Lundi 21 janvier, la grande salle de la juridiction dédiée aux affaires familiales était archi-comble. Ce jour, au tribunal du quartier Habous de Casablanca, les visages étaient crispés et le climat frisait la déprime. Les femmes engagent rapidement la conversation. Question de soulager leur peine, voire justifier le déplacement. Comme si le recours à la justice « est en soi un pêché ». Une jeune femme au foyer, accompagnée de sa fille de 4 ans et demi confie : « Je suis mariée depuis 11 ans. Plusieurs fois, j’ai voulu faire le pas mais j’ai toujours hésitée à cause de mes deux filles. Alcoolique, violent, infidèle et après une absence de 4 mois, j’ai décidé d’agir ».