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L’union du Maghreb, une question de génération ?

12 octobre 2006 - Commentaires? - En discuter sur les forums? - Facebook L'union du Maghreb, une question de génération ?

Le refus des autorités algériennes de délivrer un visa d’entrée à Jamel Debbouze, pour la promotion du film Indigènes, est chargé de symboles.

Il s’agit bien de confrontations idéologiques inter-états dont le fondement est incontestablement la question du Sahara. La cause des indigènes, le sacrifice de ces combattants maghrébins pour la libération de la France, leurs mémoires, leurs actes héroïques qui contrastent avec leurs conditions matérielles actuelles sont relégués aux seconds plans ! L’œuvre en elle-même, en tant qu’expression artistique ayant rassemblé des comédiens maghrébins pour une même raison, elle aussi est reléguée aux seconds plans ! La reconsidération de la solde de ces indigènes dont le film est contributeur, n’a pas fait exception non plus !

Nous sommes dans le pur politique ! Ce que réussit le cinéma échoue dans l’espace du politique, en manque d’inspiration ! Les perspectives de l’avenir s’obstruent par les rancunes du passé, par les luttes de suprématie régionale. La question du Sahara hypothèque l’avenir du Maghreb. Plombe les perspectives de regroupements économiques régionaux porteurs d’opportunités pour la jeunesse de la région.

Qu’apporterait la création d’un état supplémentaire au Maghreb ? A part l’instabilité et l’insécurité régionale ? A part le développement de micro états fragilisant les équilibres géostratégiques ? Alors que les enjeux d’aujourd’hui se portent sur les rapprochements, et les complémentarités d’expertises et de ressources ?

L’anachronisme politique s’exprime ici dans toute son amplitude, renforce cette lassitude chez nos jeunes maghrébins en attente de nouveaux modèles de gouvernance. Ils aspirent à vivre le plein essor économique et social dont ils sentent la possibilité et le potentiel chez eux. Mais pour y parvenir, il faut une conscience politique ! Alors est-ce une question de culture politique ou une question de « génération » de politiques ?