Amnesty International dénonce une recrudescence de la torture au Maroc RABAT, 15 nov (AFP) - Amnesty International s'inquiète d'une recrudescence des cas de torture au Maroc au cours des deux dernières années et des conséquences de la loi antiterroriste votée en mai 2003, peu après les attentats-suicide de Casablanca.
"Le nombre d'allégations de tortures a fortement augmenté" indique un rapport d'Amnesty International sur le Maroc et le Sahara occidental, destiné au Comité contre la torture de l'ONU et parvenu samedi à Rabat.
Il s'agit d'un "recul par rapport à la tendance à l'amélioration observée au cours de la dernière décennie au Maroc et au Sahara occidental", estime Amnesty qui affirme avoir reçu "quantité de témoignages rien qu'au cours des deux dernières années".
Le rapport rappelle que le comité de l'ONU contre la torture avait salué en 1999 "la volonté politique manifeste d'instaurer au Maroc un véritable Etat de droit" et souligne les "mesures significatives prises par les autorités marocaines" dans le domaines des droits de l'Homme.
Mais les pratiques de la torture et de violations de droits humains ont persisté, estime Amnesty qui souligne les "sérieuses inquiétudes" que lui inspire la nouvelle loi antiterroriste votée le 28 mai dernier, juste après les attentats du 16 mai à Casablanca qui ont fait 45 morts.
La nouvelle loi "ne comporte pas d'interdiction et de définition sans équivoque de la torture", estime le rapport, ajoutant que la prolongation de la garde-à-vue apparaît comme l'une des principales causes de l'augmentation des cas de tortures dans le royaume.
Amnesty international, qui présente les observations d'une mission menée en octobre dernier au Maroc comme dans le territoire contesté du Sahara occidental, dresse une liste de cas de mauvais traitements. Ils concernent des militants sahraouis d'organisations des droits de l'Homme, des personnes emprisonnées pour "délit d'opinion" et, dans la dernière période, des islamistes poursuivis dans le cadre de la lutte antiterroriste |