Maroc, une seule Nation, des composantes Nicolas Sarkozy, Président de la République française a des origines hongroises. Pour la première fois, lors d’une élection, une personnalité et un individu ont pris le pas sur les racines d’un homme. Qu’est ce qu’être Français aujourd’hui? Vraisemblablement, une individualité avec son histoire, mais aussi son présent. Cette problématique identitaire semble être une question importante tant les véhémences sont nombreuses. La marocanité a subi ces derniers temps, nombres d’explications, mais en a-t-elle réellement besoin?
Le poids de l’histoire
Une Nation se forme et se construit par son histoire. Au Maroc, les premières traces archéologiques remontent au XIIème siècle avant J.C. Venus du Moyen-Orient, Les Phéniciens y fondèrent les premières colonies. Déjà un royaume berbère existait, mais il fut rapidement annexé par l’invasion romaine. La synthèse de la civilisation berbère et phénicienne donna naissance, vers 450 av J.C. à une civilisation dite Maurétanienne … La richesse nouvelle attira des migrants venus principalement d’Espagne et de la région de Carthage. Mais, au cours du IIIème siècle, une crise secoua l’empire. L’occident romain vécu et avec lui la province de Maurétanie. Puis vint le temps de l’Islam avec la venue d’un homme du Moyen-Orient, Idriss Ibn Abdellah. Les populations étaient alors en majorité polythéistes, mais des communautés juives ou chrétiennes venues essentiellement d’Andalousie complétaient cette peuplade. L’islamisation prit jusqu’à un demi-siècle de conquête (de 647 JC à 710 JC). De nombreuses conversions eurent lieu mais dés les premiers temps les Awraba puis d’autres tribus berbères lui accordèrent sa souveraineté. Ayant réuni sous sa gouverne les principaux chefs locaux, il fonda la première dynastie musulmane marocaine en 788, les Idrissides. Se succédèrent ensuite, les Omeyyades, les Almoravides, les Almohades, les Mérinides, les Saadiens puis les Alaouites. Et Fès, Marrakech puis Rabat devinrent des capitales. Au gré des règnes, les migrations arrivèrent de l’Afrique de l’Ouest, de l’Espagne et de l’actuelle Algérie. Déjà, les gouvernances centralisées et autres alliances abandonnèrent rapidement les notions de tribus au profit d’un Etat-Nation aux frontières déterminées.
Une Marocanité simple
Les premières édifications remontèrent donc au XIIème av J.C. et se firent au gré des différents règnes. Aussi, chaque dynastie apporta sa spécificité. Une spécificité qui ne fit pas de distinctions mais qui au contraire construisit un Etat, une marocanité. Des berbères, des arabes, des andalous, des africains de l’ouest et autres ont toujours été les composantes de notre Nation. Etre un peuple d’histoire, avoir une culture singulière et des traditions diverses, pouvoir choisir une politique, voilà ce qui a bâti le Maroc. Sociologiquement donc, notre société est incontestablement le fruit d’un brassage né de flux migratoires, de conversions, et autres résultantes édifiées lors des filiations successives. Une typicité qui nous est propre et que certains voudraient aujourd’hui voire différentes. Un constant retour au passé, comme pour affirmer des différences. Parce que la diversité est le creuset d’une nation, il est normal que des coutumes perdurent mais il est toute aussi indispensable qu’elle soit véhiculée autour d’une marocanité simple à définir. Au gré de notre histoire, est-il nécessaire qu’aujourd’hui l’analyse ethnologique de notre pays se fasse par les origines ? Réellement, cela apportera t-il quelque chose aux générations futures ? Evidemment, d’aucuns évoqueront le fait qu’il soit nécessaire de connaître ses racines. L’affirmation est acquise, mais pourquoi en faire un fer de lance ? Cela érige-t-il un futur ? Probablement non, parce qu’à l’évidence la personnalité sert de joug à toute construction, et l’affirmation de soi passe par la connaissance. L’éducation voilà ce qui assure le développement d’une Nation. A l’heure de la mondialisation, permettre à nos adultes de demain d’être compétitif sur le plan international est indispensable. L’Union Européenne aujourd’hui, l’Union de la Méditerranée demain et des différences qui progressivement s’estomperont. Les langues deviennent le trait d’union entre différents pays, parler l’anglais ou l’espagnol est nécessaire. Alors la logique qui voudrait faire des langues régionales, des langues de demain parait présomptueuse. Oui, on doit les connaître mais comme second levier. Le Maroc a son histoire et un passé qu’il l’a construit. Aujourd’hui il serait plus adéquat de s’orienter dans une dialectique d’ouverture parce qu’inévitablement les problématiques de réussite ont changé. Rester figer, n’apportera pas grand chose. |