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Pour une nouvelle Acception de l’Administration

15 février 2006 - Commentaires? - En discuter sur les forums? Pour une nouvelle Acception de l'Administration

De la proximité avec les citoyens naît la confiance en l’administration qui représente l’état et en consolide la sacralité. En effet, l’administration est le "microcosme" de l’état. Elle en est l’expression dans toutes ses strates, qu’elles soient politiques, économiques ou sociales.

Un état souverain et démocrate agit sur ses organes pour répliquer sa philosophie du pouvoir. Il instaure aussi les moyens de contrôle et de suivi pour veiller à leur « observance » par le truchement de dispositifs législatifs et exécutifs.

Un certain penseur et politologue disait « chaque peuple a le gouvernement qu’il mérite ». Cette phrase a ses fondements, une fois placée dans son contexte historique et dans la réalité démocratique, qui stipule que les élus sont issus du peuple qui les désigne au suffrage universel. La maturité, l’expérience de la démocratie et du sens civique marquent des étapes et des jalons dans l’histoire des évolutions des peuples.

Par ailleurs, toute expérience démocratique n’est point achevée, elle constitue un processus, une construction pierre à pierre dont l’évolution n’est jamais aboutie.

L’ancrage des sociétés dans un monde changeant et mobile les expose à des situations en constante évolution, les amènent à la révision et à l’adaptation de leurs modes de gouvernance. Le degré de réactivité et de compétence d’un système politique réside, justement, dans son aptitude à anticiper, à maîtriser cette évolution et à ne pas la subir.

L’administration marocaine a ses spécificités, ses mécanismes issues de l’Histoire et de la « culture du pouvoir ». Le territoire de l’administration agissait, dans l’imaginaire des citoyens marocains, comme un espace exogène disposant de ses propres codes et de ses propres acteurs. Une boite de pandore, en quelque sorte, qu’on appelle le makhzen. « Arrogant », « Inefficace », « Désorganisé », « Arbitraire », « Déconnecté des aspiration des citoyens »... Tels sont les vocables qui revenaient dans les propos de nos concitoyens et caractérisaient leurs rapports à l’administration.

Loin de faire l’inventaire ou le diagnostique de l’administration marocaine, inutile pour la simple raison qu’on n’avance pas en fixant son rétroviseur. L’objectivité serait de comparer cette administration à des équivalentes ayant disposé d’un « encombrement historique » identique et sur une trajectoire temporelle similaire.

Il serait aussi aberrant de l’inscrire dans un registre de valeurs européennes émanant d’autres affluents historiques. Le Maroc est un pays jeune. Sa force est dans sa capacité de se rétablir et de se reconstituer en terre assemblant des atouts tangibles qui en feraient le « dragon économique » de l’Afrique. A l’instar des pays asiatiques qui, quelques années en arrière, étaient à peine discernables sur l’échelle économique mondiale.

Cette vision d’un Maroc fort et riche de potentialités se fera à force de convictions, de talents, de travail et surtout portée par des hommes nouveaux pour une vraie dynamique partenariale entre le citoyen et l’administration, assemblés autour d’un même objectif : Servir avec passion les intérêts du Maroc !

Docteur Mounir FERRAM - Enseignant et chercheur universitaire