien que les pouvoirs publics accordent aux créations littéraires, théâtrales, télévisuelles et cinématographiques, ainsi qu’à la densification du réseau des bibliothèques publiques, des maisons de la culture, des galeries d’exposition, des musées nationaux et locaux.
L’effort de l’Etat et ceux des collectivités locales doivent se conjuguer pour promouvoir les festivals de musique, les festivals des cultures locales, ainsi que les foires artisanales.