La nostalgie d'un Amazigh


Précédent   Bladi.net > Culture > Forum Culturel > Forum amazigh


Réponse
 
Outils de la discussion Modes d'affichage
  #1  
Vieux 08/07/2007, 03h57
Avatar de andaaz  
Date d'inscription: avril 2006
Messages: 7 854
Par défaut La nostalgie d'un Amazigh

Tous les Imazighen que j’ai connu lors de mon enfance et même à quelques années après l’indépendance(1957), peu parlaient l' arabe et ne faisaient pas leurs prières, d’ailleurs tous les marocains ne sont pas des musulmans, et ceux qui le sont, ne sont pas tous pratiquants. Notre culture amazighe et mode de vie étaient connues ; nous étions unis, nouant une amitié durable, je me souviens de cette bonne ambiance avec mes petits copains, les jeunes filles et les jeunes garçons se retrouvaient chaque soir pour faire ahidous, chanter, danser dans la bonne humeur. Nous étions comme une seule famille, nous n’avons rien mais nous étions heureux. Chez nos parents, les accords se font oralement car la parole chez nous était sacrée ; notre société est dirigée souvent par un sage, vieux de la tribu qui règle tous les problèmes, il est le Caïd, le Cadi, le Gendarme…..soit tout. On ne peut pas imposer à une personne d’aimer ou de ne pas aimer une langue. L’Arabe c’est d’abord la langue des Arabes, la langue d’Abou Lahab et de Ben Laden, quant aux Imazighen ils sont libres d’aimer ou de ne pas aimer l’Arabe. Est-ce que la langue de Dieu a besoin d’être protégée par la constitution et les lois humaines ?
Je rêvais souvent : une nuit pendant que je dormais, des voix se levèrent, de plus en plus fort : « Amazigh, défends-toi », je bouchais mes oreilles, mais j’entendais toujours ces voix ; je sursautais, pour réaliser que ce n’était qu’un rêve. Je me réveillais, mais durant toute la journée ce rêve m’hantait. Que peut bien signifier, « Amazigh, défonds-toi ». Je me promettais de chercher et d’en savoir plus. De livre en livre dans la littérature étrangère, je découvrais cet Amazigh dans l’histoire d’Afrique et méditerranéenne (premier habitant). Cette Amazighité, si majestueuse, qui avait sillonné toute l’Afrique, qui avait combattu les plus grands des peuples, qui avait fait de son Pays ce qu’il était. Je découvrais que sans l’Amazigh, son pays n’aurait pu exister, que la richesse de sa culture était plus étendue que les eaux des océans, que les sens de ses énigmes plus profonds que toutes les mers. Je découvrais que l’Histoire s’était prosterné à son peuple par respect, que leurs dynasties avaient foulé toutes les terres. Amazigh, cet homme libre que tu es devenu, ne cessais-je de me répéter. La fierté scintillait dans mes yeux, je venais de me libérer, j’étais devenu un homme libre, libre. Un jour en méditant au sommet de ma falaise (akachmir), mon ancien adversaire, un arabe, fils d’un marchand de légumes (Brahim ouled Hamri) s’approcha de moi, toujours avec le même regard de mépris. Celui-ci me lança : « Ach tadir a chliyih », mais il remarqua que la lueur de mes yeux avait changé, mes yeux brillaient et mon regard soutenait le sien au point d’en sentir le poids. Je rétorquais «Goul Amazigh al kanbou, walakin nta bzaf âlik, Amazigh », je le bouscula et passa mon chemin. Mon adversaire, restait bouche bée, et ne sachant que répondre, il demeura statufié parcequ’il me connaissait avant, timide et serein, surpris de me voir ce jour dans un autre état.
A noter, nos femmes amazighes, tel un livre sacré, avaient sauvegardé l’identité amazighe. Elles l’avaient notée dans leur cœur, et dans leur corps. Elles l’avaient chantée au soleil, apprise à la lune, et l’avaient dansée autour d’un feu d’été comme d’hiver. Elles avaient soulevé et maintenu des millénaires du savoir Amazigh.
Aujourd’hui je parle l’arabe, j’ai rejeté mes montagnes, mes ancêtres et même ma tribu entière, pour cette langue en venant au village pour parler arabe (seulement darija) Une seule question, me nouait la gorge mêlée aux sanglots : Pourquoi suis je né Amazigh? Ne suis-je pas assez arabe pour eux ? Suis-je l’un ou l’autre ? Que suis-je ? Amazigh, je suis la terre, ta mère, celle dont tu as été crée, celle qui t’a porté, celle qui t’a nourrit et t’as vu grandir, et celle qui t’accueillera en son sein après ta mort. J’ai existé depuis la nuit des temps, avant que naisse la lumière, avant que ne soit l’eau, et bien avant l’homme. Ton peuple, Amazigh, a foulé mes contrées, parcouru mes déserts et asservi mes montagnes. Il m’a défendu et m’a irrigué de son sang. Ton peuple s’il devait être édifié à la taille de leur courage, n’aurait trouvé assez de place sur toutes ces terres pour un seul de ses hommes et de ses femmes. S’il devait être édifié en montagnes, il cacherait le soleil, pour la moitie de l’univers, s’il devait être étendu en rivières ils engloutirait toutes les contrées. Ton peuple est un peuple de géants, incarnés en hommes. Ton peuple, n’a d’égale que leur courage, leur honnêteté, et leur bonté. Ton peuple est un grand peuple, sois en fier. « Amazigh, défonds-toi ». C’est écrit au sein des étoiles, et gravés par les sillions des torrents, et tel fut écrit et tel sera. Puis une seconde fois, je sentis résonner un appel en moi, aussi majestueuse que le premier : « Je suis la montagne, celle qui t’as vu naître, celle qui a abrité ton peuple depuis la nuit des temps. Ton peuple, m’a défendu de tout son âme, hommes et femmes, ont fait ruisseler mes ravins de leur sang. Ton peuple de ses mains, a creusé les plus durs de mes rochers, pour cultiver la vie. Ton peuple est fier. Amazigh, défonds-toi, je suis le Temps, entendis-je, j’existe depuis le commencement. Bien avant l’univers, et bien avant les quatre éléments. J’ai connu ton peuple, qui m’a défié, et au long de longs millénaires et ont su résister, jusqu’à aujourd’hui. Ils ont su restés eux mêmes. Sois en fier. Amazigh et défonds-toi pour rester Amazigh.

par akachmir (tamazight.biz)
Réponse avec citation
  #2  
Vieux 08/07/2007, 10h16
Avatar de w75
w75 w75 est hors ligne
 
Date d'inscription: avril 2004
Âge: 19
Messages: 2 573
Par défaut Re : La nostalgie d'un Amazigh

Je me suis toujours posé la question s'il y'avait reellement un seul peuple ou plusieurs peuples amazigh ? Parce qu'il n'y a jamais reellement eu d'union entre les imazighen d'Algerie et ceux du Maroc, chacun faisant son combat de son côté.
Réponse avec citation
  #3  
Vieux 08/07/2007, 15h42
 
Date d'inscription: juin 2007
Âge: 21
Messages: 583
Par défaut Re : La nostalgie d'un Amazigh

Citation:
Envoyé par andaaz Voir le message
Tous les Imazighen que j’ai connu lors de mon enfance et même à quelques années après l’indépendance(1957), peu parlaient l' arabe et ne faisaient pas leurs prières, d’ailleurs tous les marocains ne sont pas des musulmans, et ceux qui le sont, ne sont pas tous pratiquants. Notre culture amazighe et mode de vie étaient connues ; nous étions unis, nouant une amitié durable, je me souviens de cette bonne ambiance avec mes petits copains, les jeunes filles et les jeunes garçons se retrouvaient chaque soir pour faire ahidous, chanter, danser dans la bonne humeur. Nous étions comme une seule famille, nous n’avons rien mais nous étions heureux. Chez nos parents, les accords se font oralement car la parole chez nous était sacrée ; notre société est dirigée souvent par un sage, vieux de la tribu qui règle tous les problèmes, il est le Caïd, le Cadi, le Gendarme…..soit tout. On ne peut pas imposer à une personne d’aimer ou de ne pas aimer une langue. L’Arabe c’est d’abord la langue des Arabes, la langue d’Abou Lahab et de Ben Laden, quant aux Imazighen ils sont libres d’aimer ou de ne pas aimer l’Arabe. Est-ce que la langue de Dieu a besoin d’être protégée par la constitution et les lois humaines ?
Je rêvais souvent : une nuit pendant que je dormais, des voix se levèrent, de plus en plus fort : « Amazigh, défends-toi », je bouchais mes oreilles, mais j’entendais toujours ces voix ; je sursautais, pour réaliser que ce n’était qu’un rêve. Je me réveillais, mais durant toute la journée ce rêve m’hantait. Que peut bien signifier, « Amazigh, défonds-toi ». Je me promettais de chercher et d’en savoir plus. De livre en livre dans la littérature étrangère, je découvrais cet Amazigh dans l’histoire d’Afrique et méditerranéenne (premier habitant). Cette Amazighité, si majestueuse, qui avait sillonné toute l’Afrique, qui avait combattu les plus grands des peuples, qui avait fait de son Pays ce qu’il était. Je découvrais que sans l’Amazigh, son pays n’aurait pu exister, que la richesse de sa culture était plus étendue que les eaux des océans, que les sens de ses énigmes plus profonds que toutes les mers. Je découvrais que l’Histoire s’était prosterné à son peuple par respect, que leurs dynasties avaient foulé toutes les terres. Amazigh, cet homme libre que tu es devenu, ne cessais-je de me répéter. La fierté scintillait dans mes yeux, je venais de me libérer, j’étais devenu un homme libre, libre. Un jour en méditant au sommet de ma falaise (akachmir), mon ancien adversaire, un arabe, fils d’un marchand de légumes (Brahim ouled Hamri) s’approcha de moi, toujours avec le même regard de mépris. Celui-ci me lança : « Ach tadir a chliyih », mais il remarqua que la lueur de mes yeux avait changé, mes yeux brillaient et mon regard soutenait le sien au point d’en sentir le poids. Je rétorquais «Goul Amazigh al kanbou, walakin nta bzaf âlik, Amazigh », je le bouscula et passa mon chemin. Mon adversaire, restait bouche bée, et ne sachant que répondre, il demeura statufié parcequ’il me connaissait avant, timide et serein, surpris de me voir ce jour dans un autre état.
A noter, nos femmes amazighes, tel un livre sacré, avaient sauvegardé l’identité amazighe. Elles l’avaient notée dans leur cœur, et dans leur corps. Elles l’avaient chantée au soleil, apprise à la lune, et l’avaient dansée autour d’un feu d’été comme d’hiver. Elles avaient soulevé et maintenu des millénaires du savoir Amazigh.
Aujourd’hui je parle l’arabe, j’ai rejeté mes montagnes, mes ancêtres et même ma tribu entière, pour cette langue en venant au village pour parler arabe (seulement darija) Une seule question, me nouait la gorge mêlée aux sanglots : Pourquoi suis je né Amazigh? Ne suis-je pas assez arabe pour eux ? Suis-je l’un ou l’autre ? Que suis-je ? Amazigh, je suis la terre, ta mère, celle dont tu as été crée, celle qui t’a porté, celle qui t’a nourrit et t’as vu grandir, et celle qui t’accueillera en son sein après ta mort. J’ai existé depuis la nuit des temps, avant que naisse la lumière, avant que ne soit l’eau, et bien avant l’homme. Ton peuple, Amazigh, a foulé mes contrées, parcouru mes déserts et asservi mes montagnes. Il m’a défendu et m’a irrigué de son sang. Ton peuple s’il devait être édifié à la taille de leur courage, n’aurait trouvé assez de place sur toutes ces terres pour un seul de ses hommes et de ses femmes. S’il devait être édifié en montagnes, il cacherait le soleil, pour la moitie de l’univers, s’il devait être étendu en rivières ils engloutirait toutes les contrées. Ton peuple est un peuple de géants, incarnés en hommes. Ton peuple, n’a d’égale que leur courage, leur honnêteté, et leur bonté. Ton peuple est un grand peuple, sois en fier. « Amazigh, défonds-toi ». C’est écrit au sein des étoiles, et gravés par les sillions des torrents, et tel fut écrit et tel sera. Puis une seconde fois, je sentis résonner un appel en moi, aussi majestueuse que le premier : « Je suis la montagne, celle qui t’as vu naître, celle qui a abrité ton peuple depuis la nuit des temps. Ton peuple, m’a défendu de tout son âme, hommes et femmes, ont fait ruisseler mes ravins de leur sang. Ton peuple de ses mains, a creusé les plus durs de mes rochers, pour cultiver la vie. Ton peuple est fier. Amazigh, défonds-toi, je suis le Temps, entendis-je, j’existe depuis le commencement. Bien avant l’univers, et bien avant les quatre éléments. J’ai connu ton peuple, qui m’a défié, et au long de longs millénaires et ont su résister, jusqu’à aujourd’hui. Ils ont su restés eux mêmes. Sois en fier. Amazigh et défonds-toi pour rester Amazigh.

par akachmir (tamazight.biz)
encore un crétin qui confond amazigh avec kabyle et qui confond revendication culturelle amazigh avec laicité !
tant qu'il y aura parmi le mouvement amazigh des gens qui utiliseront tamazight pour promouvoir la laicité, le mouvement amazigh ne parviendra pas à diffuser dans la société maghrébine.
la laicité est un autre débat, ce n'est pas le mien, tamazight doit etre notre priorité !
Réponse avec citation
  #4  
Vieux 08/07/2007, 16h07
Avatar de rasttarro
 
Date d'inscription: mai 2007
Âge: 23
Messages: 873
Par défaut Re : La nostalgie d'un Amazigh

lorsqu on entend ce cretin dire l arabe c est la langue d abou lahab et ben laden on voit bien que la route devant lui est si longue!
Réponse avec citation
  #5  
Vieux 08/07/2007, 18h07
Avatar de andaaz  
Date d'inscription: avril 2006
Messages: 7 854
Par défaut Re : La nostalgie d'un Amazigh

Citation:
Envoyé par w75 Voir le message
Je me suis toujours posé la question s'il y'avait reellement un seul peuple ou plusieurs peuples amazigh ? Parce qu'il n'y a jamais reellement eu d'union entre les imazighen d'Algerie et ceux du Maroc, chacun faisant son combat de son côté.
L Amazigh est connu par son esprit tribal, malhereusemnt sa continue alors que nous avons besoin de toutes les tribues toutes regions amazighes unies pour un seul objectif qui nous uni tous, l Identité, la Dignité de notre peuple tant oprimé.
Réponse avec citation
  #6  
Vieux 01/12/2007, 20h57
 
Date d'inscription: novembre 2007
Âge: 27
Messages: 6
Par défaut Re : La nostalgie d'un Amazigh

Citation:
Envoyé par w75 Voir le message
Je me suis toujours posé la question s'il y'avait reellement un seul peuple ou plusieurs peuples amazigh ? Parce qu'il n'y a jamais reellement eu d'union entre les imazighen d'Algerie et ceux du Maroc, chacun faisant son combat de son côté.
même entre les amazighs du Maroc il n y a pas d'union, et chacun a son propre camp
Réponse avec citation
  #7  
Vieux 17/12/2007, 22h58
 
Date d'inscription: décembre 2007
Âge: 27
Messages: 6
Par défaut Re : La nostalgie d'un Amazigh

la vraie culture amazigh est bcp trop ancienne pour qu'elle puisse mourir un jour.
il faut juste accepter qu'elle se mélange aux autres et s'enrichisse
Réponse avec citation
  #8  
Vieux 18/12/2007, 11h45
Ctrl Alt Suppr
 
Date d'inscription: octobre 2007
Âge: 31
Messages: 10 955
Par défaut Re : La nostalgie d'un Amazigh

Citation:
Envoyé par itrane2000 Voir le message
encore un crétin qui confond amazigh avec kabyle et qui confond revendication culturelle amazigh avec laicité !
tant qu'il y aura parmi le mouvement amazigh des gens qui utiliseront tamazight pour promouvoir la laicité, le mouvement amazigh ne parviendra pas à diffuser dans la société maghrébine.
la laicité est un autre débat, ce n'est pas le mien, tamazight doit etre notre priorité !
S'il ne faut pas confondre promotion de la culture amazigh et promotion de la laïcité, il ne faut pas la confondre non plus avec la religion même si il existe un lien étroit entre les deux !

la culture amazigh est la priorité
Réponse avec citation
Réponse

Outils de la discussion
Modes d'affichage


Discussions similaires
Discussion Auteur Forum Réponses Dernier message
Pétition de soutien au militant Amazigh Abdelaziz El-Wazzani andaaz Forum amazigh 2 02/04/2008 13h08
Grand Prix Issni N'ourgh du film amazigh anamur Forum Culturel 0 09/02/2007 17h18
Vous sentez-vous plus amazigh avec l'éloignement? andaaz Forum amazigh 17 20/01/2007 15h27
Être Amazigh Ouday Forum amazigh 11 05/01/2007 11h18
Legendes et contes amazigh Radoudou Forum amazigh 7 27/12/2006 12h26



Fuseau horaire GMT +2. Il est actuellement 04h36.



1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38