
Tahar Ben Jelloun suit ici l’itinéraire d’un jeune écrivain marocain, admirateur de Joyce. L’ennui et la médiocrité de sa vie conjugale le conduisent à Naples, ville dont il doit faire le portrait pour le compte de la municipalité.
Là il découvre un gigantesque bâtiment : l’Auberge des Pauvres, dans laquelle il rencontre une vieille femme, splendide matrone dans cette ville qu’elle semble personnifier. Cette femme recueille les témoignages de personnages perdus, déçus et blessés par la vie. Le narrateur apprend ainsi les histoires de Momo, jeune homme immature, de Gino aux prises avec sa passion dévastatrice pour la belle Idé. Le narrateur connaîtra lui aussi une passion éphémère incarnée par la figure d’Ada. Ce voyage, tel un parcours initiatique, le fera peu à peu s’éloigner de la fiction et se risquer à affronter la vraie vie. Dans un style plus violent et souvent cru, Tahar Ben Jelloun raconte ici "l’histoire d’un homme contrarié" et dénonce la violence de la vie.