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#1
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| Ne l’oublie jamais Viens, écoute, assieds-toi près de moi. J’aurais tellement aimé te raconter des histoires. Pour te faire oublier ou pour te rappeler. Des histoires de femmes et d’hommes qui cherchent, qui se blessent, qui se perdent. Qui trouvent. Assieds-toi, je t’en prie. Regarde au loin, dans ma direction. Là-bas, très loin. Vois-tu le soleil ? Devines-tu la pluie de ses rayons qui offre tant de chaleur sans jamais sécher de larmes ? Apprends-moi. Apprends-moi à t’apprendre. Je t’en prie. Ne dis rien. Tu n’as pas besoin de dire. Dis-moi. Ton silence, ton regard, ta lumière. C’est vrai ? Il te parle ? L’entends-tu ? Vois-tu Ses signes ? Les comprends-tu ? Toujours ? Tu vois, mes questions parlent pour toi. J’aime tes réponses. J’aime ta présence. Tu Lui parleras de moi, n’est-ce pas ? Tu prieras ? Pour moi ? Tout près, s’il te plaît. J’apprends, tu sais. Les apparences sont trompeuses. Vraiment. Vraiment, vraiment ! Souviens-toi de cet ermite qui revint à la source de sa quête. Suis-je déjà en route ? Es-tu sur ma route ? Dis... as-tu une route, une voie, un chemin, un sentier ? M’entends-tu ? Là, tout tout près. Tu es un cadeau. Un si beau cadeau. Un signe. Sur ma route. Regarde au loin, regarde-moi. Sommes-nous deux ? Nous sommes deux, nous sommes à Dieu. Je t’ai raconté une histoire, je t’ai parlé du soleil, de sa chaleur. Je t’ai parlé d’amour aussi. J’apprends. C’est difficile. Tu es là, j’aime ta présence. S’il te plaît, regarde au loin. Entends-moi, tout près. Je t’aime. Ne l’oublie jamais. mercredi 29 mars 2006, par Tariq Ramadan |
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#2
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| Tu m’avais demandé Les yeux emportés par la mer, J’entends ton amour, tes appels, ta sagesse. La voix de ta tendresse... Tu m’avais demandé quelques vers, quelques mots. Pour reposer ton cœur, pour apaiser tes maux. De la beauté, belle, à lire et à méditer. Je t’écris ces confidences du pays des amants, Bercé par la mer, et triste est ton enfant Les yeux vers l’horizon. Je prie l’Infini comme Il me l’a appris : Couvre-la de Ta bonté, de Ta grâce, de Ta miséricorde. Protège-la, aime-la. Tendrement, infiniment. Tu m’avais demandé quelques vers, quelques mots. Pour reposer ton cœur, pour apaiser tes maux. De la beauté, belle, à lire et à méditer. Je t’écris ces confidences du pays des amants. Bercé par la mer, et triste est ton enfant La mer est à la mère, comme la mort à l’amour Un destin du passé, la liberté qui sourd Tu m’avais demandé quelques vers, quelques mots. Pour reposer ton cœur, pour apaiser tes maux. De la beauté, belle, à lire et à emporter. Je t’écris ces confidences du pays des amants. Bercé par la mer, et triste est ton enfant Je prie. Je t’aime Mes larmes, mon innocence Tu m’avais demandé quelques vers, quelques mots. Pour reposer ton cœur, pour apaiser tes maux. De la beauté, belle, à lire et à emporter. Je t’écris ces confidences du pays des amants. Bercé par la mer, et triste est ton enfant Si avant toi je quittais ce monde encombrant Je sais que tes prières berceraient le passant Tu m’avais demandé quelques vers, quelques mots. Pour reposer ton cœur, pour apaiser tes maux. Je t’écris ces confidences du pays des amants. Bercé par la mer, et triste est ton enfant Et si tu partais avant que sonne mon heure Mes larmes témoigneraient la pureté de ton coeur Je prie. Je t’aime Nos larmes, notre innocence Je t’écris ces confidences du pays des amants. Bercé par la mer, et triste est ton enfant Et soudain un sourire. La force de mon amour Face à la mer. Contre la marée et le vent Prie, ma mère, prie pour ton enfant ! mardi 2 janvier 2007, par Tariq Ramadan |
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#3
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| Réveille-toi Réveille-toi...il est l’heure. Le plus dangereux des sommeils est celui dont tu n’es plus conscient. L’habitude est un soporifique. Aux effets lourds, intenses, efficaces. Réveille-toi ! Parfois des accès de lucidité t’ébranlent mais tu finis très souvent par trouver une justification à ta fatigue entretenue : tes propres manques, tes défauts, ton difficile passé, la somme "incalculable" de tes péchés d’hier ou d’aujourd’hui, ou encore tes soeurs et tes frères, cette "communauté" qui n’en finit pas de se déchirer et de te décevoir. A quoi bon ? A quoi bon te réveiller, résister, t’engager, lutter alors que tu te sens si perdu ? A quoi bon te défendre quand tant d’êtres humains semblent t’avoir condamné...toi ou ta communauté. S’éloigner, s’asseoir ou se coucher est l’issue de qui ne se sent plus la force de témoigner. Ma soeur, mon frère, si tous les hommes de la terre t’avaient condamné(e) à cause d’un défaut de l’apparence ou pour le pire des crimes, pour un détail ou encore une "inexcusable" faute...et bien, sache que Dieu saurait encore t’accompagner, t’écouter et te pardonner. Il est près de toi, de tes efforts, de tes espoirs, de ton humanité. Il est le Rapproché qui dispense la force, l’énergie et l’espoir quand tous, jusqu’à toi-même, pourraient vouloir t’annihiler. Retrouve les chemins de la Lumière. Réveille-toi...revenir à l’essentiel c’est l’espace de sa foi, de son affection et de ses sentiments. Fais-toi un cadeau, un seul, pour la vie : offre-toi l’exigence de la lucidité. Pas simple, peu aisé. Difficile, en effet, le premier matin de ce réveil...quand les doutes t’assaillent, quand tu ne sais plus ce que tu peux ni ce que tu vaux, quand la tâche parait si énorme et si impossible, quand tu constates, autour de toi, tant de douleurs, tant d’injustices. C’est le premier défi, la première épreuve. Ton premier ennemi est ta propre négligence. Tu t’es habitué à laisser aller, sans attention ni maîtrise, ton temps, tes affaires, tes paroles, ton intimité. Tu dors...éveillé, et comme tu n’es pas seul(e), tu te sens très normal(e), bien guidé(e). Première résistance : réveille-toi et reprends possession de ton coeur, aménage ton temps, donne un espace à ta mémoire, fais face à tes doutes, construis et approfondis tes connaissances. Tous les jours, chaque jour. Réveille-toi, respecte-toi...pour mieux nous respecter, nous tous, tes soeurs, tes frères, en Dieu et en humanité. Il faut continuer. Le dépôt que tu portes, les cieux, la terre et les montagnes l’ont refusé et en ont eu peur. La responsabilité est lourde mais la confiance en Dieu donne la force et l’énergie à celle et à celui qui sont déterminés. Sois lucide et exigeant dans ta vie privée, tu sauras être généreux et libre avec l’humanité. Les défis sont nombreux et il faut t’engager, discuter, résister, réformer. Refuse la superficialité, les caricatures, le rejet, l’exclusion, la marginalité. Résiste à tous les pouvoirs arbitraires, celui de l’image qui peut te tromper, comme celui des fausses libertés qui lentement colonisent ton esprit et ton intimité. Apprends à dire " non ! " devant l’inacceptable, apprends à te lever même si tous ont plié. Sois de ceux dont on aime la chaleur...autant que l’on peut redouter leur parole de vérité face à le tyrannie, au mensonge, à l’injustice, à la duplicité. Apprends le sacrifice, le don, la responsabilité : dialogue avec le Très-haut, et deviens la voix de qui n’a plus de voix, le coeur près des êtres qui cherchent la chaleur, l’avocat de tous les oubliés, la conscience des logiques sans conscience. Réveille-toi ! La foi est ta liberté, la justice ta responsabilité. Du plus profond amour naît la plus intense des exigences vis-à-vis de Dieu, de ton coeur et des êtres humains. Réveille-toi...mais n’oublie pas de rêver, les yeux ouverts, le coeur éveillé. Sans fuir, avec dignité. lundi 14 février 2005, par Tariq Ramadan |
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