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Vieux 11/07/2007, 21h12
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Par défaut Ces enfants de la colle ...

A Casablanca comme dans toutes les villes, les gamins des rues prolifèrent. Dans des squares, jardins publics ou accolés aux feux, ils sont désormais présents sur toutes les artères. Livrés à eux-mêmes, ils commencent à mendier des 5 ou 6 ans. Chacun à une histoire propre, pourtant le résultat est le même. Une déscolarisation précoce et les affres de la rue qui se profilent. Drogues, abus sexuels et autres pratiques qui révèlent un quotidien bien inique.
Evidemment, tous viennent de quartiers populaires. Leurs vécus familiaux sont souvent à l’origine de cette situation. Les causes de ces égarements diffèrent. Dans un cas ce sont les parents qui envoient leurs enfants mendier dans d’autres, un rejet s’opère après que la famille se soit recomposée. Fuyant une misère sociale, ils trouvent dans ces aléas du quotidien un moyen de gagner quelques dirhams. Mais à quel prix ? Pour beaucoup, la rue n’a pas été le refuge espéré. Au moyen de pressions physiques et psychologiques, ils se doivent de reverser un pourcentage de leurs gains à des hommes. Sans scrupules, ils leur volent le peu d’enfance encore sauf. Les filles sont des proies plus faciles à atteindre. Dés l’âge de 14 ou 15 ans certaines en viennent à se prostituer. Le décryptage de la situation est noir. Et réel. Hassan a 15 ans, il est cireur sur le boulevard Bni Mguild à Derb Sultan. Ses parents habitent la campagne. En venant à Casa, il a loué avec trois autres adolescents une chambre de 20M2. Hassan n’a jamais étudié et ses perspectives d’avenir sont donc plutôt moroses. Ce cas est révélateur d’une situation à laquelle le Maroc doit faire face. Le manque ou la non formation de ses jeunes. Les environs de Saha Sghrana sont devenus des points de rencontre. Les gamins s’y retrouvent vers 19H et discrètement remettent la recette à des maquereaux. Que se cache-t-il derrière ces pratiques? L’omerta est de mise et le silence de la population avoisinante une religion. Les deux frères, auteur des attentats sur le boulevard Moulay Youssef vivaient dans ce quartier.
La drogue est un autre problème. Le silicium est devenu aussi courant qu’une denrée alimentaire. Le constat est alarmant. Vendu à 3 ou 4 dhs dans des points de ventes, il est accessible à tous. Hicham a 13 ans. De son regard, se perçoit un mélange de haine et de désarroi. Dés 12 ans, il a commencé à snifer. Ça lui permet d’oublier, nous affirme t-il. « Avec les copains, on a commencé à sniffer parce qu’on avait peur de dormir dans la rue ». Les séquelles sont importantes. Perte de mémoire, hallucinations récurrentes et autres effets secondaires : ralentissement cardiaques, migraines etc.
Ces revers sociaux doivent-ils pour autant être imputés à des parents souvent qualifiés de faibles ? Ils vivent dans des bidonvilles ou travaillent à la sauvette. Avec 5 ou 6 enfants à charge, ils voient en général en un enfant un moyen de gains supplémentaires. Leur ignorance est de fait un obstacle de plus, mais toute réinsertion ne pourra se faire qu’avec leur collaboration.
Seuls, ils ne pourront que difficilement sortir de cette vie. L’Etat est absent de cette équation. Comme si l’assistanat ne doit commencer que si un seuil social est atteint. Seulement voilà, cette jeunesse désœuvrée est la vitrine d’une tranche de la population qui signifie que la pauvreté est plus que jamais présente. Restent les associations. Elles font un travail remarquable. Présentes dans toutes nos cités, elles sont un espoir pour ces milliers d’enfants.

Lorsque ces jeunes de la rue se réinsèrent.
Le nombre des jeunes pris en charge reste difficilement quantifiable, mais il n’existe pas aujourd’hui une ville qui n’ait des centres de réinsertions. Leurs missions sont titanesques, parce que souvent c’est une éducation qui doit être donnée aux enfants, mais aussi parents…
A titre d’exemple, l’Association Marocaine d’Aide aux Enfants en Situation Précaire officie depuis 1996. Installée à Salé et Rabat, Agadir ou Marrakech, un huitième centre ouvrira ces portes après le mois de Ramadan à Sidi Moumen.
Présidée par Mme Touria Bouabid ces centres ont pour vocation première de sensibiliser les jeunes. Les piliers sont les éducateurs des rues qui sont chargés de les apprivoiser. Il faut selon Mme Bouabid « qu’une confiance s’établisse. On leur dit que la rue est une voie sans issue, que s’ils ont envie de s’en sortir il y a des centres d’accueil ». A Salé, les jeunes viennent de Hay Moulay Ismail, Hay Ibn Bayrat et Sidi Moussa. Au seul centre de Sidi Moussa, 850 enfants dont 40% de filles sont accueillis. Sur ces 850 personnes, 680 ont pu retourner à l’école, pour les autres la culture et le sport sont utilisés comme moyen de réinsertion. « Notre objectif de départ est de resserrer les liens avec la famille, poursuit-elle, ensuite nous avons une école non formelle avec des éducateurs d’animation pour tous. Par ailleurs, des professeurs enseignent les maths, l’éducation civique et sanitaire, l’ histoire et la géographie etc. Ces enfants ont d’abord besoin d’être encadrés.
Quelle que soit la situation familiale, ces associations privilégient le resserrement des liens familiaux. Parce que tisser des liens entre une mère inapte et un enfant livré à lui-même, certaines associations commencent par apprendre aux parents des choses élémentaires. Souvent analphabètes, ils sont face à cette fatalité, mais sont autant responsabilisés qu’aidés.
L’Amesip a mis en place un cirque. Il y tient une place importante. L’école de la vie et du civisme dit-on. Déjà une tournée dans l’Atlas a été effectuée. Tous les participants sont ces anciens gosses de la rue à qui on apprend une discipline, un civisme et surtout une volonté de réussir. De cette troupe, seize adolescents ont été engagés par les « Folie’s de Marrakech ». Des anciennes danseuses des Folies Bergères ont crée un music hall. Rémunéré entre 5000 et 7000 dhs, ils devraient y être salariés à temps pleins. « La maison du nouveau départ » est un centre de désintoxication à Ain Atiq. Elle est réservée aux enfants qui ont commencé à s’adonner à diverses sortes de drogues et psychotropes. Des formations axées sur les métiers du cheval permettent aux enfants pour lesquels il n’est plus envisageable d’entretenir un cursus scolaire classique de reprendre espoir.
D’autres réussites sont à souligner. Des champions du Maroc et du monde de Jet Ski à savoir Nabil Brouka et Jamal Belkhassi ont été des gamins de rues pris en charge par cette association.
Des bacheliers, ingénieurs, maçons, électriciens et autres réintégrations signifient que la volonté est la première arme contre un dénuement programmé.
Mais le challenge est loin d’être gagné. Parce que chaque jour les besoins augmente, et le dénuement plus grand. Et Mme Bouabid conclut ainsi en affirmant : « Chaque cas est un cas et chaque enfant en fonction de ces capacités est orienté vers une formation adaptée.»
L’AMESIP avait été la première association à saisir la justice à l’encontre d’un directeur d’école soupçonné de pédophilie. Condamné à 10 ans de prison en 2001, pour avoir abusé d’enfants de la rue, il a été, grâce aux témoignages contradictoires des parents, libéré après 5 ans de prison. Cet homme a depuis repris ces fonctions. La situation est grave et difficilement contrôlable. Ces associations aident ces jeunes à retrouver une vie normale. Mais pour combien de temps encore ? Ils sont aussi ce Maroc de demain. Laisser une frange de la population sur le bas-côté aboutira fatalement à un pays à deux vitesses.

Fatim-Zahra Tahiri

Le cirque Shems’y au festival Awaln’art
Dans le cadre du festival Awaln’art, sera présenté Bartal un spectacle mêlant acrobaties, cirque et conte. Mis en scène par Laurent Gachet, directeur de l’Académie Fratellini, il est joué entièrement par des enfants issus de l’Ecole du cirque Shems’y. Cette école du cirque qui fait partie intégrante de l’AMESIP, permet à des enfants de quitter la rue pour devenir artistes, et d’aller à la rencontre d’autres enfants, qui par leur situation géographique et socio-économique se trouvent eux-aussi exclus. Projet 100% marocains, il permet de faire le lien nécessaire entre la jeunesse du Maroc. De par sa dimension poétique, le spectacle Bertal permet de parcourir, au travers du voyage initiatique de son personnage principal, l’itinérance des enfants du cirque Shems’y. Ce cirque offre donc une transposition parfaite des obstacles que Bartal devra franchir pour s’accomplir. La forme du cercle rappelle celle de la Halqa et des voyages que le conteur propose dans la rue. Bartal se joue en extérieur avec une économie de moyens soulignant l’exigence des corps en action et l’interprétation des enfants. Un musicien nomade multi instrumentaliste Fouad Hani, complète le dispositif. Ils seront le 5 juillet à Tamesloht, le 6 à Aït Ourir, et le 8 à Tahanaoute.
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Vieux 11/07/2007, 21h17
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Par défaut Re : Ces enfants de la colle ...

encore du chemin à faire pour l état à ce niveau là pour c enfants de la rue...

le malheur c que certains d entre d'eux deviennent de plus en plus agressifs et violents..certains se mutilent quand ils sont défoncés à la colle ou au karoubi...en voilà un autre échec de la societé marocaine
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