


Un groupe anonyme a revendiqué l’explosion le 24 mars d’un engin artisanal dans une boucherie hallal du quartier lillois de Wazemmes affirmant avoir agi pour mettre fin à un racket islamiste. Dans un communiqué, adressé notamment au procureur de la République de Lille, le groupe s’attribue la responsabilité de l’explosion, qui a fait quatre blessés légers, en donnant des détails notamment sur la composition de l’engin explosif, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.
Le texte, dont les médias nordistes ont reçu copie, regrette l’existence de blessés en précisant que le magasin était presque désert quand la bombe a été déposée trois à quatre minutes avant l’explosion.
"Qu’Allah nous pardonne d’avoir blessé des gens un jour d’achoura (fête musulmane), mais comme eux nous n’avions d’autres solutions que de faire sauter des bombes pour nous faire entendre (...) Nous n’en pouvons plus. Comment sortir de nos tiroirs-caisse toujours plus d’argent en billets (...) Si encore c’était pour les pauvres mais c’est pour acheter des armes pour le Hamas en Palestine et pour les fous en Algérie (...) Cela fait 8 ans que cette bande nous rackette au nom d’Allah".
Le propriétaire de la boucherie hallal victime de l’explosion a pour sa part démenti tout lien avec une quelconque collecte de fonds dans des déclarations à la presse. Cependant, pour le procureur de la République de Lille, Philippe Lemaire, "cette piste est prise avec beaucoup de sérieux, mais elle ne doit pas être la seule suivie par les enquêteurs". Une information judiciaire contre X pour tentative d’assassinat, destruction volontaire par incendie et association de malfaiteurs a été ouverte à la suite des faits.
Les enquêteurs du Service régional de la police judiciaire (SRPJ) reconnaissent que "le texte (de revendication) est rédigé de manière crédible" mais que beaucoup de détails, notamment sur la fabrication de l’engin, "avaient déjà été publiés dans la presse ou ne sont pas vérifiables".
La famille marocaine propriétaire de la boucherie de Lille-Wazemmes possède quatre autres établissements dans la région et allait en ouvrir un autre, à Tourcoing. L’immeuble abritant cette dernière boucherie avait été victime à deux reprises de jets de cocktails molotov, le veille et le lendemain de l’explosion à Wazemmes.
AFP