
« Je ne regrette rien, j’assume tout et si c’était à refaire, je referai exactement la même chose ». C’est en ces termes que Driss Jettou, l’ancien Premier ministre, démarre sa rencontre avec la presse nationale, à son domicile, le mardi 22 juillet 2008. C’est sa première sortie médiatique après sa retraite des affaires politiques. « Je suis encore tenu par le devoir de réserve sur pas mal de dossiers », tient-il à préciser.

Nul doute que Driss Jettou est un fin stratège ? Déjà, à l’annonce de l’offre offshoring du Maroc, le 13 juillet 2006, à Rabat, il avait laissé entendre que « le gouvernement s’attachera à adapter sans cesse cette offre aux évolutions internationales afin qu’elle demeure attractive et compétitive ». Pour joindre l’acte à la parole, son gouvernement avait alors institué un Conseil stratégique pour l’offshoring dont la mission est d’assurer le suivi de la mise en œuvre de l’offre Maroc et de veiller à son développement.

Ils ont quitté le gouvernement, ses fastes et ses honneurs. Ils étaient médiatisés et sont désormais invisibles. En attendant leur come-back, TelQuel est parti à la recherche des grands absents du gouvernement El Fassi. Le 15 octobre 2007 a fait quelques heureux, mais surtout beaucoup de déçus. Au moment où le gouvernement Abbas El Fassi posait pour la photo de famille, les ministres non reconduits pensaient déménagement et reconversion : quitter son logement de fonction, se séparer de sa rutilante Mercedes, se trouver une nouvelle occupation, voire un nouveau job.

Avec la nomination du gouvernement El Fassi, le 15 octobre 2007, une nouvelle équipe de ministres est à la barre. La moitié d’entre eux figuraient dans l’équipe Jettou. Quant à leurs collègues non reconduits, ils ont pu retrouver une vie « normale » après 5 ans d’exercice d’une fonction contraignante. Un mois plus tard, ces derniers sont-ils parvenus à retrouver leur mode de vie d’avant la ministrabilité ?

Le système politique est malade mais il faut tout de même aller voter. C’est en substance ce qui ressort d’un sondage sur la perception de la politique par les citoyens à l’horizon des élections législatives du 7 septembre (voir encadré). Celui-ci a été réalisé par un groupe de chercheurs des universités de Mohammédia et de Rabat.

Le Président gabonais Haj Omar Bongo est arrivé, lundi matin à Rabat, pour une visite au Maroc.

Si la présentation du bilan du Premier ministre s’est appuyée sur les performances de son gouvernement dans certains secteurs, sa réponse aux questions des groupes parlementaires hier, a focalisé sur d’autres dossiers. En revenant sur la plupart des points soulevés par l’opposition et par la majorité, Driss Jettou a abordé de nouveaux aspects de l’action de ses ministres comme les dossiers sécuritaires ou les droits de l’homme. Ainsi, au sujet de la poursuite des arrestations arbitraires, le chef de l’exécutif a été catégorique : « Ce sont des allégations n’ayant aucun lien avec la réalité ».

La feuille de route du Maroc pour la prochaine décennie, réalisée avec l’aide du cabinet américain Monitor, ne sera finalement pas dévoilée en juillet comme initialement prévu.