C’est le témoignage de plus de dix ans de bagne par l’un des trois frères Bourequat enlevé par la police parallèle du roi du Maroc en 1973.
Je vivais heureux au Maroc. De nationalité française, ma famille était proche de la Maison Royale et je menais, tout près du pouvoir, une vie pleine d’espérances. J’appris un jour qu’un complot mortel se tramait contre le Roi. Aidé de mes deux frères dont j’étais l’aîné, je voulus le sauver, mais sans pratique courtisane, nous chutâmes. Nous fûmes rayés du monde des vivants durant dix-huit ans et demi pour être jetés dans les prisons marocaines et à Tazmamart. La seule évocation de ce bagne me fait frissonner. Il me brûle et, pour exorciser ses monstruosités à jamais gravées dans mon corps, j’ai tenté dans Mort Vivant de conter son abomination. Puisse la narration des ignominies qui nous y furent infligées rester comme le témoignage de la victoire de l’Homme sur la barbarie des bagnes. Je vous mènerai en un périple sanglant dans les geôles marocaines y observer d’inexpiables exterminations. Je vous montrerai ensuite une délirante prison pour " masque de fer " dans un extravagant État-major de Gendarmerie. Enfin, vous vivrez avec moi durant dix ans et demi sans voir la lumière du jour, l’innommable des tombes en béton de Tazmamart. " C’est où l’enfer de Tazmamart ? "... Je ne sais plus. Mais à ce qui m’en reste c’est un endroit maudit. Maintenant que vous avez partagé mes douloureuses épreuves, je pourrai peut-être, malgré la meurtrissante mémoire de leur supplice, retrouver un peu de ma vie détruite.