Les locaux dévastés et à demi calcinés du Centre de Rétention Administrative (CRA) de Vincennes donnent d’abord l’image d’une pitoyable révolte pénitentiaire qui interpelle la société française. Or le bâtiment, malgré ses barbelés, ses projecteurs et ses caméras de surveillance n’aurait jamais du être une prison. Sa fonction première était de « retenir » des étrangers qui ont cru à tort trouver un asile en France, des immigrés qui, pour certains, n’ont commis aucun délit mais sont « irréguliers », c’est-à-dire sans papiers, en attente d’expulsion.