
Hicham Belkas, membre du groupe de rap marocain Fnaïre, qui a pris part vendredi et samedi au festival des musiques sacrées du monde, a trouvé la mort dans un accident de la circulation survenu dimanche à Fès. Hicham, 23 ans, a trouvé la mort après son évacuation au service des urgences de l’hôpital Ghassani de Fès. Les trois autres membres du groupe ont été légèrement blessés dans cet accident survenu vers 13h30.

Les groupes Nass El-Ghiwane et Fnaïre se sont produits, jeudi soir au théâtre Saint Michel à Bruxelles, dans le cadre d’une tournée européenne.

L’esprit de jeunesse, le besoin de rébellion, le sentiment d’appartenance et la création d’une identité ne sont que des prétextes pour se faire de l’argent.

Les groupes Nass El-Ghiwane et Fnaïre effectueront, du 22 au 28 mai prochain, une tournée en France qui les mènera successivement à Asnières, Bordeaux, Paris, Mulhouse et Nice. Cette tournée intervient un an après le succès retentissant de Nass El-Ghiwane à l’Olympia.

Ils font un tabac aussi bien chez les exclus du derb populaire que dans la jeunesse dorée des quartiers chics. Si le rap et le hip-hop marocain apparaissent de plus en plus comme « la musique de la jeunesse », ce style a par contre d’immenses difficultés à convaincre des maisons de disques et des pouvoirs publics qui hésitent -et ce n’est pas un euphémisme- à cautionner ces expressions inédites de la musique.

Jetant aux orties l’arabe classique ou le français littéraire, la nouvelle vague musicale marocaine préfère le dialecte national, la darija, émaillée d’expressions empruntées à une multitude d’idiomes. "Nous sommes une société d’hypocrites. Pourquoi les mots vulgaires ne nous choquent qu’en darija et pas dans une autre langue ?", lance Bigg, rappeur star de la scène marocaine. Ainsi, Ahmed Benchemsi, directeur de l’hebdomadaire Nichane, est poursuivi par la justice pour avoir critiqué un discours du roi dans un éditorial rédigé en dialecte, idiome jugé vulgaire par les autorités.

Composé de trois jeunes rapeurs, le groupe Fnaïre symbolise une nouvelle vague d’artistes marocains en rupture avec le style ancien. Dans cet entretien exclusif accordé à Magharebia, Mohcine explique le contexte dans lequel son groupe s’est développé.

Le rap a conquis les grandes villes du royaume. Utilisant la langue crue de la rue, les rappeurs revendiquent des messages de contestation politique et sociale pour un Maroc meilleur. Corruption, misère, chômage, tout y passe. H-Kayne, Bigg, Fnair ou Zanka Flow sont devenus les stars d’une jeunesse qui n’a surtout plus l’intention de taire ses problèmes. Plongée dans le monde de la « street music » marocaine.