Le premier ministre français Jean-Pierre Raffarin a plaidé, au terme d`une visite officielle de deux jours à Tunis, pour une politique d`immigration "co-choisie et partenariale" qui tiendrait compte, à la fois des besoins du pays d`accueil et de ceux du pays d`origine.
Parlant au cours d`une conférence, il a indiqué avoir évoqué ce concept, lors de ses entretiens avec le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali et de son homologue Mohamed Ghannouchi.
Il a révélé que la France avait actuellement 500.000 emplois vacants. "Donc, il est évident qu`il y aura un appel à l`immigration" a-t-il dit.
Pour lui, une telle démarche permettrait de différencier dès le départ, parmi les émigrants, ceux qui sont destinés à rester et ceux qui sont appelés à revenir au pays, après avoir été formés en France.
"C`est un élément très important de la politique que nous voulons mettre en place en la matière. Parce que nous ne souhaitons pas, par ailleurs, que par l`émigration, nous puissions priver les pays source de leurs élites", a-t-il ajouté.
Le chef du gouvernement français a, d`autre part, critiqué implicitement le projet américain de Grand Moyen-Orient (GMO) visant à aider à asseoir la démocratie et le développement humain dans la région.
"La géopolitique ne se dessine pas dans des bureaux, quel que soit le prestige de ces endroits", a-t-il rétorqué.
Selon lui, "c`est la stratégie des peuples, l`entente des populations, les logiques économique et politique qui doivent conduire à l`organisation d`espaces plus intégrés".
Il a dans, ce contexte, souligné que la France était plutôt favorable au développement de l`UMA" (Union du Maghreb arabe : Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie).
Il s`est par ailleurs déclaré "très satisfait" de la coopération ancienne établie entre la Tunisie et la France, dans le domaine de la lutte anti-terroriste.
"Nous souhaiterions avoir le même type de relations avec bien d`autres pays, en matière de lutte contre le terrorisme", a-t-il dit.
Angola Press