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Chaîne de solidarité autour d’une lycéenne marocaine menacée d’expulsion

19 décembre 2007 - 1 commentaires - En discuter sur les forums? Chaîne de solidarité autour d'une lycéenne marocaine menacée d'expulsion

Une jeune fille en pleurs dans les bras de ses amis réunis devant le tribunal administratif de Lyon. Des lycéens sous le choc. Rarement la salle d’audience avait accueilli autant de monde. Plus de 100 personnes venues soutenir Mouna Zeghloul, beaucoup de jeunes du lycée Jean-Lurçat, mais aussi des enseignants, des personnels de direction et des membres de RESF.

« Cela fait du bien de voir autant de camarades. Leur présence me rassure. Je me sens aimée. » La jeune fille aura besoin de soutien dans les prochaines semaines, les prochains mois.

Mouna, en BEP sanitaire et social (option : préparatrice en pharmacie), est arrivée en France en 2003 chez sa grand-mère assurant sa garde légale. Une première demande de regroupement familial a été refusée au prétexte que les ressources de son aïeule étaient insuffisantes. A sa majorité, Mouna demande une régularisation de sa situation. Refus de la Préfecture assorti d’une obligation de quitter le territoire français. Depuis la jeune fille vit dans la peur d’une interpellation et d’une reconduite express dans son pays. Devant le tribunal, son avocate Me Catherine Robin a mis en évidence le succès de l’intégration de Mouna. A travers son cursus scolaire, son implication dans le milieu associatif au service des autres.

La jeune fille ne revendique pas la nationalité française, elle veut juste prolonger son séjour d’une année pour finir sa formation. Elle bénéficie d’ailleurs d’une bourse délivrée par le gouvernement français. Une situation plusieurs fois rencontrée devant ce tribunal. Un élève sans-papier disposant de bourse d’études.

Lors de ses conclusions, le commissaire du gouvernement défendra la décision de la Préfecture. Escamotant la volonté d’intégration de la jeune fille. Les attestations, dont celle de la direction de son établissement scolaire, seront assimilées à des pétitions.

Confondant débouchés (préparatrice en pharmacie) avec promesse d’embauche. Dans la salle archi-pleine, les adultes ont compris. Ils savent que dans quelques minutes, le commissaire va conclure au rejet de la demande de Mouna. Les lycéens quittent la salle d’audience dans le calme.

La décision sera rendue début janvier. L’avocate espère toujours tout en annonçant qu’en cas de refus, elle interjettera appel.

Les lycéens, les enseignants se préparent à accompagner Mouna nuit et jour pour éviter une interpellation et son expulsion vers le Maroc.

La jeune fille disait se sentir entourée et aimée. Ses amis lui ont prouvé qu’elle pouvait compter sur eux.

Le Progrès - Véronique Waz