


Le roi Mohammed VI du Maroc ne se rendra pas au "sommet" de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) prévu les 21 et 22 juin à Alger, a t-on appris mercredi à Rabat de source informée.
Selon cette même source qui a souhaité garder l’anonymat, il faudrait une "surprise de dernière minute" pour que Mohammed VI prenne la décision de se rendre à Alger. Le niveau de la participation marocaine à ce "sommet" n’a pas été précisé.
Les milieux politiques marocains avaient laissé entendre au cours des derniers jours que le souverain marocain pourrait ne pas se rendre au sommet d’Alger, en raison des différends maroco-algériens portant notamment sur le statut du Sahara.
La tenue d’un sommet de l’UMA, qui regroupe l’Algérie, la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie, a été annoncé par les autorités algériennes le 14 mai dernier. Si sa participation ne faisait pas de doute, le Maroc n’avait pas à ce jour, annoncé à quel niveau il sera représenté.
La principale pomme de discorde entre Alger et Rabat concerne le règlement de la question du Sahara, un territoire que se disputent depuis 27 ans le Maroc et le mouvement indépendantiste du Front Polisario, soutenu par l’Algérie. Ce conflit est à l’origine de la quasi-paralysie de l’UMA depuis
La non-participation du souverain marocain se confirme au moment où l’Algérie assurait que le sommet de l’Union du Maghreb arabe avait pour objectif principal de relancer cette instance en panne depuis huit ans.
M. Abdelaziz Belkhadem, chef de la diplomatie algérienne, a déclaré mercredi lors d’une conférence de presse que "le sommet d’Alger constituera un nouveau départ dans le processus de construction de l’ensemble maghrébin, un processus contrarié ces dernières années, et que nous voulons mettre à l’abri des contingences politiques".
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika avait lui-même affirmé au début du mois que la construction de l’UMA était "une option stratégique irréversible". Il avait affirmé que "l’Algérie oeuvre sans relâche à l’édification maghrébine dont la dynamique doit favoriser un climat de confiance et de fraternité" entre les pays de l’UMA.
De son côté le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a récemment eu, en vue du sommet d’Alger, une série de contacts sur le problème du Sahara. L’agence libyenne JANA a indiqué notamment que M. Kadhafi a reçu un message du chef du Polisario Mohamed Abdelaziz, exprimant son désir d’"une solution pacifique" au problème.
Le roi Mohammed VI avait reçu une invitation à participer au sommet de l’UMA des mains du ministre algérien des Affaires étrangères, Abdel Aziz Belkhadem, qui a effectué en mai une tournée dans les capitales concernées.
AFP