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| Association des marocains d’Algérie (AMA) Pour comprendre l’AMA et ses objectifs, il est indispensable de retracer brièvement l’histoire de la communauté marocaine d’Algérie. La communauté marocaine en Algérie est la plus ancienne des communautés de ce pays ; de ce fait beaucoup de ces familles ont perdu au fil des générations tout lien avec leur pays d’origine, le Maroc. En outre les mariages mixtes sont venus fondre cette communauté dans la société Algérienne. L’indépendance de l’Algérie a eu pour effet de plonger les familles d’origine marocaine dans l’ostracisme et l’exclusion aggravés par les multiples conflits Algéro/Marocains dont le premier remonte à Octobre 1963. Ce conflit appelé ‘la guerre des sables’ a été déclenché suite au refus des pouvoir publics algériens d’honorer leur engagement pris avec le Maroc concernant la modification des frontières au profit de ce dernier. Le conflit armé n’a duré que quelques jours avant de prendre fin sur un statut quo, mais ses retombées sur les marocains d’Algérie ont été importantes. En 1963, des centaines de familles ont été expulsées vers le Maroc et spoliées de leurs biens. Ces familles se sont retrouvées complètement démunies dans un pays inconnu pour la plupart d’entre elles, et où elles ont été livrées à elles-mêmes. Aucune structure d’accueil n’a été mise en place au Maroc excepté des tentes dressées a cet effet pour l’hébergement et quelques vivres distribués les premiers jours de leur arrivée. Ces expulsions ont été occultées d’un côté comme de l’autre. Les expulsions les plus douloureuses ont été celles des familles mixtes qui ont été dépecées selon une règle aussi simpliste qu’ignoble: les enfants suivaient toujours le père. Lorsque ce dernier était marocain, il était expulsés avec les enfants considérés marocains au même titre que leur père. La mère restait en Algérie. Lorsque c’était la mère qui était marocaine, elle était expulsée seule. Car elle seule était étrangère. Le Maroc a dénoncé timidement ces expulsions. Malgré des accords de paix signés, les relations sont restées tendues entre les deux pays. Après 1963 et jusqu’à 1969, d’autres expulsions ont eu lieu mais moins importantes en nombre que la précédente. Elles s’opéraient sur dénonciation ou règlement de compte. Là, également, les familles n’avaient le droit d’emporter que les vêtements qu’elles portaient sur elles. Le conflit de 1975 concernant le Sahara occidental a été le plus dramatique pour la communauté marocaine d’Algérie. En décembre 1975 alors que les 2 pays étaient au bord de l’affrontement militaire, des milliers de familles d’origines marocaines ont été déportées manu militari, à la frontière. La chasse aux marocains a été déclenchée un jour de fête( Aïd du mouton). Ce jour là, la police algérienne a fait irruption dans des familles marocaines qui fêtaient paisiblement l’aïd pour les arracher de chez elles et les déporter au Maroc où beaucoup ne connaissaient personne. Les couples mixtes étaient éclatés selon la règle précitée. La chasse aux marocains (et marocaines) était ouverte partout. Ces derniers étaient enlevés dans leurs lieux de travail, dans la rue, et même dans les lycées car la déportation a été aussi inhumaine que désordonnée. Des adolescents et adolescentes enlevés des collèges et lycées se sont trouvés déportés seuls dans la foulée sans leur parents restés en Algérie. Les déportations ont été accompagnées de violences et de maltraitances dont les victimes gardent encore les séquelles. Cette tragédie humaine, a été également, à l’instar des précédentes , gardée sous silence. Le gouvernement marocain n’en a parlé que brièvement et timidement alors que des milliers de familles privées de leurs proches, de leurs enfants , de leur parents se trouvaient sous des tentes à Oujda. Livrés à eux même ou presque, certains déportés (surtout les hommes) ont mis le cap sur l’étranger ( Europe), d’autres , les plus courageux ont regagné leur chez eux, en Algérie, clandestinement. Je dis ‘les plus courageux ’ car la frontière étant surveillée militairement, conflit oblige, ils ont risqué leur vie. La communauté marocaine d’Algérie bien que très bien intégrée et même confondue dans ce pays était repérable et distinguée de la société algérienne à cause de la mention SNP ( sans nom patronyme) apposée, sur leur cartes d’identités, par les autorités françaises de la colonisation . Ce signe distinctif reconduit par les autorités algériennes de l’indépendance a été vécu par cette communauté comme une stigmatisation. Ce qui a poussé certains à assimiler cette mention à l’ ’étoile de David’ des marocains . Après 30 ans de silence aussi insupportable qu’inexplicable, sur les déportations arbitraires, les dépossessions des biens, les départs forcés pour cause d’exclusion et de demandes de nationalité déboutées, 2 associations ont vu le jour: - Association de défense des marocains expulsés d’Algérie ( ADMEA). Cette association créée à Nador (Maroc) réclame la réparation matérielle des préjudices subis par les victimes des expulsions. -Association des marocains d’Algérie (AMA) dont je suis le président a été créée quant à elle pour : - porter au grand jour une page noire de l’histoire du Maghreb gardée trop longtemps à l’ombre. pour cela notre travail consiste à prendre contacte avec les déportés, rassembler et confronter les témoignages pour la reconstitution des faits . - créer un espace de rencontre et de communications pour toutes ces victimes. - attirer l’attention des responsables sur les conséquences du conflit du Sahara sur la population civile (séparation de familles suite à la fermeture de la frontière depuis 1994) L’AMA projette d’entreprendre les actions suivantes: 1-Auprès de Algérie Soutenir l’action de l’ADMEA pour la réparation morale et matérielle des préjudices subies par les expulsés. Emmener l’Algérie à se prononcer sur toutes les violences commises sur des civiles en représailles d’un conflit politique 2-Auprès du Maroc Demander à ce pays de donner à ce drame toute la dimension qu’il mérite en œuvrant politiquement pour la restitution de leur biens spoliés et de reconnaître les expulsés comme des victimes d’un conflit politique et agir en conséquence 3- Auprès de la France Solliciter le gouvernement de ce pays à faciliter aux marocains d’Algérie natifs de ce pays avant l’indépendance l’obtention de la nationalité française. Vu que ces derniers n’ont pas eu accès à la nationalité algérienne à l’indépendance de ce pays, ils n’ont donc pas perdu la nationalité française dont ils étaient détenteurs avant 1962. De ce fait ils demeurent français conformément à l’ordonnance de 1945. Notre forum de mémoire: http://marocains-d-algerie.niceboard.com Notre site de l'AMA: http://associationdesmarocainsdalgerie.blog4ever.com/ Venez vous inscrire pour nous soutenir. |
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