Dans le volet dédié à la croissance et aux politiques de l’emploi, les experts ne maquillent pas leur diagnostic : la croissance est « volatile », « insuffisante ». La volatilité de la croissance, rappelle ce rapport, est la caractéristique de la croissance économique du Maroc depuis 50 ans.
Elle est due au premier chef à « la vulnérabilité de l’économie aux aléas climatiques » ; traduction : la pluie mène le jeu économique où l’agriculture a toujours été maintenue au centre des vocations du pays. Et aujourd’hui, l’on arrive à un point d’inflexion : il faut changer, suggère le rapport : a-t-on fait le bon chemin en défendant le pauvre petit agriculteur et sa famille par des politiques de substitution et de subventions ? Ensuite, disent les auteurs qui décortiquent bien leurs raisonnements, « cette croissance volatile est restée faible en moyenne sur ces 50 dernières années, atteignant 4,1% ». Pis, la baisse tendancielle a commencé en 1975, « sous l’effet du ralentissement économique mondial suite au choc pétrolier de 1973 », mais ce niveau reste faible même pour un pays en développement du niveau du Maroc. Ralentissement de la croissance implique ralentissement de l’enrichissement par habitant, malgré la décélération de la croissance démographique (1,4% par an entre 1994 et 2004). Entre les deux périodes 1967-1991 et 1992-2003, la progression des revenus par ménage a baissé de plus de moitié ! Si l’on avait gardé le même rythme de croissance du PIB/habitant de la première période (2,6%), le PIB/tête en 2003 serait de 1.871 dollars contre 1.437 dollars présentement.Cette croissance, souligne le rapport, est « principalement tirée par la consommation, mais elle est marquée par un niveau d’intégration commerciale décevant ».
Quatre étapes
La dépendance à l’agriculture et son traitement analytique dans ce rapport méritent une attention particulière. C’est la première fois qu’on explicite officiellement que l’agriculture est une option devenue hypothèque. Malgré les quatre grandes étapes qui ont marqué l’agriculture marocaine, les volumes de production sont décevants, indique le document.
Il y a eu quatre grandes étapes :
Mouna Kadiri - L’Economiste