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Les causes réelles de la défaite de l’équipe nationale à la CAN 2008

19 février 2008 - 15h07
Les causes réelles de la défaite de l'équipe nationale à la CAN 2008

Pour pouvoir avancer il faut prendre le temps de faire une autocritique constructive et objective, accepter le débat et la confrontation des idées. L’objectif de l’analyse qui suit ne vise surtout pas les joueurs qui composent notre Equipe Nationale et qui restent dans leur majorité les meilleurs du moment. Il y en a qui disent que l’EN a perdu la qualification pour le 2ème tour contre la Guinée. En effet car après avoir gagné le 1er match contre la Namibie, il fallait gagner ce 2ème match ou du moins faire un nul pour pouvoir jouer avec moins de pression et plus d’enthousiasme contre le Ghana. Malheureusement la dure réalité est tout autre et c’est ce qui a était en fait inscrit au marquoir à l’issue de chacun de ces deux derniers matches qui restera dans la mémoire des Marocains.

Je pense que, mis à part quelques erreurs flagrantes de l’arbitre qui auraient pu être rattrapées par les joueurs de l’EN s’ils étaient bien préparés, le déroulement de ces deux derniers matches a respecté la « logique footballistique », autrement dit l’EN ne méritait pas de gagner.

Dans tous les matches de foot et quelque soit le niveau, il y a toujours des erreurs d’arbitrage qui font parties des aléas de la vie d’un match. Par malchance celles dont a été victime notre EN ont été fatales puisque elles ont été à l’origine des buts encaissés (coup franc et penalty transformés par Feyndounou), d’autres arbitres auraient sanctionné différemment ces deux fautes litigieuses étant donné que chacune d’elles était précédée par une faute du joueur guinéen. Notre frustration est encore plus grande quand celles-ci sont exploitées avec une réussite totale (100 %) bien sûr facilitée (coup franc) par un mauvais timing de la part de notre Gardien de but.

Il ne faut pas oublier un autre aspect et non des moindres qui est à l’origine de certaines erreurs intentionnelles d’arbitrage c’est l’interprétation (humaine) de la faute litigieuse. En fonction de la physionomie du match, ces sanctions litigieuses sont presque souvent sifflées en faveur du joueur de l’équipe qui domine et qui se crée le plus d’actions de but. Tous ces paramètres impondérables doivent être pris en compte au maximum par le staff technique d’une équipe pour qu’ils soient inculqués aux joueurs.

Ce qui précède ne peut être qu’un constat des faits, et ce constat négatif ne peut être attribué aux joueurs parce que ce sont les mêmes joueurs qui ont tenu en échec l’équipe de France et gagné l’équipe du Sénégal (même s’il s’agissait de matches amicaux). Ils ont surtout infligé une correction à la Namibie deux jours auparavant, et cela ne pouvait être que la confirmation d’une équipe qui arrivait à maturité.
Donc du jour au lendemain ces joueurs là ne pouvaient pas perdre tout leur potentiel au point de devenir aussi lamentables. La vraie raison de cet échec est la mauvaise gestion de ces ressources (joueurs), c-à-d une mauvaise préparation de l’ensemble des joueurs.

Cette préparation comprend plusieurs aspects tels que la bonne connaissance du prochain adversaire, le bon choix des joueurs, la condition physique de ces joueurs, leur mental, la stratégie de jeu qui sera adoptée tout en tenant compte des différentes variantes.
Il ne faut pas oublier également que dans un tournoi de cet envergure, l’objectif d’aller le plus loin possible devient un projet commun autour duquel une bonne cohésion de l’ensemble des intervenant, joueurs, staff technique, staff médical, responsables et représentants de la FRMF, devient une exigence absolue.

C’est pourquoi d’après mon humble avis la cause réelle de cet échec est tout autre, ce que j’espère pour l’avenir de cette talentueuse EN, et j’ajouterai que cette disqualification est la conséquence du mauvais coaching effectué lors de la 2ème mi-temps du 1er match joué contre la Namibie, ceci a constitué les prémices de la débacle.

Un entraîneur d’une telle envergure aurait dû accepter la concertation avec le reste du staff technique et peut-être même avec certains joueurs tout en sachant qu’il est le seul maître à bord du bateau de l’EN, pour trancher et décider de qui doit jouer et de comment on doit jouer.

Bien sûr cela suppose, que bien avant l’entame de la compétition et connaissant les conditions (terrain, climat, arbitrage, public, journaliste, autres paramètres) dans lesquelles la compétition allait se dérouler, il fallait prévoir tous les scénarii possibles, et pour chacun d’eux établir une stratégie de jeu et de comportement pour chacun des matches.

Bien sûr qu’il faut se concentrer à chaque fois sur le match à venir mais il faut pouvoir également agir sur le cours du match soit pour influencer le score en sa faveur soit pour conserver un score favorable et commencer à penser à la suite de la compétition. On ne peut pas dire dans une compétition pareille, attendons la fin du match courant pour commencer à réfléchir aux matches suivants, et utiliser la formule « prendre match par match ». Pour mieux comprendre la suite de cette analyse, supposons que ce même match contre la Namibie aurait été notre dernier match du groupe et qu’après 4 – 0, on était déjà qualifié, je pense que HM aurait commencé à penser au 2ème tour et donc aurait fait sortir certains joueurs pour les préserver pour la suite de la compétition. D’ailleurs l’exemple le plus flagrant c’est lors de l’Euro ou de la CM, le dernier match à jouer dans un groupe par une équipe déjà qualifiée sera effectué par le plus possible de joueurs restés jusque là sur le banc.

Mauvais Coaching

Je m’explique, à la fin de la 1ère mi-temps du 1er match, le score était de 4 à 0 . Après l’entame de la 2ème mi-temps, il fallait faire les 3 changements réglementaires à 5mn d’intervalle, quitte à prendre le risque de jouer à 10. En effet Il fallait préserver Alloudi, le joueur le plus en vue qui a tué le match en inscrivant 3 buts d’affilé, il fallait remplacer Basser et Safri qui ont fait une époustouflante grosse mi-temps, et faire rentrer des joueurs comme Allioui dans l’axe défensif devant Erbati et Ouadou pour faire un travail de sape devant la défense et par la même occasion lui donner du temps de jeu pour la suite de la compétition (avertissement ou blessure des titulaires), il fallait faire rentrer dans le même ordre d’idées Chahir sur le flanc droit et Aboucherouane à l’attaque sur le flanc gauche.

Ces remplacements doivent respecter le même dispositif (1-4-3-3) qu’en 1ère mi-temps mais avec un milieu sous forme de triangle aplati et une animation orientée vers la défensive. Ceci peut s’appliquer en formant un bloc compact situé sur le 2ème tiers du terrain avec réduction des espaces entre les lignes. Cette stratégie devrait permettre à l’ensemble de l’équipe et notamment aux joueurs qui ont été trop sollicités tels que Hadji, Sektioui, Chamakh et Al kadouri de jouer à l’économie et ainsi se préserver pour la suite. Respecter les consignes de base élémentaires dans de pareils cas et qui consistent en une conservation du ballon pour faire courir l’adversaire sans prendre trop de risque (ni but encaissé ni blessure), c’est ce que l’on appelle gérer un match de tournoi tel que la CAN2008.

Match contre la Guinée

Avant de parler de quelques éléments saillants des deux dernières rencontres (Guinée et Ghana), il faut dire que notre confirmation sur notre manière de jouer effectuée lors du 1er match a permis aux deux techniciens Français, en l’occurrence Le Roy et Nouzaret, de bien se préparer et contrecarrer nos forces et exploiter nos faiblesses. Il ne faut pas oublier également que la majorité de nos joueurs jouent en France, ceci explique cela. En tous cas que ce soit la Guinée ou le Ghana, ils ont joué leur meilleur match contre l’EN. Sans oublier que nous avons été crucifiés par leurs meilleurs joueurs à savoir, Feyndounou et Bangoura pour la Guinée et Essien et Mountari pour le Ghana. Ceci n’est pas la faute à nos joueurs mais plutôt à ce qui a été décrit plus haut et aux directives de coaching (marquage individuel de ces joueurs) qui n’ont pas été données ou pas assez insistantes.

Sans trop s’attarder sur les erreurs commises par nos joueurs ayant donné lieu aux 2 buts encaissés et que l’on peut qualifier d’erreurs individuelles basiques :

  •  la 1ère au niveau du gardien de but qui a manqué de lucidité en perdant de vue le ballon pendant un laps de temps très court et ce au moment même du coup de pied du capitaine Feyndounou, le fait que Sefri ait bougé du mur cela n’excuse en rien Fouhami. Malgré cette erreur qui restera malheureusement dans les mémoires, Fouhami reste un des meilleurs gardien de notre championnat national ;
  •  la responsabilité de la 2ème erreur est partagée à la fois par le joueur (Sefri ou Kabous ou Kharja) qui devait remplir le rôle de demi défensif ayant pour charge le marquage, si ce n’est stricte, du moins un marquage individuel en zone de Feyndounou afin de lui limiter les espaces et lui fermer les angles de passes offensives et également par Al kadouri qui était mal positionné, proche de l’axe central et pas aligné sur le reste des défenseurs à savoir Erbati, Ouadou et Basser. Un temps très court d’hésitation de sa part a permis à Bangoura placé dans son dos, lequel bien servi dans l’intervalle, de ne pas être hors-jeu et de se retrouver seul devant notre Gardien qui ne pouvait rien faire étant donné la passe millimétré de Feyndounou et le contrôle court de Bangoura.

    Quand on laisse, comme le fait apparemment HM, une certaine liberté de jeu aux joueurs offensifs même avec des consignes strictes au niveau défensif, cela ne peut fonctionner et donner ses fruits que si tous les joueurs sont pendant 90’ de jeu dans un état de fraîcheur et de lucidité optimal, c’est l’exemple du 1er match. Ceci n’a pas été le cas ni contre la Guinée ni contre le Ghana. Quand on manque de fraîcheur on ne peut jouer autrement que comme cela été fait, à ce niveau de compétition, cela ne pardonne pas et se paie cash.

    Quand pratiquement toute l’équipe manque de fraîcheur physique cela ne peut être dû qu’à une mauvaise récupération (repos insuffisant) ou à une surcharge physique survenue suite au 1er match et aggravée par des entraînements intermédiaires lourds. C’est pour cela que si on avait ménagé certains éléments lors du 1er match, qui était plein d’intensité, on aurait eu un match contre la Guinée avec une autre tournure, en tous les cas celle-ci aurait été différente de celle que l’on a vécue. Ce manque de fraîcheur de l’EN, tout les supporters l’ont vu, cela a donné lieu à une équipe méconnaissable, en tous cas pas celle que l’on a vue contre la Namibie.

    En effet le manque d’explosivité et le faible volume de travail se sont traduits par un manque de confiance pour garder le ballon ou prendre des initiatives ; par un faible engagement qui s’est traduit par beaucoup de perte de ballon au niveau des duels ; par un manque de conviction au niveau de démarquage, on se démarque sans conviction parce que on n’a plus l’explosivité nécessaire, on perd les duels parce que on est toujours en retard de quelques dixièmes de secondes. Ceci a donné lieu à la physionomie du match que l’on a tous suivi. Quand le ballon est récupéré en défense ou suite à une sortie de but, il est balancé rapidement en profondeur sans conviction ni du passeur ni de l’attaquant. Ceci provoque forcément la perte du ballon et ce en faveur des joueurs guinéens qui ayant senti la faiblesse des joueurs marocains ont continué à presser le porteur du ballon, à faire circuler le ballon pour entreprendre des attaques placées. Celles-ci ont été le plus souvent conduites par leur capitaine, qui en l’occurrence avait plus qu’il n’en faut de l’espace autour de lui. Et le même processus s’est répété plusieurs fois même après la sortie de Feyndounou.

    Comment l’EN aurait dû jouer si et seulement si l’ensemble de ses joueurs auraient été dans un état de fraîcheur optimal ? A priori il fallait jouer de la même manière que contre la Namibie avec bien sûr quelques variantes pour faire sauter les verrous qui seraient mis en place par Nouzaret et contrecarrer leurs attaquants qui restent leur point fort. En appliquant le même système de jeu, c-à-d le 1-4-3-3 avec ses pricipes de base et certaines variantes qui tiennent compte de l’adversaire, telles que, sachant :

  •  le marquage qui serait opéré notamment sur Basser, il fallait alterner les attaques placées, de la droite (Basser), de la gauche (Al Kadouri ou Mahdoufi) avec des ballons en profondeur vers Chamakh ou Hadji ;
  •  le physique des africains et notamment celui des Guinées et malgré le jeu aérien de Chamakh, il fallait éviter au maximum les duels que ce soit aériens ou au sol, dans le même ordre d’idées il fallait jouer rapidement nos coups de pied arrêtés et éviter de faire des coups francs inutiles ;
  •  le niveau technique moyen des joueurs Guinéens (à part 3 ou 4), il fallait jouer le 2ème ballon ;
  •  leur point fort, c-à-d l’attaque (7, 9, et 10) soutenue par Feyndounou, il fallait procéder à leur marquage individuel stricte ;

    Match contre le Ghana

    Lors de ce match il n’y a pas eu d’erreurs flagrantes de la part de l’arbitrage, mis à part le but refusé suite à un hors-jeu imaginaire, mais plutôt des erreurs individuelles de nos joueurs. Mais comme il a été dit plus haut le manque de fraîcheur de la part de ces joueurs s’est traduit par un manque de lucidité qui a eu pour conséquences directes des prises de décision erronées que ce soit au niveau de l’attaque, plusieurs occasions manquées ou au niveau de la défense, plusieurs duels perdus sans oublier les mauvaises relances. Ces erreurs ont été exploitées avec une réussite totale (100%) de la part des vedettes en l’occurrence Essien et Mountari pour donner lieu aux deux buts encaissés.

    En tous cas sur les actions ayant généré les buts il y a eu à chaque fois un mauvais choix, tels que :

  •  Sachant que le point fort de l’adversaire c’est les coups francs et commettre (Erbati) une 2ème faute sur l’adversaire à 30m de notre but alors que celui-ci nous tourne le dos et donc sans danger apparent et que notre bloc défensif est bien positionné (1er but) ;
  •  ne pas appliquer un marquage stricte sur Essien qui avait fait appel pour contrer son tir ;
  •  faire une sortie hasardeuse (Lamyaghri) basée sur un mauvais timing qui ne permet pas d’être le 1er sur le ballon ; - faire une faute (Ouadou) au niveau de la médiane mais sans pouvoir gêner complètement l’adversaire alors qu’on est censé être sur la dernière ligne défensive ;
  •  reculer sans cesse (Basser) sans pouvoir ni freiner le porteur du ballon (Essien) et laisser Mountari hors-jeu ni marquer ce dernier et laisser Erbati et Ouadou prendre en charge Essien, sans oublier qu’on était en surnombre (3 contre 2) ;

    Comment l’EN aurait dû jouer contre le Ghana ? On peut répondre à cette question que si et seulement si l’ensemble des joueurs de l’EN aurait été dans un état de fraîcheur optimal.

    Pour pouvoir répondre à cette question il faut essayer d’abord de décortiquer cette équipe, ses joueurs et son jeu. A priori l’équipe du Ghana était la seule équipe qui a pratiqué un jeu basé sur une organisation bien respectée de la part de ses joueurs. Dans cette manière de jouer il y avait bien sûr toute l’expérience de Leroy mais il y avait aussi une touche de Mourhinio importé par le lieutenant Essien. En perte de balle tous les joueurs formaient un bloc équipe bien compact et restreint. Leur défense jouait très haut en ligne et n’avaient pas peur de pratiquer l’hors-jeu. Leurs points forts c’est la puissance et l’explosivité mis au service du collectif avec les phases arrêtées et les contre-attaques.

    Si on a bien compris ce qui précède la réponse à la question précédente n’est plus difficile. La manière qu’il fallait adopter reste toujours la même que celle que nous avons toujours pratiquée, d’ailleurs on ne peut pas du jour au lendemain changer notre façon de faire. Ceci pour tester la solidité de leurs verrous et par la même occasion les endormir. Par contre pour déjouer leur système défensif il fallait, et c’est là une des variantes, procéder de la même manière que celle adoptée contre eux par Otto Pfister du Cameroun pendant le dernier quart d’heure, c-à-d fixer leur défense par nos attaquants (Chamakh et Hadji) et partir avec des joueurs frais entre les lignes sur des passes faites à raz le sol dans les intervalles.

    E lMehdi Rafdy

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