"Nous éprouvons un profond sentiment de tristesse et de révolte". Laïd Selmi est le président de l'Association des musulmans de Picardie, qui gère le centre culturel musulman d'Amiens ravagé ce week-end par les flammes. Et selon lui, comme selon les enquêteurs, l'hypothèse la plus probable est celle d'un incendie criminel.
Le feu s'est déclaré dimanche, peu après 1 heure du matin, à trois endroits différents, selon le parquet d'Amiens. Il a en grande partie détruit un bureau du rez-de-chaussée, touché les escaliers et endommagé la salle de prière du premier étage où le prêchoir a été détruit par les flammes, a confié Laïd Selmi. Des témoins ont rapidement donné l'alerte, permettant aux pompiers de maîtriser l'incendie avant qu'il ne détruise le bâtiment, situé dans le quartier sensible d'Amiens Nord.
Après le sinistre, Laïd Selmi avoue son incompréhension : "C'est un centre qui est fréquenté par des jeunes, des femmes, on s'occupe de soutien scolaire, de l'enseignement de l'arabe et d'activités sportives". Avouant être "très choqué", l'imam Saïd Kamli a pour sa part relevé que depuis sa création en 1994, le centre culturel n'a "jamais, jamais eu un problème de voisinage". "Nous vivons cela comme une agression grave. Il ne faut pas que ce genre d'acte soit impunis", a-t-il affirmé.
