
Le 10 juillet 1971, des soldats investissent le palais d’été du roi Hassan II. Le coup d’Etat échoue, Sa Majesté a la vie sauve. Mais il en va tout autrement pour les 58 soldats coupables d’avoir obéi aux ordres des officiers.
Déportés en plein désert, au bagne de Tazmamart, ils iront croupir dans des trous noirs, avec juste ce qu’il faut de pain sec et d’eau poisseuse, de féculent et d’oxygène. Pris au piège du délire, de la folie et de la maladie, leur nuit d’enfer durera 18 ans. Tahar Ben Jelloun raconte cette terrible histoire de détention, d’après le témoignage d’un survivant rescapé par la seule force de sa spiritualité. "Nos corps pourrissaient membre par membre. L’unique élément que je possédais, c’était ma tête, ma raison." Dix ans après sa libération, le n° 7 se souvient de toutes ces nuits à prier, à apprendre à oublier, à pardonner, à ne pas haïr, à ne plus sentir. Il les livre non pas pour se venger, mais "pour nous informer, pour verser une pièce au dossier de notre histoire", celle d’un régime qui commence à peine à demander pardon. Un roman criant de vérité, qui jette un peu de lumière sur de sombres atrocités.