Des baraques en tôle ondulée ou en dur, entourées d’un mur d’enceinte qui les soustrait au regard des passants. Juste à côté, des blocs de villas cossues. On est au kariane Bachkou, l’un de ces quatre cents bidonvilles et surtout l’un des plus grands, qu’abrite encore la métropole casablancaise. Deux mondes totalement antagonistes cohabitent, rappelant que la disparité sociale n’est pas une légende, dans un pays où la richesse ostentatoire côtoie insolemment la pauvreté criante. Implanté dans le quartier résidentiel de l’Oasis, à cinq cents mètres du boulevard Abdelmoumen, à la même distance du boulevard Panoramique, ce bidonville résiste depuis des décennies à toutes les tentatives de recasement initiées par les autorités locales de la ville blanche.