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La rareté des diplômés en tourisme menace la Vision 2010

18 mars 2008 - 14h12
La rareté des diplômés en tourisme menace la Vision 2010

Il était temps et l’avancement des chantiers de la Vision 2010 ainsi que les impératifs du plan pour les dix années suivantes rendaient la mesure plus que nécessaire : le ministère du tourisme est en train de préparer un contrat-programme que le gouvernement va signer avec les opérateurs du tourisme et les organismes de formation pour faire face aux besoins du secteur en ressources humaines. C’est que le besoin en profils adaptés pour les différents métiers du tourisme devient si pressant que ce thème est devenu l’objet d’une polémique publique entre les professionnels, les hôteliers en tête, et les organismes de formation.

Ainsi, jeudi 6 mars, à Casablanca, les premiers ont reproché aux seconds de ne pas être en phase avec les besoins de la Vision 2010 et de former des profils inadaptés. Les responsables du secteur de la formation, et à leur tête l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT), qui fournit le gros des troupes, dénoncent de leur côté la non-implication des professionnels dans cette formation, ne serait-ce que pour exprimer leurs besoins avec précision.

Une chose est sûre, sans vouloir incriminer ni les uns ni les autres : il est évident que la formation reste le parent pauvre de la Vision 2010 en ce sens que les dispositions qui lui sont consacrées dans l’accord d’application y afférent sont restées à maints égards lettre morte. L’accord prévoyait à cette échéance la formation de 72 000 personnes. Ce chiffre n’est pas tombé du ciel mais est le résultat d’une enquête de terrain, au niveau des régions, qui a servi à identifier les besoins en ressources humaines toutes catégories confondues et au niveau de toutes les régions. Mais les choses en sont restées là, en tout cas pour ce qui est du rôle que devait jouer la Fédération nationale du tourisme (FNT).

Aujourd’hui, les premières stations du plan Azur commencent à recruter. Fadesa, l’investisseur aménageur de la station de Saïdia, dont les premiers établissements ouvriront cet été, a exprimé un besoin de quelque 1300 personnes dans un premier temps. D’autres stations comme Essaouira commencent également à recruter, ce qui préoccupe les organismes d’intermédiation, l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi et des compétences (Anapec) en tête, qui ne trouvent pas toujours les profils recherchés.

A Marrakech, première destination du pays, où il y a, selon Hafid Kamal, DG de l’Anapec, un net besoin en ressources humaines, on n’hésite plus à débaucher chez le voisin. Aujourd’hui, un bon chef cuisinier demande entre 40.000 et 50.000 DH, raconte un hôtelier, et le salaire net d’un maître d’hôtel tourne autour de 14.000 DH.

Une question de salaire ?

Si tout le monde pense que le Maroc n’est prêt ni quantitativement ni qualitativement pour satisfaire une demande qui ira en croissant, Larbi Bencheikh, DG de l’OFPPT, se défend envers et contre tous. « Le gouvernement, dit-il, a fait ce qu’il avait à faire en matière de formation destinée au tourisme, mais s’il y a un secteur où les professionnels ne s’impliquent pas, c’est bien celui là. Nous avons demandé, à plusieurs reprises, sans succès, aux professionnels de venir cogérer avec nous les établissements de formation ». Le DG de l’office s’attarde longuement sur le bilan chiffré. Il met en avant la création, depuis 2003, de 7 nouveaux établissements de formation à proximité des stations balnéaires (Essaouira, Taghazout, Haouzia , M’diq, Al Hoceima), en plus de Béni Mellal et Meknès, l’extension de 12 établissements existants et la mise en place d’une structure de veille à travers le Centre de développement des compétences, à Marrakech, destiné à former les formateurs pour un coût total de 500 MDH.

Le renforcement du dispositif de formation qui compte aujourd’hui 30 établissements a permis, selon M. Bencheikh, de passer d’un effectif de 1663 jeunes formés en 2002/2003 à 9000 en 2007/2008. Si on ajoute les stagiaires des 14 établissements sous tutelle du ministère du tourisme, le total des lauréats atteint 17.000 personnes. « Si l’on maintient ce rythme pour les deux prochaines années, nous aurons donc les 72.000 lauréats prévus », assure-t-il.

Sauf que, explique un professionnel, nombre de ces derniers vont partir pour des cieux plus cléments. « Il est inconcevable qu’on forme des jeunes pour le secteur du tourisme et que l’on ne leur offre après ni salaire conséquent ni stabilité ». Certains établissements n’offrent même pas le Smig à ces jeunes et les remplacent au bout de quelques mois. Résultat : les meilleurs d’entre eux vont à Dubaï ou en Espagne. Le contrat-programme projeté devrait prévoir une charte déontologique pour l’emploi de ces jeunes.

Source : La vie éco - M.M.

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