Des bonbonnes de gaz bannies en France, écoulées au Maroc

Après les péripéties des chauffe-eau chinois, voici le premier épisode des vieilles bonbonnes de gaz françaises. Shell du Maroc en a importé 5357, le 9 octobre 2007. Certaines auraient 38 ans d’âge. Prix de l’unité : 1 euro. Prix de revente au Maroc : entre 280 et 300 DH.

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4 août 2008- par Bladi.net

Entretien avec William Solliez, directeur général Gaz Shell du Maroc

· Controverse autour d’un lot de bonbonnes usagées

· La firme assure que celles-ci ne représentent aucun risque

  •  L’Economiste : A ce jour, combien de bouteilles usagées avez-vous importées de France, combien comptez-vous en importer à l’avenir et sous quelle échéance ?
  •  William Solliez : Le 9 octobre 2007, Shell du Maroc a importé 5.357 bouteilles de gaz de type BD 12 kg de chez sa consœur française Shell France à travers sa filiale gaz « Butagaz France » dans le cadre d’une opération limitée dans le temps et dans le nombre. Ces bouteilles de gaz, identiques à celles utilisées au Maroc par la majorité des sociétés de distribution de gaz, y compris Shell, sont encore en état de fonctionnement et d’utilisation en France et n’ont donc de ce fait jamais été réformées ou bannies du marché français. Toutes ces bouteilles ont reçu les attestations de conformité à la loi marocaine par deux organismes de contrôle indépendants et agréés par le ministère de l’Energie et des Mines et le ministère de l’Industrie. A ce jour, Shell du Maroc a importé 11.127 bouteilles, les importations futures font l’objet d’une stratégie qui ne peut être communiquée aujourd’hui dans un environnement complexe.
  •  Quelle est la moyenne d’âge de ces bouteilles ?
  •  Conformément à la loi marocaine et notamment l’article du 11 mai 2007, publié dans le bulletin officiel du 16 août 2007, qui fixe la durée de vie des bouteilles de gaz de 12 kg à 40 ans, nous avons importé un lot d’une moyenne d’âge de 30 ans et d’un maximum d’âge de 35 ans. Comme cité précédemment, ces bouteilles sont totalement conformes à la législation et ne présentent aucun risque pour le consommateur.
  •  Est-il vrai que vous avez quitté Sofrenor, dans laquelle Shell du Maroc était actionnaire majoritaire, pour vous tourner vers l’importation de bouteilles usagées plutôt que la fabrication ?
  •  La société Shell du Maroc a conclu le 04 juillet 2008 la cession de sa participation dans Sofrenor, société de fabrication de bouteilles de gaz située à Nador. Shell du Maroc a par ailleurs renouvelé, jusqu’au 31 mars 2011, son contrat commercial d’acquisition de bouteilles neuves avec Sofrenor. Cette transaction correspond à la stratégie de Shell « more upstream, profitable downstream », via une gestion active de ses activités. La fabrication des bouteilles de gaz ne faisant pas partie du cœur des activités de Shell, cette vente va permettre à Shell du Maroc de concentrer ses efforts sur ses activités stratégiques. Cette cession n’est donc en aucun cas liée à cette opération d’importation de bouteilles.
  •  Pourquoi, 9 mois après, le ministère de l’Energie ne vous a-t-il toujours pas accordé l’autorisation nécessaire pour la commercialisation de ces articles ?
  •  Le dossier suit son cours normal et habituel. Un dossier complet avec toute la documentation requise a été remis dernièrement au département concerné du ministère de l’Energie et des Mines. En aucun cas nous ne pouvons parler de blocage à ce niveau-là.

    Propos recueillis par Hassan EL ARIF