
Le constructeur aéronautique américain Lockheed Martin a annoncé vendredi que le Maroc avait officialisé sa commande de 24 avions de chasse F-16. Le lancement de la production des appareils fait l’objet d’un premier contrat, valorisé 233,6 millions de dollars, selon le communiqué.

La crise financière rend très difficile la mise en place d’un prêt à Rabat pour l’achat des 24 avions de combat américains. A Paris, on observe la situation avec intérêt

Les Français n’ont pas l’intention de baisser les bras après que Rabat ait décliné leur offre portant sur l’acquisition par les Forces marocaines de l’air, de l’avion de combat du type Rafale, de Dassault Aviation.

Le Pentagone a informé le Congrès américain de son intention de vendre au Maroc 24 avions de chasse F-16 du groupe américain Lockheed Martin, ainsi que des équipements et des services associés, pour un montant total pouvant aller jusqu’à 2,4 milliards de dollars. Les F-16 américains étaient en concurrence au Maroc avec le Rafale du français Dassault, qui n’a jamais décroché de marché à l’export.

En visite d’Etat pour trois jours au Maroc à partir de lundi, Nicolas Sarkozy cherchera bel et bien à écouler auprès de Rabat l’avion de combat Rafale de Dassault.

Cette fois, l’Élysée a vu les choses en grand. Pour réparer l’erreur d’appréciation commise début juillet ? Sans doute. Penser que le Palais royal puisse s’accommoder d’une visite minutée, au terme d’une tournée maghrébine menée au pas de charge, c’était en effet méconnaître, à tout le moins, le « temps du Maroc ». Résultat : une annulation in extremis de l’étape chérifienne et l’engagement d’une « vraie » visite d’État. Promesse tenue.

La nouvelle est tombée comme un couperet. Le salon de l’aéronautique Aéroexpo qui devait se tenir à Marrakech du 24 au 27 octobre est reporté de trois mois. Une nouvelle date est fixée du 23 au 26 janvier 2008. Selon un communiqué d’IEC, agence organisatrice du salon, ce changement a été imposé par les autorités marocaines.

300 millions d’écart entre deux propositions françaises ! L’échec aujourd’hui quasi-certain de la vente de Rafale au Maroc s’explique par des "incohérences" dans l’offre française. Selon nos informations, Dassault et la Délégation générale pour l’armement (DGA) n’ont pas fait la même offre en terme de prix, après que le roi Mohammed VI a manifesté, au printemps 2006, son intention d’acheter le nouvel avion de combat français. Une différence de 300 millions d’euros, soit 20% d’écart ! Face à une telle pagaille française, les Marocains ont eu beau jeu de s’en remettre au plus offrant... c’est-à-dire aux Américains.
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