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  #1  
Vieux 12/11/2003, 12h52
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Par défaut Tarik Ramadan : Critique des (nouveaux) intellectuels communautaires

Citation:
[size=12][color=003399]
Assalamo Aleikoum wa Ra7hamato Allahi Wa Brakatoh!

voici l´article originale du monsieur Tarik Ramadan publier ce dérnier Octobor est que certains journale on rufuser du publier comme le monde Critique des (nouveaux) intellectuels communautaires

et aprés je vais publier aussi la version arabe d´un article sur le même sujet !

comme ca on peux lire et savoir plus sur ces idées et on paurais bien discuter ces idéees et laisser ca person tranquille

Wa Allah A3lam !
je vous souhaite une trés bon lecteure :-):rose: !


Wa Salamo Aleikoum Wa R7ahamato Allahi Wa Braktoh
yours Ibno_Khaldoun
..::: :saws: ::...

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[size=21]Critique des (nouveaux) intellectuels communautaires [/size] [size=12] 2 octobre 2003


par Tariq Ramadan

La rentrée est agitée. On ne compte plus les livres traitant de l'antisémitisme ou du sionisme. Pour les uns, il existerait un nouvelantisémitisme parmi les jeunes français d'origine immigrée (arabes et musulmans) ou dans les rangs du mouvement altermondialiste qui le dissimuleraient derrière leur critique du sionisme et de l'Etat d'Israël. En face, on dénonce « Un intolérable chantage » à la judéophobie.



Force est de constater, en amont de ce débat, un phénomène qui brouille les données. Depuis quelques années (avant même la seconde intifada), des intellectuels juifs français que l'on avait jusqu'alors considérés comme des penseurs universalistes ont commencé, sur le plan national comme international, à développer des analyses de plus en plus orientées par un souci communautaire qui tend à relativiser la défense des principes universels d'égalité ou de justice.

Les travaux de Pierre-André Taguieff sont très révélateurs. Son pamphlet La nouvelle judéophobie est le prototype d'une réflexion « savante » faisant fi des critères scientifiques. Le sociologue s'est mué en défenseur d'une communauté en danger dont le nouvel ennemi réel ou potentiel est l'Arabe, le musulman, fusse-t-il français. On ne trouve pas ici de mise en perspective fondée sur une analyse critique de la politique sociale de l'Etat, des réalités de la banlieue ou même de la scène internationale. La conclusion est limpide : la communauté juive de France ferait face au nouveau danger que représente cette nouvelle population d'origine maghrébine qui, de concert avec l'extrême gauche, banaliserait la judéophobie et la justifierait par une critique très retors d'Israël et un « antisionisme absolu ». C'est surtout Alain Finkielkraut qui excelle dans le genre : on savait le penseur impliqué dans les grands débats sociaux mais voilà que l' horizon se réduit et que le philosophe est devenu un intellectuel communautaire. Son dernier ouvrage Au nom de l'Autre, réflexions sur l' antisémitisme qui vient se présente comme une attaque sans nuance de toutes les dérives antisémites (altermondialistes, immigrées ou médiatiques). Alain Finkielkraut verse dans tous les excès sans être gêné de soutenir Sharon. Le débat n'est plus fondé sur des principes universels et même s'il prétend être lié à la tradition européenne commune, sa prise de position révèle une attitude communautariste qui fausse les termes du débat, en France comme au sujet de la Palestine. Sa dénonciation du « culte de l'Autre » ne cesse, en miroir, d'exacerber le sentiment d'altérité du juif-victime et le mur de la honte devient « une simple clôture de sécurité » qu'Israël construit à contre cour. Juifs ou sionistes (ceux qui font la différence sont antisémites) ne seront jamais des victimes ou des oppresseurs comme les autres.

Alexandre Adler avait témoigné, au côté de Finkielkraut, dans le procès surréaliste intenté au journaliste Daniel Mermet. On pouvait s'étonner. L' analyse attentive de ses écrits nous éclaire néanmoins. La lecture du monde qu'il nous propose se comprend surtout au regard de son attachement à Israël. Il ne s'en cache pas et dans l'ouvrage collectif Le sionisme expliqué à nos potes il avance qu'il « devient de plus en plus inenvisageable de concevoir une identité juive qui ne comporterait pas une composante sioniste forte »[1] et plus loin : « Un équilibre va s'instaurer entre diaspora et appartenance israélienne, autour duquel le nouveau judaïsme va se développer »[2]. On relèvera le mélange de genres mais on retiendra la leçon au moment d'analyser ses positions en politique internationale, de même que celles de certains intellectuels juifs français, notamment lorsque Adler rappelle lui-même que les Etats-Unis ont renforcé leur soutien à Israël, lequel a par ailleurs établi une alliance stratégique avec l'Inde.

La récente guerre en Irak a agi comme un révélateur. Des intellectuels aussi différents que Bernard Kouchner, André Glucksman ou Bernard-Henri Lévy, qui avaient pris des positions courageuses en Bosnie, au Rwanda ou en Tchétchénie, ont curieusement soutenu l'intervention américano-britannique en Irak. On a pu se demander pourquoi tant les justifications paraissaient infondées : éliminer un dictateur (pourquoi pas avant ?), pour la démocratisation du pays (pourquoi pas l'Arabie Saoudite ?), etc. Les Etats-Unis ont certes agi au nom de leurs intérêts mais on sait qu'Israël a soutenu l'intervention et que ses conseillers militaires étaient engagés dans les troupes comme l'ont indiqué des journalistes britanniques participant aux opérations (The Independent, 6 juin 2003). On sait aussi que l'architecte de cette opération au sein de l'administration Bush est Paul Wolfowitz, sioniste notoire, qui n'a jamais caché que la chute de Saddam Hussein garantirait une meilleure sécurité à Israël avec des avantages économiques assurés. Dans son livre Ouest contre Ouest, André Glucksman nous livre un plaidoyer colérique pour la guerre qui passe sous un silence très parlant les intérêts israéliens. Bernard-Henri Lévy, défenseur sélectif des grandes causes, critique très peu Israël à qui il ne cesse de témoigner sa « solidarité de juif et de Français »[3]. Sa dernière campagne contre le Pakistan semblait comme sortie de nulle part, presque anachronique. En s' intéressant à l'abominable et inexcusable meurtre de Daniel Pearl, il en profite pour stigmatiser le Pakistan dont l'ennemi, l'Inde, devrait donc naturellement devenir notre ami. Lévy n'est bien sûr pas le maître à penser de Sharon mais son analyse révèle une curieuse similitude quant au moment de son énonciation et à ses visées stratégiques : Sharon vient d'effectuer une visite historique en Inde afin de renforcer la coopération économique et militaire entre les deux pays.

Que ce soit sur le plan intérieur (lutte contre l'antisémitisme) ou sur la scène internationale (défense du sionisme), on assiste à l'émergence d'une nouvelle attitude chez certains intellectuels omniprésents sur la scène médiatique. Il est légitime de se demander quels principes et quels intérêts ils défendent au premier chef ? On perçoit clairement que leur positionnement politique répond à des logiques communautaires, en tant que juifs, ou nationalistes, en tant que défenseurs d'Israël. Disparus les principes universels, le repli identitaire est patent et biaise le débat puisque tous ceux qui osent dénoncer cette attitude sont traités d' antisémites. C'est pourtant sur ce terrain que doit s'engager le dialogue si l'on veut éviter le choc des communautarismes pervers. S'il faut exiger des intellectuels et acteurs arabes et musulmans qu'ils condamnent, au nom du droit et des valeurs universelles communes, le terrorisme, la violence, l 'antisémitisme et les Etats musulmans dictatoriaux de l'Arabie Saoudite au Pakistan ; on n'en doit pas moins attendre des intellectuels juifs qu'ils dénoncent de façon claire la politique répressive de l'Etat d'Israël, de ses alliances et autres méthodes douteuses et qu'ils soient au premier rang de la lutte contre les discriminations que subissent leurs concitoyens musulmans. On relèvera avec respect le courage de celles et de ceux, juifs (pas forcément altermondialistes ou d'extrême gauche), qui ont décidé de s' insurger contre toutes les injustices et notamment celles qui sont le fait de juifs. Avec les Arabes et les musulmans qui ont la même cohérence, ils sont la lumière et l'espoir de l'avenir parce que celui-ci a plus que jamais besoin de cette exigence et de ce courage.

Tariq Ramadan
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P.S.

[1] Le sionisme expliqué à nos potes , éditions la Martinière, 2003, Paris, p. 241

[2] Le sionisme expliqué à nos potes , éditions la Martinière, 2003, Paris, p. 241

[3] Le sionisme expliqué à nos potes , éditions la Martinière, 2003, Paris, p. 14
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  #2  
Vieux 12/11/2003, 13h24
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Date d'inscription: mars 2003
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Par défaut Tarik Ramadan : Critique des (nouveaux) intellectuels communautaires !!

jazaka allah khair ibno
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  #3  
Vieux 12/11/2003, 14h27
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Par défaut Tarik Ramadan : Critique des (nouveaux) intellectuels communautaires !!

Assalamo Aleikoum Wa Ra7hamato Allahi Wa Brakatoh Akhi Al 3aziz 3alya Elguili :-)!
Citation:
elguili a écrit*:
jazaka allah khair ibno
Iyaya Wa Iyaka wa Jami3 Al Mouslim Kheira AL Jaza2 Incha Allah :rose: !

je vais Incha Allah presenter pour toi ainssi que pour tous les arabophnist une série d´articlt trés interssant Macha Allah écrit en Arabe sur Tariq Ramadan :-) :rose:!

wa salamo aleikoum
yours ibno_Khaldoun
..:: :saws: ::..
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  #4  
Vieux 12/11/2003, 14h31
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Par défaut Tarik Ramadan : Critique des (nouveaux) intellectuels communautaires !!

Tiens, tiens, je me demandais s'il était connu au delà de la musulmanerie francophone. ;-)


Citation:
Ibno_Khaldoun a écrit*:
Assalamo Aleikoum Wa Ra7hamato Allahi Wa Brakatoh Akhi Al 3aziz 3alya Elguili :-)!
Citation:
elguili a écrit*:
jazaka allah khair ibno
Iyaya Wa Iyaka wa Jami3 Al Mouslim Kheira AL Jaza2 Incha Allah :rose: !

je vais Incha Allah presenter pour toi ainssi que pour tous les arabophnist une série d´articlt trés interssant Macha Allah écrit en Arabe sur Tariq Ramadan :-) :rose:!

wa salamo aleikoum
yours ibno_Khaldoun
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  #5  
Vieux 12/11/2003, 14h38
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Par défaut طارق رمضان يعيد مثقفي فرنسا إلى التعددية

Citation:
[size=12][color=003399]
Assalamo Aleikoum wa Ra7hamato Allahi Wa Brakatoh!

Pour aussi la vision du ce pensent nos intellects du monde Arabes et Musulmans sur les idée du Tarik Ramadan voici une série des articles sur le sujet ..:-)


Wa Allah A3lam !
je vous souhaite une trés bon lecteure :-):rose: !


Wa Salamo Aleikoum Wa R7ahamato Allahi Wa Braktoh
yours Ibno_Khaldoun
..::: :saws: ::...

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[size=22]طارق رمضان يعيد مثقفي فرنسا إلى التعددية [/size]

[size=15]
باتريك هاني**


مرة أخرى عاد طارق رمضان -حفيد الإمام حسن البنا وأستاذ الفلسفة في سويسرا- إلى الساحة الفكرية الفرنسية. فبعد أن هاجم في يوليو أنصار العولمة البديلة (أو من يسمون بالمناهضين للعولمة) بسبب عدم انفتاحهم على الإسلام واستبعادهم له من خطاب مناهضة العولمة، يعود طارق رمضان مرة أخرى ليثير العواصف من جديد بهجوم شديد على المثقفين اليهود الفرنسيين يتهمهم فيه بالانكفاء على الذات والبحث عن مصالح طائفتهم عوضا عن القيم العالمية وقيم العدالة والمساواة. وها هو يصبح من جديد محور النقاش، ليؤكد أنه قادر على أن يضع الأنتلجينسيا (المثقفين) الباريسية أمام تناقضاتها.

عندما أعلن المنتدى الاجتماعي الأوربي -الذي ستنعقد دورته في باريس 12-15 نوفمبر الجاري- عن برنامج الموضوعات التي سيناقشها، كتب طارق رمضان مقالة سجالية في يوم الثاني من أكتوبر وجه فيها تهمة "الطائفية" للمثقفين اليهود الفرنسيين وهي صفة -في رأيه- سابقة على أحداث الانتفاضة الفلسطينية وتتخذ عددا من الأشكال مثل: تأييد السياسة الإسرائيلية، الإدانة غير الواضحة (إن وجدت من الأصل) لسياسة شارون، والتشويه المباشر أو غير المباشر لصورة المسلم، حتى لو كان فرنسيا.. إضافة إلى ردود أفعالهم المبالغ فيها في كل حالة يرون فيها عداء للسامية مثلما فعلوا مع الصحفي الفرنسي الشهير دانيال ميرميه صاحب البرنامج الإذاعي المشهور الذي يبحث في بؤس العالم، الذي تعرض لمحاكمة رمزية لا لشيء إلا لأنه انتقد العقيدة الصهيونية في الحلقة التي خصصها عن فلسطين!

ويعتقد طارق رمضان أن المثقف العالمي يتحول صوب الطائفية وذلك في إطار تطور ما يسمى باليهودية الجديدة، كما يسميها الصحفي والكاتب البارز ألكسندر أدلر، والتي تتميز -كما يعتقد أدلر- بالتقريب بين الهوية اليهودية والتوحد مع دولة إسرائيل(1). وهذا -بالتحديد- ما يدينه طارق رمضان دون أن يتخلى عن منهجه الذي يهدف إلى تحرير الحالة الإسلامية في أوربا من تبعيتها للقضايا والانتماءات الشرق أوسطية.

مقال (المفكرون الطائفيون الجدد) ليس أفضل ما كتب طارق رمضان، فهو وإن تضمن أفكارا بالغة الأهمية فإن طرحها كان بحاجة إلى مزيد من التأني وحشد أكثر لأدلة تؤكد أفكاره الجديدة، كما يعيبه الخلط المتسرع بين "المثقفين الطائفيين" وبين "الرجعيين الجدد" المؤيدين للسياسات الأمريكية(2). هكذا فإن الموقف المناوئ لباكستان الذي يتخذه المفكر اليهودي الكبير برنار هنري ليفي صاحب الكتاب الشهير عن اغتيال الصحفي الأمريكي دانيال بيرل، لا يؤدي ولا يعني بالضرورة تأييد التحالف الإستراتيجي بين الهند وإسرائيل كما قد يتصور طارق رمضان الذي أشبعه نقدا. وبالمثل فإن تأييده التدخل الأمريكي البريطاني في العراق لا يمت بصلة من قريب أو من بعيد للانضواء في السياسة الإسرائيلية. كما أن اتخاذ البعض لمواقف طائفية لا ترفع عن أصحابها بالضرورة انتماءهم لقيم إنسانية وعالمية والتي ينزعها عنهم طارق رمضان بشكل قاطع وحاد فيما قد يبدو تناقضا مع إصراره الدائم على تعريف نفسه كمسلم وفي الوقت نفسه ذو قيم واهتمامات عالمية وإنسانية.

[color=990000]وداعا للتمرد [/color]

طارق رمضان مفكر مناضل، ومن هنا تأتي عدم الدقة ومسحة التسرع التي ميزت مقاله. ولكن بعيدا عن المسحة السجالية لمقال رمضان، فإن هذا المثقف السويسري المسلم يقدم فرضية مهمة وإن لم يكن الأول والوحيد الذي يطرحها. هكذا فإن زميلتي بالمركز الفرنسي للدراسات والوثائق الاقتصادية والقانونية والاجتماعية "آن كلير كيربوف" صاحبة الدراسة المهمة عن "دانيال بيبس واليمين المحافظ الأمريكي" تدين "الأفكار الرجعية وغير المتسامحة التي تروجها تلك الشخصيات المنتشرة إعلاميا، والتي تعطي الانتماء الطائفي الأولوية على الانتماء للجمهورية متناسية النظام السياسي الذي تنتمي إليه".(3) وحينما تتعرض كيربوف لمقولات المفكر اليهودي الفرنسي فينكيلكروت، الذي حيا فيها الكاتبة الإيطالية التي هاجمت الإسلام أوريانا فالاتشي باعتبارها كسرت التابو (الصمت)(4) فإن كيربوف تفسر نمو الطائفية الذي يصيب الأنتلجينسيا الفرنسية بما حدث للحياة الثقافية والفكرية الغربية بعد 11 سبتمبر. لقد أطلقت مأساة انفجارات نيويورك العنان لمقولات استطاع التنوير والديمقراطية أن يكبحاها طوال قرنين من الزمان، كما مهدت التربة لكل من يتبنى فكرة صراع الحضارات حتى يتخذ مواقف مبنية على انتمائه اليهودي أو من أجل أن يعيد إلى الحياة أفكارا وتصورات استعمارية كنا نتمنى أنها قد دفنت تماما بعد الاستقلال. ووفقا لكيربوف فقد بدأ هذا الميل في أوساط اليمين المحافظ الأمريكي، ثم انتقل تدريجيا إلى أوربا بما فيها فرنسا بواسطة من يسميهم موريس ماشينو بالرجعيين الجدد(5) مثل آلان فينكيلكروت، جاك جويلار، فيليب سولير وأندريه جلوكسمان، لوك فيري وباسكال بروكنير. وغيرهم من الذين تخلوا عن الثورية والنظرة النقدية. فبعد أن خاب أملهم في الماركسية، وبعد أن رأوا بأنفسهم ما وصل إليه التطبيق الفعلي للاشتراكية، انتقلوا إلى معسكر القبول بالأمر الواقع وسيطروا على الإعلام، وأصبحوا هم "المفكرين"، وشرعوا في الدفاع عن العولمة الليبرالية، عن الولايات المتحدة، كما انخرطوا في تأييد غير مشروط للجنرال شارون وفي دعم كبار الرأسماليين، فانتهوا إلى تقبل السلطة في كل أشكالها وخاصة سلطة الإعلام الكبير.(6)

[color=990000]مدفعية قوية ضد مسلم يثير الجدل[/color]
وفي هذا الإطار تحول مجموعة من المثقفين الفرنسيين إلى التوجه المحافظ والليبرالي الجديد (تأييد الخصخصة، والانسحاب التام للدولة، والاعتماد الكامل على آلية السوق...) سيصبح طارق رمضان ضحية لهؤلاء المحافظين الجدد الذين يفتقدون قضية يدافعون عنها ويخلطون بين الدفاع عن قضية وبين الفضيحة! فعلى الرغم من أن رمضان ليس الوحيد الذي يتبنى المواقف التي صاغها في هذا المقال، فهو في رأي برنار ليفي(7) "قد أسقط عن نفسه كل مصداقية حينما كتب هذا النص المثير للغثيان والذي يقارب في بشاعته كتاب بروتوكولات حكماء صهيون"!!

وينتهز ليفي الفرصة لكي يلقي برمضان في غياهب "الآخر" المغاير حينما يلقبه بـ"الإمام"! متجاهلا أن طارق رمضان كاتب ومفكر مرموق يشغل منصب أستاذ للفلسفة في جامعة جنيف، وعلم الإسلاميات في جامعة فريبورج! ولا يجد ليفي ما يمنعه -أيضا- من أن يصف رمضان بأنه "المتحدث الرسمي للتيار الأكثر تشددا في الإسلام الأوربي"، متغافلا حقيقة أنه -أي رمضان- يطور على هامش الحركة الإسلامية خطابا تتضافر فيه نزعة الانتماء الديني مع الخطاب الإنساني العالمي وخطاب العدالة الاجتماعية.

يتحدث الكاتب اليهودي أندريه جلوكسمان -والذي ينتقده رمضان أيضا كما تنتقده كيربوف للأسباب نفسها- عن عداء رمضان للسامية، وهو يحرض المجموعات المناهضة للعولمة على الابتعاد عن رمضان كما يهاجم التحالف الآخذ في التشكل بين حركة مناهضة العولمة والجمعيات الإسلامية التي تسيطر على الأحياء الشعبية في فرنسا!

وكما هي العادة فقد وصلنا سريعا هنا إلى المعايير المزدوجة والكيل بمكيالين. فإدانة رمضان نابعة من هجومه على مثقفين باعتبارهم يهود، الأمر الذي يعني في رأي بعض كتاب الحزب الاشتراكي -مثل فانسان بيللون، جان لوك ميلونشون ومانيوال فال- "الانضواء تحت جناح اليمين المتطرف؛ لأنهم -وحدهم- الفاشيون الذين يتحدثون هكذا". فليكن هذا ولكن ألا يتحدث فينكيلكروت دائما عن انتمائه اليهودي، بينما لا يمل برنار ليفي من التعبير عن تضامنه مع إسرائيل كيهودي(8)؟! وألا يشير خصوم طارق رمضان إليه كمسلم عند الهجوم عليه؟!!

[color=990000]مواقف يهودية وليس مؤامرة يهودية[/color]

وفي مواجهة هذا النوع من النقد الشديد الذي لم يكن له ما يبرره، الذي وصل في بعض الأحيان إلى حد القذف ضد هذا الأستاذ السويسري، سيكون هناك بالطبع من يبحث عن مؤامرة يهودية. لكن يجب القول إنه ليس هناك مؤامرة يهودية تكمن خلف الهجوم على حفيد حسن البنا، ولا توجد إستراتيجية متحدة في مواجهته. وفي رأيي فإن التحولات داخل الحقل الفكري في فرنسا هي التي تفسر العداء لرمضان (والذي هو أقوى من كراهية الإسلام) من جانب المحافظين الجدد.

فهؤلاء المحافظون الجدد يراقبون بقلق "الأخ الأكبر" -لقب رمضان الأشهر- في الأحياء الشعبية في فرنسا وهو يتقرب من اليسار والمناصرين للعالم ثالثية التي يعادونها والتي يحاول رمضان أن يعيد صياغتها بتعبيرات إسلامية (الإسلام باعتباره طريقا للجنوب). وباعتبارهم مناصرين للولايات المتحدة، فهم لا يستطيعون إلا أن يدينوا انخراطه في النضال جنبا إلى جنب مع مناهضي العولمة بعد تحالفه الإستراتيجي مع آلان جريش الكاتب الأشهر ورئيس تحرير اللوموند ديبلوماتيك.

وأخيرا.. فإن مواقف رمضان الدينية ليس بوسعها إلا أن تثير رغبة هؤلاء في أن يحتكروا حق اتخاذ مواقف دينية: حق التحدث كجمهوريين يهود يدافعون عن دولة مرتكزة على الفكرة الدينية والدفاع أيضا عن حكامها الأكثر راديكالية مثل شارون!

[color=990000]مواقف يهودية وليس مؤامرة يهودية [/color]
وفي مواجهة هذا النوع من النقد الشديد الذي لم يكن له ما يبرره، الذي وصل في بعض الأحيان إلى حد القذف ضد هذا الأستاذ السويسري، سيكون هناك بالطبع من يبحث عن مؤامرة يهودية. لكن يجب القول إنه ليس هناك مؤامرة يهودية تكمن خلف الهجوم على حفيد حسن البنا، ولا توجد إستراتيجية متحدة في مواجهته. وفي رأيي فإن التحولات داخل الحقل الفكري في فرنسا هي التي تفسر العداء لرمضان (والذي هو أقوى من كراهية الإسلام) من جانب المحافظين الجدد.

فهؤلاء المحافظون الجدد يراقبون بقلق "الأخ الأكبر" -لقب رمضان الأشهر- في الأحياء الشعبية في فرنسا وهو يتقرب من اليسار والمناصرين للعالم ثالثية التي يعادونها والتي يحاول رمضان أن يعيد صياغتها بتعبيرات إسلامية (الإسلام باعتباره طريقا للجنوب). وباعتبارهم مناصرين للولايات المتحدة، فهم لا يستطيعون إلا أن يدينوا انخراطه في النضال جنبا إلى جنب مع مناهضي العولمة بعد تحالفه الإستراتيجي مع آلان جريش الكاتب الأشهر ورئيس تحرير اللوموند ديبلوماتيك.

وأخيرا.. فإن مواقف رمضان الدينية ليس بوسعها إلا أن تثير رغبة هؤلاء في أن يحتكروا حق اتخاذ مواقف دينية: حق التحدث كجمهوريين يهود يدافعون عن دولة مرتكزة على الفكرة الدينية والدفاع أيضا عن حكامها الأكثر راديكالية مثل شارون!

[color=990000]الانكفاء على الهوية وتدهور الديمقراطية [/color]

إن أوركسترا الهجوم على رمضان من جانب المحافظين الجدد في فرنسا يبين مدى صحة تنبؤات رمضان نفسه: هناك شعرة فاصلة بين الانكفاء على الهوية وتدهور الديمقراطية كما قال رمضان من قبل. فحين يحل القذف والكذب والإدانة محل النقد، يحل -أيضا- إسكات الآخرين محل الحوار. يتعرض طارق رمضان اليوم إلى عواصف شديدة تهب في مناخ قارة أوربية تعيش حالة من حالات ما بعد الحداثة، والتي تحاول فيها الطائفية بجميع أشكالها التعبير عن أفكارها بشكل حر.

إن الدفاع عن طارق رمضان اليوم يساوي الدفاع عن الحفاظ على المجال العام محايدا دينيا أو ما يسمى بقيم العلمانية المحايدة، والتي بدونها لن يكون لطارق رمضان أو منتقديه حرية القول التي يتمتعون بها اليوم.


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  #6  
Vieux 12/11/2003, 14h42
Avatar de elguili
 
Date d'inscription: mars 2003
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Par défaut [size=15][b]طارق رمضان يعيد مثقفي فرنسا إلى التعددي&

chohran jazilla


sa9fou bayti hadid
rokno bayti hajar
fa anbahi ya kilab
wa ahtéli ya matar
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  #7  
Vieux 12/11/2003, 19h00
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Par défaut يهود يتهمون طارق رمضان بـ"معاداة السامية

Citation:
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Assalamo Aleikoum wa Ra7hamato Allahi Wa Brakatoh!

Pour aussi la vision du ce pensent nos intellects du monde Arabes et Musulmans sur les idée du Tarik Ramadan voici une série des articles sur le sujet ..:-)


Wa Allah A3lam !
je vous souhaite une trés bon lecteure :-):rose: !


Wa Salamo Aleikoum Wa R7ahamato Allahi Wa Braktoh
yours Ibno_Khaldoun
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يهود يتهمون طارق رمضان بـ"معاداة السامية"
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باريس - هادي يحمد


أعلن اتحاد الطلبة اليهود في فرنسا أنه يدرس إمكانية رفع دعوى قضائية ضد المفكر السويسري المسلم من أصل مصري طارق رمضان بحجة "معاداة السامية"، وذلك في تطور جديد للحملة التي بدأها قبل أسبوع كتاب ومثقفون يهود بفرنسا ضد المفكر السويسري الذي انتقد مساندتهم لحكومة رئيس الوزراء الإسرائيلي إريل شارون.

وقال اتحاد الطلبة اليهود في بيان وزعه اليوم الأربعاء 15-10-2003 وحصلت شبكة "إسلام أون لاين.نت" على نسخة منه: إن "الاتحاد يدرس إمكانية رفع دعوى قضائية ضد طارق رمضان، بعد أن نشر مقالا في أحد مواقع الإنترنت التابعة للمنتدى الاجتماعي لمناهضة العولمة يصنف فيه المثقفين الفرنسيين على أساس انتمائهم الديني"، كما انتقد الاتحاد الموقع الإلكتروني لموافقته على نشر مقال رمضان.

وقد نشر رمضان، وهو حفيد مؤسس جماعة الإخوان المسلمين حسن البنا، مؤخرا نصا باللغة الفرنسية على موقع "أمة" التابع للشباب المسلم بفرنسا انتقد فيه العديد من المثقفين الفرنسيين الذين يظهرون خلال الحوارات والمنتديات كمناصرين للقيم العالمية، مثل العدل والمساواة والحرية، لكنهم في الوقت نفسه يؤيدون الاعتداءات التي تمارسها حكومة إريل شارون ضد الشعب الفلسطيني والاحتلال الأمريكي للعراق؛ لأنه يحقق أمن إسرائيل.

ودعا المفكر السويسري في مقاله إلى "الابتعاد عن الخطاب الطائفي الذي لا يأخذ بعين الاعتبار قيمة العدل كركيزة للتعامل بين الشعوب".

[color=990000]حملة إعلامية[/color]

ويأتي بيان اتحاد الطلاب اليهود بعد نحو أسبوع من الحملة التي شنتها العديد من الصحف والمجلات والكتاب الفرنسيين ضد رمضان، متهمين إياه أيضا بمعاداة السامية.

وقالت مجلة "لونوفال إبسرفاتير" الأسبوعية في عددها الأخير الصادر من 9 إلى 16-10-2003: إن "رمضان نشر في أحد مواقع الإنترنت التابعة للمنتدى الاجتماعي المناهض للعولمة مقالا غريبا مليئا بالأحكام المسبقة المعادية لليهود ومستندا على نظرية المؤامرة سيئة الذكر".

وأضافت المجلة ذات الاتجاه اليميني أن "رمضان تعمد ذكر مثقفين فرنسيين مركزا على انتمائهم الديني كيهود، متهما إياهم بمساندة الحكومة الإسرائيلية بقيادة شارون ودعم الحرب على العراق؛ لأنها ستضمن الأمن لإسرائيل".

في نفس السياق قام أحد كتاب الأعمدة المعروفين في مجلة لوبوان وهو برنار هنري ليفي في عدد المجلة الأسبوعي 10-10-2003 بكتابة مقال وصف فيه المفكر السويسري بأنه "مثقف تكون في مدرسة الإخوان المسلمين"، مضيفا أن "رمضان يعطي الانطباع في خطاباته العامة بأنه لين ومقنع، ولكن الحقيقة غير ذلك فعليه أن ينزع القناع".

كما ذهب الكاتب الصحفي أندري كيسمان إلى حد اتهام رمضان صراحة بأنه "معادٍ للسامية" وأن "عليه أن يعترف بذلك بدلا من أن يقول العكس في كل مرة".

في الوقت نفسه طالب كاتبو المقالات الحركات المناهضة للعولمة بعدم إشراك رمضان في المنتدى الاجتماعي الذي سينظم في باريس في نوفمبر 2003.

[color=990000]مقاومة معاداة السامية[/color]

وفى تعليقه على هذه الاتهامات نفى رمضان أي معادة له للسامية، وقال في تصريحات لصحيفة لوموند الفرنسية الصادرة في 11-10-2003: إنه لم يكف عن "مقاومة كل الانحرافات المعادية للسامية داخل الأقلية المسلمة مهما كانت مبرراتها أيديولوجية أو سياسية أو عرقية".

وأضاف أن "اهتمامه ينصب على إدانة كل توجه طائفي أمام التحديات الوطنية والعالمية استنادا إلى التقارب مع الإسرائيليين".

وفي رد على مطالبة الكتاب اليهود بمقاطعة حركة مناهضة العولمة لرمضان قال جوزيه بوفيه زعيم الحركة في تصريحات صحفية مؤخرا: إن "حركة مناهضة العولمة يتداخل فيها العديد من الأجناس والأديان، وإن مسلمي فرنسا جزء من هذا الخليط وبالتالي يجب ألا نسقط في الآراء الإقصائية".

كما دافع أحد قيادات حركة "أتاك" المناهضة للعولمة عن مقال رمضان، وقال لصحيفة لوموند: إن "كلام رمضان ليس معاديا للسامية"، مضيفا: "من الخطير أن نتهم أيا كان وفي أي مناسبة بتهمة معاداة السامية فهذه التهمة أصبحت بمثابة المنشفة الحمراء التي نمسح بها كل الناقدين للسياسة الإسرائيلية".

يذكر أنه ليست هذه المرة الأولى التي تشن فيها حملة ضد طارق رمضان إذ ذهبت بعض الصحف الفرنسية في وقت سابق إلى حد الربط بينه وبين تنظيم القاعدة.

ويعتبر بعض المحللين الفرنسيين أن المكانة التي يحظى بها رمضان والتي جمعت حوله آلاف من الشباب المسلم في أوروبا كانت السبب الرئيسي وراء حملة الانتقادات التي يتعرض لها، فيما رأى آخرون أن "الفهم الأوروبي للإسلام كما يطرحه رمضان يمثل نقلة نوعية كسرت بلا رجعة الرؤية السائدة عن الإسلام كونه دينا معاديا للحرية طبقا للإسلام الطالباني"، بحسب هؤلاء المحللين.


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Réponse avec citation
  #8  
Vieux 26/11/2003, 21h32
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Par défaut Tarik Ramadan : Critique des (nouveaux) intellectuels communautaires

Citation:
[size=12][color=003399]
Assalamo Aleikoum wa Ra7hamato Allahi Wa Brakatoh!

voici l´article que je trouve du trés interssant non seulement par le context semantique mais aussi par le résume extrodinaire des évenement et du plus 12 réfrances des articles qui prsentes les idées et les diffrantes points du vue sur les Critique des (nouveaux) intellectuels communautaires mais aussi et surtous les possible d´une certain interfaces et points d intersecation possible entre certains idée du Tariq Ramadan et Altermondialisation ce que je trouve trés interssant surtous avec les évenement du forum europaine dernier en france :-)


Wa Allah A3lam !
je vous souhaite une trés bon lecteure :-):rose: !


Wa Salamo Aleikoum Wa R7ahamato Allahi Wa Braktoh
yours Ibno_Khaldoun
..::: :saws: ::...

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[size=24]Islam et Altermondialisation, la fausse bonne idée [/size]Mona Chollet [size=12]

Ça devait arriver. Au printemps dernier déjà, une campagne de presse un rien malhonnête avait – dans Libération, par exemple – réduit les énormes manifestations antiguerre aux actes antisémites d’une infime minorité ; depuis, on savait que le mouvement altermondialiste ainsi que les partis de gauche et d’extrême gauche faisaient l’objet d’une surveillance étroite de la part de nombre d’observateurs, prêts à saisir la moindre occasion de les discréditer – quitte à en fabriquer si nécessaire, et même de bien bancales : en septembre, à la Fête de l’Huma, le reporter du site Proche-Orient.info trouvait le moyen de s’indigner de la vente de sandwiches halal sur le stand conjoint de l’Union juive française pour la paix (UJFP) et du Mouvement de l’immigration et de la banlieue (MIB), la jugeant contraire à la laïcité. Faudrait-il fermer aussi toutes les épiceries kasher ? Ou les coutumes musulmanes sont-elles seules à contrarier cette vision bizarrement étroite de la laïcité ? On croit deviner la réponse…


En avril, à Berlin, lors d’une réunion de préparation du Forum social européen (FSE) qui doit se tenir à Saint-Denis du 12 au 15 novembre prochains, des membres de l’organisation “ sioniste de gauche ” Hachomer Hatzaïr (dont certains avaient été victimes d’une agression lors des manifestations antiguerre), qui avaient demandé à y être associés, avaient stupéfié les organisateurs en publiant, à leur retour, un communiqué dénonçant les “ propos antisémites ” et l’“ apologie du recours au terrorisme ” dont ils auraient été témoins, ce que les observateurs présents niaient catégoriquement. Seul un militant libanais arborait un tee-shirt – qui n’avait pas été remarqué par tout le monde, loin de là – proclamant : “ Le monde a vaincu le nazisme, le monde a vaincu l’apartheid, le monde vaincra le sionisme. ” Avec un certain bon sens, les organisateurs du FSE avaient répondu : “ Si une telle analyse qui mélange nazisme, apartheid et sionisme est profondément stupide, elle ne peut en aucun cas être considérée comme une remise en cause du génocide. Les valeurs de fraternité et de solidarité défendues par le Forum excluent toute forme de racisme, de xénophobie et d'antisémitisme. ” Ainsi, à l’approche de l’ouverture du Forum, on devinait que le moindre incident susceptible, à juste titre ou non, de créer la polémique, suffirait à mettre le feu aux poudres et à déclencher une canonnade en règle contre les altermondialistes dans leur ensemble. L’incident s’est produit, la polémique a éclaté, et, malheureusement, c’est plutôt à juste titre.



Le 2 octobre, le Suisse d’origine égyptienne Tariq Ramadan, orateur musulman très écouté dans les banlieues françaises, partisan affirmé d’un islam réconcilié avec la République et petit-fils du fondateur des Frères musulmans (ne pas le confondre avec son frère Hani, directeur du Centre islamique de Genève, qui s’est rendu célèbre il y a un an en défendant, dans Le Monde, la lapidation pour les femmes adultères), a posté sur la mailing list du FSE une tribune refusée par Le Monde et par Libération. Dans ce texte, intitulé “ Critique des (nouveaux) intellectuels communautaires ”, il s’en prend à certains intellectuels juifs français, qu’il accuse d’avoir abandonné leurs prétentions universalistes pour se faire les serviteurs de la politique israélienne et des seuls intérêts de leur communauté. Pourquoi poster cela – sous le titre évasif “ un texte pour info… ” – sur la liste du FSE, alors que c’est manifestement hors sujet, et alors qu’il n’y avait pas posté, par exemple, ses tribunes parues cet été dans Politis sur les relations entre islam et altermondialisme ? Mystère… Toujours est-il que les réactions ne se sont pas fait attendre : Le Nouvel Observateur (9 octobre) publie une double page sur “ l’encombrant M. Ramadan ”, tandis que Bernard-Henri Lévy, mis en cause, s’indigne dans son “ Bloc-notes ” du Point (10 octobre), osant une comparaison un brin excessive avec le célèbre faux antisémite Le Protocole des Sages de Sion ; il adjure les altermondialistes de prendre leurs distances avec Ramadan. Le plus probable est que la plupart des abonnés à la liste, submergés de messages, n’avaient même pas lu le texte. Mais nos ignares d’éditorialistes sont encore capables d’y trouver de quoi alimenter leur sensationnalisme à trois balles sur la consubstantialité de l’Internet et du Mal, tant, à leurs yeux, “ texte-antisémite-diffusé-sur-Internet ” relève du pléonasme… Déjà, Libération ose ce titre ridicule : “ Des relents d’antisémitisme sur la toile altermondialiste ” (11 octobre).



Antisémite, ce texte ? Pour le moins maladroit, c’est certain. Tariq Ramadan néglige le fait que se dessine aujourd’hui une alliance idéologique inédite : pour les “ nouveaux réactionnaires ”, les cultures chrétienne et juive seraient les détentrices naturelles des lumières, de la civilisation, de la démocratie, de l’égalité des sexes, alors que l’islam, devenant, selon l’expression de l’historienne Sophie Bessis, le “ tiers exclu de la révélation monothéiste ”, se voit rejeté dans les ténèbres de l’obscurantisme, du terrorisme, du fanatisme, de la misogynie, de l’antisémitisme… (Mais pourquoi donc faut-il toujours qu’il y ait un exclu, comme dans les cours de récréation ?…) Une telle recomposition marque un tournant historique et présente l’avantage, pour les chrétiens, de les dédouaner à bon compte de siècles d’antisémitisme (lequel, soit dit en passant, à la différence de l’antisémitisme qui sévit actuellement dans le monde arabe, ne pouvait même pas s’expliquer, à défaut de se justifier, par la persistance d’un abcès tel que l’occupation des territoires palestiniens). Cette thèse – plus ou moins implicite selon les idéologues – suscite des adhésions dont l’origine religieuse n’est pas le facteur déterminant : certes, on sait depuis longtemps que leur rapport à leur judéité ainsi que leur soutien inconditionnel – quoi qu’ils en disent – à Israël peuvent pousser certains intellectuels juifs à la soutenir. Mais elle séduit également, à des degrés divers, des personnalités d’origine chrétienne – comme Eric Marty, auteur de Bref séjour à Jérusalem et défenseur virulent de la politique israélienne – voire musulmane – on pense à Malek Boutih, ancien président de SOS Racisme aujourd’hui en charge des questions de société au Parti socialiste. De même, elle se voit opposer des démentis catégoriques par des penseurs des trois confessions. En expliquant tout par l’appartenance confessionnelle, Tariq Ramadan adopte une logique douteuse et prend de surcroît le risque de se tromper ; ce qui ne manque pas de se produire : il pourfend Pierre-André Taguieff, qui, pas de chance, n’est pas juif – “ on rougit d’avoir à le préciser ”, écrit BHL. Oui, on rougit, car Ramadan nous entraîne, même malgré lui, sur ce terrain malsain où l’on se demande qui est juif, qui ne l’est pas…



Mais le plus grave est sans doute qu’il soupçonne les intellectuels auxquels il s’en prend d’être motivés dans tous leurs actes par le seul souci de favoriser les intérêts israéliens : Bernard-Henri Lévy, par exemple, diaboliserait le Pakistan dans son dernier livre pour mieux mettre en valeur l’ennemi naturel de celui-ci, l’Inde, et ainsi appuyer les accords diplomatiques d’Israël avec ce pays… Tout cela ressemble fort à une théorie du complot, et prête donc fâcheusement le flanc aux soupçons d’antisémitisme. On peut dénoncer les incessantes tentatives de chantage à l’antisémitisme (la dernière en date étant une tribune sidérante de l’intellectuel israélien Ilan Greilsammer publiée dans Libération du 24 septembre), et admettre pourtant que ce texte-là pose problème. Cela dit, on ne pense pas non plus que Tariq Ramadan soit franchement antisémite : on veut bien le croire sincère lorsqu’il affirme au Monde (11 octobre) qu’il “ n’a eu de cesse de combattre toutes les dérives antisémites parmi les musulmans en récusant, une à une, chacune de leurs soi-disant légitimations théologiques, politique (à partir de la critique d’Israël) ou ethnique ”, et que “ l’essentiel de [son] propos est de dénoncer ceux qui, à partir d'une attitude communautariste ou pro-israélienne, proposent une lecture biaisée des enjeux nationaux ou internationaux ”. A sa décharge, il écrivait d’ailleurs, dans Politis du 19 juin dernier : “ Si l’on prête l’oreille au discours dominant de la société arabe, une chose paraît claire : la cause de tous les maux est “ Israël ”. (…) Or, il faut répéter que si la question palestinienne est effectivement centrale, elle ne saurait servir d’alibi. L’oppression du peuple palestinien est davantage un révélateur des dysfonctionnements du monde arabe que son unique cause. ” Et pourtant, ses ennemis, pour qui l’occasion est trop belle, se répandent en propos outranciers : Pascal Bruckner ne peut décemment affirmer, comme il le fait dans Le Nouvel Observateur, que “ ce qui est étonnant, ce n'est pas que monsieur Ramadan soit antisémite, mais qu'il ose désormais se revendiquer comme tel ” : non seulement c’est faux – non, il ne se revendique pas comme tel –, mais cette entrée en matière laisse perplexe : pourquoi ne serait-il “ pas étonnant ” qu’il soit antisémite ? Parce qu’il est musulman ? Parce qu’il est barbu et basané ?… Ce sous-entendu est assez écœurant. Quant à Jean-Yves Camus, sur Proche-Orient.info (10 octobre), il assène avec un aplomb confondant, sans apporter le moindre élément de preuve, que Ramadan “ reste totalement opposé à Israël en tant qu’Etat ” et remet en cause “ le droit à l’existence même de l’Etat juif ”. Il estime même qu’il pourrait, grâce à cela, trouver “ un surcroît d’influence et de notoriété dans cette gauche altermondialiste/antisioniste que rebutait jusqu’alors sa réputation de penseur d’un islam théologiquement rigoriste ” !



Les vannes sont ouvertes. Et l’on constate qu’il y a deux poids, deux mesures. Jusqu’ici, Tariq Ramadan était sempiternellement accusé de tenir “ un double langage ”, sans que personne ait jamais apporté pour autant la preuve de sa duplicité ; on n’exclut pas la possibilité que cette duplicité soit réelle : on prend simplement acte du fait que, jusqu’à ce texte très discutable, il n’avait jamais pu être réellement pris en défaut, et que son discours – dans ses livres chez Actes Sud, dans ses tribunes – restait éminemment honorable, érudit et progressiste. Ce n’est pas le cas d’autres intellectuels, dont l’extrémisme et la virulence ne souffrent aucune ambiguïté, et qui sont pourtant totalement épargnés par les critiques de leurs confrères. Dans Le Point, BHL écrit à ses “ chers amis altermondialistes ” : “ Je vous adjure de prendre vos distances, très vite, avec un personnage qui, en accréditant l’idée d’une conspiration aux ordres du sionisme, ne fait que jeter le feu dans les esprits et ouvrir la voie au pire. Il y va de votre probité. Il y va de nos valeurs démocratiques partagées. ” Or on voit au moins un autre intellectuel qui menace “ nos valeurs démocratiques partagées ” et “ jette le feu dans les esprits ”, sans pour autant que BHL ou d’autres aient jugé nécessaire de prendre leurs distances avec lui : Alain Finkielkraut, qui n’avait pas craint d’estimer qu’Oriana Fallaci, dans son pamphlet ordurier comparant les musulmans à des animaux, “ regardait la réalité en face ” (Le Point, 24 mai 2002). Finkielkraut vient de publier un nouveau livre, Au nom de l’Autre, réflexion sur l’antisémitisme qui vient (Gallimard). Les citations qu’en fait Catherine Portevin dans son excellent article “ Antisémitisme, le soupçon qui entache toute critique de la politique israélienne ” (Télérama, 8 octobre) suffisent à nous faire tomber à la renverse : à propos des manifestants contre Le Pen dans l’entre-deux tours de l’élection présidentielle, en avril 2002, il écrit : “ L’avenir de la haine est dans leur camp et non dans celui des fidèles de Vichy. Dans le camp du sourire et non dans celui de la grimace (…). Dans le camp de la société métissée et non dans celui de la nation ethnique. ” Pour lui, le mouvement à combattre est carrément celui qui “ pense le monde dans les termes de l’antiracisme ”. Si on en croit le résumé que fait Catherine Portevin, il se désespère de ce qu’on “ refuse de voir enfin l’ennemi de l’intérieur dans la figure de l’Autre, en l’occurrence de “ l’arabo-musulman ” sur nos paliers de cités ”. Qui dénonce ces propos à la fois caricaturaux – si caricaturaux qu’on voit mal ce qui les sépare du racisme le plus cru – et irresponsables ? A nos yeux, aucun intellectuel qui se respecte ne peut à la fois diaboliser un Tariq Ramadan sans ostraciser aussi, à bien plus forte raison, un Alain Finkielkraut. Or Claude Askolovitch, dans son article du Nouvel Observateur, cette semaine, prend au contraire le parti de ce dernier (attaqué lui aussi par Ramadan) en le présentant comme un “ proche de La Paix maintenant ” et en s’indignant qu’on puisse faire de lui “ un défenseur de Sharon ”. Des contre-vérités qui font bondir : étant donné l’état de La Paix maintenant, qui n’a plus de pacifiste que le nom, s’en prétendre “ proche ” n’engage vraiment plus à grand chose ; et surtout, vu l’acharnement constant de Finkielkraut à dédouaner Israël de ses exactions, à balayer d’un revers de main l’occupation et les souffrances des Palestiniens, il faut un certain culot pour le cataloguer comme modéré. Déployant un véritable rideau de fumée, Finkielkraut “ s’intéresse plus à la critique de la critique qu’aux faits eux-mêmes ”, comme le formulait très justement Rony Brauman lors d’une confrontation organisée entre les deux hommes par Le Point (3 octobre). Brauman poursuivait : “ Vous élaborez savamment sur les usages idéologiques des mots tels qu’occupation, ou colon, et vous renvoyez toute critique d’Israël à un mouvement général de bannissement des juifs. Résultat, vous passez par pertes et profits la situation réelle, concrète du terrain, l’occupation elle-même, pour focaliser l’attention sur les discours plus ou moins pertinents et la terminologie parfois malsaine. Mais la réalité de l’o