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Un couple d’El Jadida au coeur d’une polémique au Canada

10 octobre 2005 - Commentaires? - En discuter sur les forums? Un couple d'El Jadida au coeur d'une polémique au Canada

Un couple d’El Jadida défraye actuellement la chronique à Montréal au Canada. Le mari, Azzeddine Lahkim, âgé de 49 ans et natif d’El Jadida, est accusé de voies de fait et de menaces de mort contre sa conjointe. Cette dernière, originaire de Safi, est mère de deux filles.

Le père photographe de profession est connu dans la capitale des Doukkala. La mère, Amina, était professeur de français au lycée Ibn Khaldoun à El Jadida. Depuis des années, elle a quitté son travail pour émigrer au Canada avec son mari et ses filles. Au Maroc déjà, le couple était bien instable, se querellant fréquemment dans la rue comme dans sa résidence à l’immeuble des Habbous. Un divorce les avait séparés pendant deux années avant qu’ils ne reprennent la vie conjugale. Leurs turpitudes les ont accompagnés jusqu’au Canada, leur pays d’accueil. Azzeddine, particulièrement jaloux de caractère, semble toujours en vouloir à sa femme après 20 ans de vie commune. Les frasques de leurs disputes ont été rapportées par la presse québécoise et jusque dans l’Hexagone par France 3. Indignation donc de l’opinion montréalaise et des regroupements qui représentent les centres pour femmes battues. Selon « Le journal de Montréal », Azzeddine accusé de violence conjugale et de bris de condition de remise en liberté a aisément pu obtenir, par deux fois, l’adresse du refuge qui accueillait sa femme et ses deux filles. Après sa comparution devant le juge, Lahkim a obtenu de son avocat tous les documents de poursuite pour violence conjugale dont l’adresse du centre. Les autorités avisées ont mis Amina et ses deux filles dans un autre centre. Deuxième comparution de Lahkim pour faire face à deux bris de condition. Il avait continué à harceler sa femme. Il a fait preuve d’audace en allant chercher l’adresse du nouveau centre directement dans les bureaux de la couronne au Palais de justice de Montréal. Encore une fois, elles ont changé de refuge. Un procureur avait qualifié ce qui s’était produit de fait très exceptionnel et d’erreur monumentale. Plusieurs témoignages rapportent l’émoi profond auprès de la population canadienne. « Ça n’a pas de sens. Si c’est le procureur de la couronne qui a fait l’erreur, il ne faut absolument pas que ça se reproduise », prévient la directrice générale de SOS violence conjugale, une ligne provinciale d’urgence pour les femmes violentées. « On travaille fort pour avoir un milieu sécuritaire pour les victimes et là, c’est le système lui-même qui a une faille », a rapporté la présidente de la Fédération des ressources d’hébergement pour femmes victimes de violence et en difficulté du Québec. « Ça peut avoir des conséquences énormes. On a déjà vu des meurtres. On n’est pas à l’abri », dit-elle. Le quotidien de Montréal rapporte l’histoire d’un homme qui en 1999 avait tué sa femme après avoir obtenu l’adresse de son centre d’hébergement.

L’Economiste