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Des camps d’entraînement de djihadistes au nord du Maroc

26 février 2015 - 11h42 - Maroc

Le nord du Maroc abriterait des camps d’entraînement de djihadistes situés dans un rayon de huit kilomètres du préside occupé de Sebta. Les petits camps où les candidats djihadistes reçoivent les principes de base des techniques de guerre, seraient tous situés aux alentours de la ville de Fnideq.

D’après un rapport du think-tank espagnol "AICS" (Asesoria de Inteligencia y Consultora de Seguirdad), ces camps se trouveraient dans une région montagneuse difficile d’accès, baptisée "le triangle noir". C’est dans cette zone située entre les villes de Fnideq, Tétouan et Tanger, qu’ont été initiés la plupart des jeunes marocains qui ont formé le noyau principal du mouvement "Sham Al Islam", en Syrie, mais également ceux partis combattre ces dernières années en Irak et au Mali.

Dans ces camps, les candidats djihadistes étaient initiés au combat avec de vrais armes à feu en provenance de Sebta. La plupart des combattants passés par ces camps et prêtant allégeance à des organisations terroristes, sont originaires des villes de Fnideq et Tétouan, explique le think-tank espagnol.

Des experts en explosifs et opérations d’enlèvements de retour au Maroc

Les premiers djihadistes marocains partis combattre en Syrie dès l’éclatement de la guerre civile dans ce pays, commencent à revenir au Royaume, d’après l’AICS. Ces combattants ont acquis une grande expérience dans les techniques de guerre, et ont fait montre dans les zones de conflit, d’une grande maîtrise dans l’exécution des opérations d’enlèvement et de maniement des explosifs.

Sur les 170 combattants marocains revenus de Syrie et actuellement incarcérés, au moins 90% d’entre-eux combattaient dans les rangs du mouvement Sham Al Islam, d’après des salafistes marocains. Ces groupes étaient efficaces et très actifs lors de la guerre en Syrie.

Le Maroc et l’Espagne combattent ensemble le terrorisme

Même si les deux pays voisins ont démantelé de nombreuses cellules terroristes en 2014, la situation sécuritaire dans la région ne s’est pas améliorée pour autant, poursuit le même rapport. Le véritable danger est encore présent dans les régions du centre du Maroc. Les cellules terroristes locales veulent mettre à profit leur expertise en techniques de guerre pour étendre le pouvoir de leurs groupuscules en territoire marocain, mais aussi en Europe.

La présence de ressortissants espagnols parmi ces djihadistes signifie pour ces cellules qu’elles pourront infiltrer les villes autonomes de Sebta et Melilla, mais aussi l’Europe à travers la péninsule ibérique, explique la même source. Ces terroristes de retour au Maroc et en Espagne ont une importante force de frappe, mais se contenteraient de mener des opérations de faible intensité avec un usage réduit des explosifs. Les djihadistes veulent conduire des opérations directes sur des cibles faiblement protégées, estime l’AICS, selon lequel la police marocaine croit que ces filières terroristes comptent sur une organisation extrêmement primitive, pourtant ces cellules continuent à évoluer de façon inquiétante.

Selon l’AICS, ces cellules terroristes au Maroc voudront attirer l’intention et exposer leur force lors de leur première opération au Maroc. Si le Maroc ne mène pas immédiatement des opérations pour neutraliser ces dangereux individus, il risque de leur donner l’occasion d’étendre leur pouvoir en territoire marocain, conclut l’AICS.

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