Ali Lmrabet débouté par un tribunal espagnol

La chambre criminelle près le tribunal de première instance d’Almeria a rejeté jeudi une plainte déposée en avril 2006 par Ali Lmrabet contre le correspondant de la MAP à Madrid, Said Ida Hassan.

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15 février 2008- par Bladi.net

Communiqué

Je tiens par la présente à faire connaître à l’opinion publique marocaine et internationale que contrairement à ce qui a été publié et diffusé, de manière mensongère et défiant toute règle déontologique, par l’agence officielle de presse marocaine la MAP, ainsi que par la chaîne de télévision officielle la RTM et Biladi.Net, le 1er février 2008, je n’ai pas été débouté par la Chambre Criminelle près le tribunal de première instance d’Alméria au sujet de la plainte que j’ai interposé contre le correspondant de la MAP à Madrid, M. Saïd Ida Hassan, qui m’avait traité publiquement de « membre d’une secte d’extrême droite espagnole » et avait assuré que j’avais écrit que « tous les Marocains résidant en Espagne sont des terroristes ».

Comme je n’ai plus l’intention de laisser passer quoi que ce soit de mensonger ou diffamatoire, je précise les points suivants :

1 / Le tribunal d’Almeria a simplement estimé que le délai légal était prescrit. Et pour cause. Il a été impossible pour mon avocat de joindre M. Ida Hassan pour la raison suivante : il était injoignable dans toutes ses adresses connues. Nous avons dû faire appel à la police pour le convoquer au commissariat.

2 / Le tribunal a pris note que toutes les preuves que nous lui avions soumises étaient RECEVABLES, nous signifiant par la même que nous devions porter plainte devant une juridiction civile. Ce que nous venons de faire. Nous espérons que cette fois-ci M. Ida Hassan aura le courage d’aller récupérer sa convocation judiciaire.

3 / C’est faux comme l’a écrit la MAP que le tribunal d’Alméria n’a pas « encore statué sur une demande de l’avocat de Ida Hassan de condamner Ali Lmrabet à payer les frais du procès, qui peuvent être très élevés parce que calculés sur la base de la somme de 600.000 euros que Lmrabet réclamait comme dommages et intérêts ». Selon la sentence qui est en ma possession, il n’est pas question, pour aucune des deux parties, de payer les frais de procès.

4 / Et enfin, en réponse à la longue dépêche de la MAP du 1er février dernier, rappelant que le tribunal de première instance de Madrid m’avait condamné, en février 2007, à payer la somme de 6.000 euros aux deux correspondants de la MAP, Mansour Madani et Said Ida Hassan, pour un article, « une armée de mouchards », paru dans le journal espagnol El Mundo en 2004, je tiens à signaler QUE LA AUDIENCIA PROVINCIAL DE MADRID (COUR D’APPEL) A RÉVOQUÉ LE 21 JANVIER DERNIER, C’EST-À-DIRE DIX JOURS AVANT LA PARUTION DE LA DÊPECHE DE LA MAP, LA SENTENCE DE FÉVRIER 2007 ET A CONDAMNÉ MANSOUR MADANI ET SAID IDA HASSAN, A PAYER LES FRAIS DE JUSTICE DU PREMIER PROCÈS.

De plus, dans ses attendus, la Cour d’appel de Madrid estime que « LA RELATION ENTRE L’AGENCE D’INFORMATION MAROCAINE MAP ET LA DIRECTION GENERALE D’ETUDES ET DE DOCUMENTATION [DGED] EST SUFFISAMMENT PROUVÉE SUR LA BASE DES REPORTAGES DÉJÀ PUBLIÉS DANS D’AUTRES MÉDIA DE COMMUNICATION DE CE PAYS [MAROC] ET QUI SONT PRÉSENTS DANS CES ACTES ». Ce qui se passe de tout commentaire.

La Cour, composée de trois magistrats, conclue qu’elle « n’apprécie aucune diffamation » dans mon article, que ce dernier n’est ni « injurieux » ni « insultant », et que j’ai parfaitement le droit « d’exprimer mon opinion sur un sujet qui est sans aucun doute d’intérêt général ».

Comme Rabat a voulu faire de ce procès une affaire d’Etat en y mettant tous les moyens financiers, juridiques et médiatiques, il est bon qu’elle reconnaisse, encore une fois cette piteuse défaite. Maintenant que la justice espagnole, qui est celle d’un Etat de droit, m’a donné entièrement raison, j’appelle les autorités marocaines à cesser, par petits soldats interposés, cette guérilla contreproductive, et à lever immédiatement l’interdiction de dix ans de l’exercice de la profession de journaliste qui pèse sur moi depuis 2005.

J’appelle le Syndicat National de la Presse Marocaine, et particulièrement son secrétaire général, Younes Mjahed, habituellement peu disert quand il s’agit de procès entre journalistes mais qui dans cette histoire a donné de sa personne en jouant le jeu de l’Etat marocain, à me présenter des excuses publiques pour les termes injurieux qu’il a employé à mon égard pour défendre ses amis de la MAP

J’ose espérer, comme le veut la déontologie journalistique chère à notre syndicat de la presse, à la MAP, à la RTM et Biladi.Net, et la loi marocaine, que ce communiqué sera pris en compte et diffusé.

Ali Lmrabet