Les associations berbères de France asignent Christie’s France en justice

La Coordination des associations berbères de France a annoncé samedi qu’elle assignait la société Christie’s France et l’Etat français en justice afin de suspendre une vente aux enchères prévue mardi de 1.200 bijoux berbères en provenance du Maroc.

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18 décembre 2007- par Bladi.net

La coordination des associations berbères de France a été déboutée lundi d’une action en référé devant le tribunal de Paris qui visait à faire suspendre la vente par Christie’s d’un millier de bijoux berbères venant du Maroc, a-t-on appris de sources concordantes.

Le tribunal a estimé que la coordination des Berbères de France (CBF, regroupant plus de 60 associations berbères) et l’association des juristes berbères de France (AJBF), qui protestaient contre le risque de ""dilapidation"" des ""biens culturels anciens et rares"", n’étaient pas fondées statutairement à intenter cette action.

Les demandes formées par les deux associations ont été jugées pour l’une "irrecevable" et pour l’autre "mal fondée", a indiqué Me Luminy.

"La demande est rejetée" et la vente prévue mardi à Paris "peut avoir lieu normalement", a déclaré à l’AFP l’avocat de Christie’s, Bernard Luminy.

Une juriste s’exprimant pour la CBF et l’AJBF, Nawal Semlali, a contesté la défaite des associations. "On voulait alerter l’Etat (français) et le résultat est atteint", a Mme Semlali.

"Si l’Etat est alerté il peut encore exercer son droit de préemption et pour l’exercer il faut que la vente ait lieu", a-t-elle ajouté. "Au moment de l’adjudication, si un représentant de l’Etat est présent, il peut décider de préempter", selon elle.

La CBF et l’AJBF voulaient obtenir la suspension de la vente de 1.200 bijoux faisant partie d’une collection privée constituée de 1920 à 1960 par Jean-François Thau. Ses ayants droit souhaitaient les vendre au plus offrant en 150 lots.

Il s’agissait, avaient expliqué les associations, d’obtenir le démarrage de négociations entre le ministère de la Culture et les parties intéressées pour "assurer la préservation dans des musées nationaux de ce patrimoine commun de l’humanité protégé par les conventions internationales".