Les lycées Wilhelm de Kassel en Allemagne et Al Khawarizmi à Casablanca se sont associés autour du projet ’’Edusolar’’, visant l’apprentissage et la promotion des énergies renouvelables, notamment en ce qui a trait à l’énergie solaire.
Mr. Lhassane Asloun à Saiss Akhbar concernant le projet EduSolar : "Nous n’avons jusqu’à maintenant aucun document officiel sur ce sujet... Et c’est l’image du Maroc qui est en jeu"
Saiss Akhbar a eu l’opportunité d’entretenir une Interview avec Mr. Lhassane Asloun, professeur au lycée Moulay Ismail de Meknès, portant sur le partenariat qui devrait avoir lieu entre son lycée et celui de Wolfen – Stadt en Allemagne dans le domaine de l’énergie solaire et qui reste bloquer jusqu’à présent. Mr. Asloun nous a clarifié quelques ambiguïtés régnant dans l’atmosphère de cette coopération ainsi que les obstacles qui bloquent sa réalisation. Q : L’énergie solaire est l’objectif de coopération entre les lycées Moulay Ismail et Wolfen – Stadt en Allemagne. Peux-tu nous parler de ce projet ? R : Certainement l’énergie solaire est l’objet d’une coopération d’une grande valeur entre le royaume du Maroc et la République Fédérale d’Allemagne. Ce projet a été initié et conçu par l’ambassade du royaume du Maroc à Berlin (Allemagne) et l’institut mena (ville de Kassel) et il est placé sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohamed VI et Son Excellence le Président de la République Fédérale D’Allemagne Horst Köhler. Les lycées Wolfen – Stadt (Allemagne) el Moulay Ismail de Meknès (Maroc) se sont associés autour du Projet « EduSolar » (vivre et apprendre avec le soleil, l’histoire d’une entente entre les peuples) visant l’apprentissage et la promotion des énergies renouvelables, notamment en ce qui a trait à l’énergie solaire. « vivre et apprendre avec le soleil, l’histoire d’une entente entre les peuples » est le mot d’ordre de ce projet, qui devra réunir les élèves des deux lycées pour la confection des petits modules de production d’électricité à partir de l’énergie solaire. Les produits de cette coopération socio-éducative devront servir à l’électricité de plusieurs foyers dans des villages marocains, en premier lieu les villages du Moyen Atlas. Ce projet, initié par l’institut Mena, basé à Kassel, avec le concours de l’Ambassade du Maroc à Berlin qui l’inscrit dans le cadre de la philosophie de l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH). Q : Tu dis Mr. Asloun c’est une coopération socio-éducative. Que veux-tu dire par là et quelles sont ses objectifs ? R : si vous lisez bien le mot d’ordre du projet (vivre et apprendre avec le soleil) il y a là « vivre » qui donne allusion à la vie quotidienne, la vie sociale et « apprendre » c’est le coté éducatif du projet. « EDUSOLAR » a pour objectif de promouvoir le développement rural par la formation et le transfert de la technologie dans le domaine de l’énergie renouvelable. Les habitants des zones rurales, pour la région Meknès-Tafilalet, c’est le Moyen Atlas, la plupart des enfants des petits agriculteurs seront les principaux bénéficiers. Q : Qu’est ce que va apporter ce type de projet pour des habitants des zones rurales, comme les habitants du Moyen Atlas ? R : outre la formation et le transfert de la technologie, dans les énergies renouvelables les habitants du Moyen Atlas bénéficieront d’éclairage pour les écoles, les dispensaires, pompage solaire pour l’eau potable etc.. sensibilisation des jeunes à l’environnement, et à la nécessité de sa protection. L’amélioration des conditions d’éducation, d’alphabétisation et de santé dans le milieu rural Organisation de cours du soir d’alphabétisation pour adultes La diminution de l’émigration des populations rurales vers les grandes villes grâce à l’amélioration de leurs conditions de vie dans leurs villages d’origine La contribution à l’organisation sociale des communautés rurales en les faisant participer au projet, donc à leur développement social et économique La promotion d’un modèle de développement soutenu Formation de personnel dans l’installation et la maintenance des systèmes Création progressive de micro entreprise de services énergétiques La protection de l’environnement
C’est ainsi que les écoles rurales pourront également proposer un enseignement du soir permettant aux enfants, travaillant pendant la journée dans les champs, de bénéficier d’une formation scolaire et également aux adultes la possibilité de se cultiver. Q : ceci est vrai pour les zones rurales. Mais pour les deux lycées je veux dire élèves, professeurs, encadreurs, comment peuvent eux aussi profiter de ce projet, parce qu’ils sont directement concernés ? R : outre l’échange des visites des élèves et enseignants (formateurs), le projet porte également sur la formation des formateurs dans la perspective de mettre sur pied des modules de formations en énergie solaire notamment dans le lycée Moulay Ismail. Le projet s’ouvre également sur une meilleure connaissance réciproque et une compréhension entre les deux peuples. Ajoutant à cela que les deux pays souhaitent voir la multiplication des projets similaires dans le cadre d’un partenariat plus intense et plus pointu entre les deux pays, en encourageant et favorisant les opportunités de coopération et d’investissement au Maroc. Le lycée Moulay Ismail, d’après la signature du partenariat éducatif, devrait obtenir le matériel nécessaire à l’établissement et un atelier d’apprentissage et d’expériences (cellules solaires, petits moteurs, câbles, multimètre, postes de soudage, batterie, etc…). Les élèves marocains « Meknassis » et les allemands doivent travailler sur les thèmes suivants : mesure de rayonnement solaire sur la surface terrestre la cellule solaire comme source d’électricité (construction et mode de fonctionnement, comportement et température) interconnexions des cellules solaires, montage en série et en parallèle, obscurcissement et ombre partielle, courant et puissance obtenus utilisation d’un multimètre pour effectuer des mesures ; tension, courant, résistance, température, test de transistors et diodes, et vérification de la bonne transmission du courant construction de petits modules solaires, connexion avec des appareils électriques réglage de l’azimut et variation de l’angle d’irradiation pour obtenir le maximum d’électricité construction et montage de kit solaire pédagogique construction de voitures, bateaux et d’autres jeux solaires fonctionnement de pompe à eau fonctionnement de chauffe-eau solaires (absorbeur, ballon de stockage…) construction de collecteurs solaires thermiques, expérimenter avec la distillation solaire
Q : dans une dépêche de la MAP à Berlin il est précisé que parmi les objectifs du projet EduSolar figure la participation à la compétition internationale « Edusoalr Cup 2008 ». peux-tu nous donner plus d’explications ? R : grâce au soutien de l’université de Kassel, de l’institut Mena, de l’institut pour la technique d’alimentation en énergie solaire (ISET) ainsi que des partenaires associés de l’économie, de la politique et de la vie publique allemande et marocaine, le Edusolar cup 2008 sera organisé pour la première fois au Maroc en mois de juin. Cent élèves et étudiants allemands et européens vont y participer. Les enseignant et élèves marocains et allemands se rencontreront au Maroc et procéderont au montage de l’installation solaire pour l’éclairage et l’approvisionnement en eau potable. « Installation solaire sur le toit d’une école, d’un centre de soins médicaux ». En outre, l’installation sera équipée d’un système de surveillance à distance sur Internet permettant le traitement des données énergétiques et leur mise à disposition auprès d’autres institutions de formations. L’installation doit servir en plus comme démonstration pédagogique au sujet de photovoltaïque / énergie régénérative. Le montage sera assisté par des ingénieurs marocains et allemands. La compétition mondiale Edusolar cup prévoit par ailleurs la construction de véhicules alimentés par énergie solaire (bateaux, mobiles solaires etc…) La compétition Edusolar cup s’organise traditionnellement à Kassel « centre » et doit se tenir pour la première fois en dehors de l’Allemagne. Q : Tu as dis que cette coopération est initiée par l’institut Mena. Que pourras-tu nous dire sur cet organisme ? R : en résumé, l’Institut pour la Recherche Appliquée et la Coopération avec les pays du Moyen Orient et de l’Afrique du nord (MENA) est une organisation indépendante et à but non lucratif. Elle a été créée le 7 mai 2005 sur une initiative de scientifiques et d’ingénieurs marocains et allemands. Sa mission est de promouvoir la coopération scientifique et technologique entre le Maroc et l’Allemagne d’une part, et entre l’Europe et les pays MENA d’autre part. Technologie de l’énergie solaire Technologie de l’énergie éolienne Technologie des piles à combustible Technologie environnementales (gestion des déchets liquides et solides, recycling) Technologie de la communication et de l’information Intelligence artificielle Echange culturel Son président est le marocain Dr. Mustapha Aiyta, professeur chercheur à l’université Kassel. Q : Pourquoi l’institut Mena a choisi spécialement le lycée Moulay Ismail. Est-ce qu’il y a des justifications ? R : premièrement le lycée Moulay Ismail est un lycée très renommé, construit en 1945, il y a pas mal de temps (à l’époque) il était le premier lycée technique an Afrique, deuxièmement l’excellente relation qui relie Mr. l’ambassadeur marocain en Allemagne Rachad Bouhlal avec Mr. le Wali de la région Meknès-Tafilalet Hassan Aourid, et aussi le partenariat privilégié du centre Goethe – Haus – Meknès entre le centre culturel allemand Goethe –Institut Rabat / Casablanca et l’Ambassade d’Allemagne au Maroc. Entre temps Dr. Mustapha Aiyta et moi sommes devenus de grands amis. Mais rassurez-vous, c’est une coopération qui va toucher 16 régions au Maroc et 16 Länder en Allemagne, alors ce sont 16 lycées des deux pays qui seront concernés. Maintenant l’institut Mena et l’Ambassade Du Maroc à Berlin sont Arrivés à 8 partenariats qui sont :
Q : retournons à la compétition Edusolar cup 2008. Est ce que vous êtes bien préparés et quelles sont les chances de nos élèves marocains et meknassis R : le projet est excellent sur le plan théorique. Au niveau pratique, il n’y a rien, nous n’avons jusqu’à maintenant aucun document officiel sur ce sujet, ni de l’ambassade marocaine, ni de l’ambassade d’Allemagne, ni de l’institut Mena, et surtout du ministère de l’éducation nationale. A mon avis sans l’implication du ministère de l’éducation rien ne marchera. Et c’est l’image du Maroc qui est en jeu. ■ Interviewé par Mounir MOUBDY