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Elections 2011 : quelle politique étrangère pour l’avenir ?

16 novembre 2011 - 09h47
Elections 2011 : quelle politique étrangère pour l'avenir ?

Le 25 novembre 2011, trente trois partis politiques vont participer aux élections législatives pour former le prochain Parlement. Il est regrettable que la politique étrangère est quasi-absente des programmes électoraux de ces partis.

Certes, il est normal de donner la priorité aux problèmes intérieurs, mais la politique étrangère est également importante, d’autant plus que la nouvelle Constitution adoptée le 1er Juillet 2011, donne toutes prérogatives au futur gouvernement pour gérer les Affaires étrangères à l’instar des autres départements ministériels.

Les problèmes de politique étrangère du Maroc sont nombreux et compliqués. Le premier d’entre eux est la question du Sahara qui dure depuis trente six ans, et qui n’a pas trouvé jusqu’à maintenant une solution définitive. Certes, la position de notre pays sur la scène internationale s’est beaucoup améliorée grâce au plan d’autonomie du Sahara présenté en 2007 à l’ONU. Notre position se trouve renforcée du fait de l’instabilité de la région du Sahel, aggravée par les conséquences du Printemps arabe, et qui fait craindre à la communauté internationale l’instauration dans cette région d’une situation chaotique comparable à la Somalie. Malgré ces avancées, les négociations de Manhasset s’essoufflent, et le sort de déplorable de nos compatriotes à Tindouf n’a pas connu de changement. Aussi faut-il analyser en profondeur cette importante question et réfléchir à de nouvelles initiatives propres à faire avancer notre cause.

Notre région a connu depuis le début de cette année 2011 une véritable séisme politique désigné sous le nom de Printemps arabe, qui a fait tomber trois régimes dictatoriaux : le Tunisie, l’Égypte et la Libye. Des troubles continuent au Yémen, tandis que la Syrie connaît une répression sanglante. Certes le Maroc a agi positivement devant cette nouvelle situation en apportant son aide morale et matérielle à la Tunisie et à la Libye, cependant la construction de l’unité maghrébine reste au point mort, et l’Algérie continue à faire la sourde oreille à toute solution, et notamment à l’ouverture de la frontière terrestre algéro-marocaine. Il y a lieu que notre diplomatie face à ses bouleversements renouvelle ses analyses et ses plans d’action.

La zone euro connaît l’une des plus graves crises économiques et financières depuis sa création. Des membres de cette zone comme l’Irlande, la Grèce, l’Espagne et l’Italie sont au bord de la faillite. Certes, le Conseil européen conscient de la gravité de la crise a fait de gros efforts pour la résorber, mais cette crise financière va être durable, et sera accompagnée d’une faible croissance de l’économie européenne, sinon d’une récession.

L’économie marocaine dépend largement de cette zone, puisque notre monnaie, le dirham, est liée très étroitement à l’euro. Deux tiers de nos échanges commerciaux et des investissements directs étrangers se font sur cette zone, d’où provient la majorité de nos touristes. Dans ce cas également, il faut réfléchir à nos relations futures avec cette zone, et envisager sérieusement une diversification de notre économie vis-à-vis d’autres régions dont en priorité l’Afrique subsaharienne.

Nos relations bilatérales avec les États-Unis sont bonnes tant sur le plan politique qu’économique. Mais la position de ce pays vis-à-vis du problème palestinien inspire beaucoup d’inquiétudes. Le Président Obama a fait naître beaucoup d’espoirs quant au rétablissement de bonnes relations de son pays avec le monde arabe et musulman. Son discours du Caire du 4 juin 2009 annonçant « un nouveau départ » est resté dans nos mémoires. En Septembre 2010, il avait espéré que l’ONU accueille dès l’année suivante la Palestine en tant que nouveau membre. En mai 2011, il avait déclaré son souhait de la création d’un État palestinien sur la base des frontières de juin 1967.

Hélas en septembre 2011, les États-Unis se sont opposés à l’admission de la Palestine à l’ONU, et en octobre 2011 à son admission à l’UNESCO. Le Président Obama qui a obtenu le prix Nobel de la Paix le 9 octobre 2009, a beaucoup déçu les peuples arabes et musulmans. On peut expliquer le revirement de la présidence américaine par les difficultés économiques que connaissent les États-Unis depuis la grave crise financière de 2008, et la montée inexorable du chômage. L’approche des élections présidentielles de 2012 fait craindre également au Président Obama un vote négatif du puissant lobby pro-israélien AIPAC. Il nous appartient en tant qu’ami traditionnel des États-Unis, d’expliquer à ses dirigeants la grande sensibilité du problème palestinien dans le monde arabe et musulman, et insisté sur une position plus équilibrée dans la résolution de ce conflit.

Il faut également réfléchir à nos relations avec les autres pays du monde. Des efforts de rapprochement ont été faits avec l’Amérique latine et l’Asie, mais insuffisants. Le XXIème siècle verra l’éclosion de nouvelles puissances telles la Chine, l’Inde, et le Brésil. Il faut dès maintenant étoffer nos ambassades dans ces régions du monde pour préparer l’avenir, et multiplier les délégations économiques vis-à-vis de ces destinations prometteuses.

En conclusion, est lancé par cette chronique un appel aux partis politiques pour connaître leur position sur ces questions fondamentales de ka politique étrangère de notre pays.

Jawad Kerdoudi - Président de l’IMRI



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