La perspective des législatives de 2007 a insufflé un véritable enthousiasme dans la vie associative des MRE. En témoignent ces débats, ces prises de position au niveau de la presse, au niveau des contacts et des rencontres avec les partis politiques. Chose inhabituelle ! Le renvoi de ces élections à « une date ultérieure » pour des « raisons logistiques, » selon la formule officielle, a créé des mécontentements au sein de ces milieux associatifs à la mesure de leurs implications, et à la mesure de leurs espoirs déçus !
Que ce soit sur le plan régional, national ou même international, cette mobilisation, dans sa dimension « trans-territoriale, » n’a pas raffermi la conscience du nécessaire rapprochement entre ces associations ! La culture du regroupement manque à ce jour. Cette insuffisance atteint à la vigueur de ce tissu associatif, dont les actions restent délimitées, éparpillées et sans coordination. Elles pourraient avoir plus d’impact.
Surtout sur des sujets transversaux et cruciaux, tels les problèmes inhérents au vieillissement de la population des MRE, à l’investissement et à l’accès légitime à des droits. Le leadership, les luttes internes pour le pouvoir, les carences managériales, l’excès dans le formalisme et l’improvisation dévitalisent ces associations qui deviennent des coquilles vides, ne représentant qu’elles-mêmes.
Une telle déficience ne permet aucunement l’émergence d’une position solide et représentative, tant au niveau du Maroc que celui des pays d’accueil. Pourtant, le poids économique, l’expertise et le savoir-faire des MRE sont considérables. Ils devraient être la trame d’un lobby fort ! Il est compréhensible que le souci de la « dissolution » dans de grands regroupements freine et incite au retrait, à la préservation de certains acquis. Néanmoins, les enjeux de la consolidation et de la cohésion sont primordiaux.
Le pouvoir en tant que privilège, en tant que fin en soi devra évoluer vers la création, vers l’initiative, vers des collaborations à responsabilités transversales. Les modes de fonctionnement gagneront à privilégier la production de projets, de partenariats dans le cadre de coopérations égalitaires et efficaces.
L’implication des femmes et des jeunes est aussi nécessaire pour revitaliser et élargir le débat. Il est avéré qu’une expression n’est authentique que par sa capacité à s’élargir à toutes les composantes sociales, à en contenir les aspirations dans une logique de débat et de concertation.
Celui qui « croit pouvoir trouver en soi-même de quoi se passer des autres se trompe fort ; mais celui qui croit qu’on ne peut se passer de lui se trompe davantage encore », disait La Rochefoucauld. Une telle démarche apportera de la tangibilité et de l’effet dans les rapports avec les différentes instances et interlocuteurs des MRE. Ainsi, ils dépasseront l’attentisme pour être les artisans de leurs destins.