Mon frère Sidi Mohammed, tu as fait défection : tu es mort en mon absence. Souviens-toi, nous avons tout fait ensemble, l’école, le cinéma, les bagarres, le sport, la plage et surtout l’exercice passionnel et obsessionnel de la famille.
Sidi Mohammed, dépouillé de son futur, repasse sous le temps, comme un poisson de surface. Sidi Mohammed n’a pas disparu de tous les mots. Nous avons peur de la mort parce que nos cœurs ne sont que maquillés de Dieu. La vie, la mort, petit problème de réglage. L’impossible tournoie en permanence dans le possible, comme un acrobate infaillible. La mort de tout individu est une fin de règne qui n’a jamais été un règne. Et d’ailleurs, le tout n’est-il pas qu’un tissu d’histoire ?