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· Des Algériens prospectent le marché marocain · Un marché maghrébin pour développer l’autre face de l’UMA · La semaine de l’Algérie démarre aujourd’hui COMMENT stimuler les relations économiques entre le Maroc et l’Algérie? La question est d’actualité, même si elle est écrasée par les tensions politiques (cf. www.leconomiste.com). Aujourd’hui, les investisseurs des deux pays veulent faire du business indépendamment des différends politiques. En effet, les analystes s’accordent à dire que la réconciliation entre les deux voisins maghrébins et limitrophes passe d’abord par un rapprochement économique et ensuite politique. Les investisseurs l’ont bien compris mais ont les mains liées. Entrepreneurs marocains et algériens sont optimistes quant à l’avenir des relations d’affaires. Il est vrai que les échanges ont toujours existé entre les deux pays (accentués par un flux aux frontières orientales) mais ils sont surtout le fruit d’initiatives individuelles. Ainsi, pour booster l’économie entre les deux pays, Algériens et Marocains sont invités à saisir toutes les opportunités qui se présenteront à l’occasion de la semaine de l’Algérie prévue du 26 juin au 1er juillet à la Foire internationale de Casablanca. Depuis le démarrage de l’opération en 2006, les promoteurs du projet oeuvrent d’arrache-pied pour mener à bien leur mission. Celle-ci a nécessité un budget conséquent, mais il ne sera pas communiqué. De même, les organisateurs ont distribué des dizaines de milliers d’invitations au profit de tous les opérateurs potentiels. «La délégation algérienne regroupe quelque 80 entreprises-exposantes dont 34 institutions et organismes du secteur public», indique Ali Farrah, directeur de l’expansion commerciale de la Société algérienne des foires et exportations (SAFEX). Cette dernière organise la participation algérienne aux foires à l’étranger selon un programme arrêté par le ministère du Commerce algérien. Elle est aussi propriétaire du Palais des expositions, Pins maritimes, d’Alger. «Contribuer au rapprochement des deux pays et offrir des opportunités d’affaires et de partenariat aux opérateurs algériens et marocains», tel est l’objectif de cet événement, note Farrah. Parmi les secteurs d’activité représentés: l’électroménager, l’électricité, l’agroalimentaire, la chimie et pharmaceutique, l’artisanat, le tourisme, le textile, l’emballage, les travaux publics, les grands travaux et bâtiment ainsi que les services… Une centaine d’opérateurs algériens se rendront à cette occasion à Casablanca pour signer des contrats de partenariats avec leurs homologues marocains, précisent les organisateurs. Certains d’entre eux ont eu l’opportunité de nouer des contacts d’affaires à l’occasion de la participation du Maroc à la 40e Foire internationale d’Alger qui s’est tenue du 2 au 7 juin dernier. Les organisateurs ont prévu à cet effet des rencontres B to B dans le menu du programme de la semaine de l’Algérie, avec en toile de fond des discussions entre managers des deux pays. «Nous souhaitons sceller des contacts entre maghrébins qui proposent des produits de qualité et qui n’ont rien à envier à ceux des pays de l’Europe, notamment», souligne Farrah. «Il faut booster les échanges commerciaux maghrébins dont la dynamique serait un début de parade contre les produits asiatiques», renchérit Mohamed Bakalem, directeur financier et comptable de Safex. L’idée est de permettre à l’UMA commerciale d’exister et aux produits maghrébins de se faire une place, aussi petite soit elle sur l’échiquier mondial. Histoire de dire à la Chine que nos produits existent aussi. Mais sans prétention aucune, puisque la Chine, de plus en plus présente en Afrique, est en passe de supplanter les partenaires commerciaux traditionnels du Maroc et de l’Algérie, selon les professionnels. Avec 3,54 milliards de DH d’exportations vers le Maroc, la Chine occupe la troisième place des fournisseurs du Royaume derrière l’Espagne (environ 6 milliards de DH) et la France (8,8 milliards), selon des statistiques de l’Office des changes. Le Maroc, pour sa part, n’a exporté vers la Chine, durant le premier trimestre de l’année en cours, que 590,7 millions de dirhams. De son côté, l’Algérie fait le même constat. «La Chine est devenue le troisième fournisseur du pays, avec un montant de 1,41 milliard de DH en mai 2007, en hausse de 13,2% par rapport à la même période de 2006», selon la direction des douanes. Foire maghrébine L’ECONOMIE maghrébine en force. C’est dans cet esprit que Safex souhaite organiser une foire regroupant l’ensemble des pays membres de l’UMA. Le lieu et la date seront annoncés à l’occasion de l’ouverture de la semaine de l’Algérie. Un protocole d’accord sera signé à cette occasion. Cette idée a germé lors de la tenue de réunions d’organisateurs de foires (Maroc, Libye, Tunisie, Algérie et Nouakchott) lors de la dernière foire d’Alger, soulève Ali Farrah. D’autres projets sont en cours, à savoir l’organisation des foires et expositions maghrébines en Europe, en Asie ou encore dans le Golfe… Rendez-vous est pris aussi du 7 au 12 juin 2008 à la Foire d’Alger où une quarantaine de participants et 2000 exposants sont annoncés. Fatim-Zahra TOHRY |
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Les échanges existent mais ils sont dérisoires · A peine 3,37 milliards de DH d’échanges en 2005 «Les échanges commerciaux entre le Maroc et l’Algérie sont là, reste à les activer et surtout les réglementer», indique Ali Farrah, directeur de l’expansion commerciale de la Société algérienne des foires et exportations (Safex-SPA-Diprest). Mais qu’échange-t-on avec l’Algérie? Très peu, à en croire les diverses statistiques. «Les échanges commerciaux entre l’Algérie et les autres régions restent toujours marqués par des faibles proportions», relève-t-on du site de la direction générale des douanes, présentant les statistiques du commerce extérieur en Algérie pour le 1er trimestre 2007. C’est le cas du Maroc qui n’est pas, disons-le, un des principaux partenaires commerciaux de l’Algérie. Pour le trimestre 2007, le Royaume figure en queue de liste des principaux clients de l’Algérie avec 705 millions de DH. L’évolution du 1er trimestre 2006-2007 est de –11,46%. En 2006, le Maroc était aussi mal classé avec 3,2 milliards de DH (l’évolution est de 27,63 entre 2005 et 2006). Et vice versa. L’Algérie n’est pas non plus un des meilleurs clients du Maroc avec seulement 456 millions de DH en 2006 contre 415 millions de DH en 2005, selon les statistiques du CMPE (Centre marocain de promotion des exportations). A noter que les échanges entre les deux pays ont atteint 3,37 milliards de DH en 2005. En dépit d’une hausse de 18% par rapport à 1996, ce volume est dérisoire au regard des potentialités qui existent des deux côtés des frontières, est-il indiqué. En 2004, l’Algérie a exporté vers le Maroc l’équivalent de 1,7 milliard de DH (70% d’hydrocarbures) et a importé pour 1,6 milliard de DH d’acide phosphorique, de médicaments, de parfums et de plomb. «Les hommes d’affaires souhaitent hâter le développement des échanges et des investissements entre leur deux pays et tenter d’enrayer le poids de l’informel qui plombe leurs économies à la frontière », renchérit l’organisateur de la semaine de l’Algérie à Casablanca. Nos autres voisins ne font pas mieux en matière des échanges. En effet, le volume avec les pays du Maghreb (UMA) a enregistré une diminution par rapport au 1er trimestre 2006 en passant de 1,5 milliard à 1,3 milliard de DH, d’après le site algérien. Les pays arabes (hors UMA), quant à eux, ont enregistré une légère hausse par rapport au premier trimestre 2006. Le volume global des échanges commerciaux avec ces pays est passé de 2,7 milliards à 2,8 milliards de DH soit une augmentation de 0,89%. Tenace contrebande La frontière est le lieu d’une contrebande des plus diversifiées: carburants, mais aussi produits alimentaires, pièces automobiles ou encore médicaments. Les chiffres sont plus que parlants. 70% de l’économie de l’Oriental sont plombés par la contrebande qui représente un chiffre d’affaires moyen de 6 milliards de DH par an. A noter que 6.000 personnes vivent de cette activité qui engendre un manque à gagner de 32.400 emplois pour la région. La contrebande est très florissante des zones frontalières: Oued Berkane, Nador, Oujda, Figuig... Les opérateurs des deux côtés de la frontière sont pénalisés par ce commerce illégal. Cette contrebande représente 7 à 10 fois les échanges commerciaux (1,4 à 2 milliards de dollars), selon une étude des services de la ville d’Oujda. F. Z. T. |
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