Spécialiste de l’Arabe maghrébin, Dominique Caubet est allée interroger treize personnalités de la scène franco-maghrébine sur l’usage qu’elles font de leurs langues.
Compte-rendu d’enquête dans Les Mots du bled, passionnante mine d’informations qui pâtit d’une mise en forme médiocre, d’autant plus regrettable qu’inadaptée à la complexité du sujet, à l’importance de ses enjeux et à la richesse des entretiens.
Militants d’un statut pour les langues non reconnues. C’est ainsi qu’apparaissent les treize personnalités de la scène franco-maghrébine interrogées dans Les mots du bled. Une ambitieuse enquête menée par Dominique Caubet, professeur d’Arabe maghrébin aux Langues O’ à Paris et directrice du CREAM (Centre de Recherche et d’Etude sur l’Arabe maghrébin). Ces créateurs, en majorité algériens, utilisent un panaché de darija (mélange d’arabe classique, d’arabe marocain, tunisien, algérien, de berbère et de kabyle), et de Français. Une langue nouvelle, métisse, vivante et modulable, qui, fuyant les vieux débats sur le Français de Molière et des colons et l’Arabe classique pur sacré et obligatoire, s’impose comme un mode d’expression libéré des pesanteurs du passé. “ Quand les artistes utilisent les langues du quotidien ou les discours mélangés dans leur création, ils apportent à des langues sans statut (arabe maghrébin et berbère), et à des pratiques réprouvées (les mélanges), une forme de re-légitimation et de valorisation. C’est en quoi ils sont subversifs ! ”, affirme Dominique Caubet.