Sur un flanc de colline, à un jet de pierre du Maroc, le quartier de Principe à Sebta, enclave espagnole du nord de l’Afrique, ressemble aux villages voisins du royaume chérifien. Dans cette zone sans le moindre espace vert ni la plus petite aire de jeux, s’entassent 15 000 personnes, tous musulmans, à l’exception de trois franciscains et d’un postier à la retraite. Des paysannes marocaines vendent des fruits et légumes sur un bout de trottoir ; les cafés débordent de retraités jouant au parchis (sorte de jeu de l’oie espagnol) ; au milieu d’embouteillages permanents, des trafiquants de haschich vendent avec peine leur marchandise.