|
#1
| ||||
| ||||
| Quelque 300 acteurs, figurants et techniciens, une cinquantaine de chevaux et une dizaine de chameaux ont occupé pendant trois jours le village marocain d'Oukaïmeden (420km au Sud-Est de Rabat), la plus haute station de sports d'hiver d'Afrique, pour les besoins du tournage du film "Alexandre le Grand". En présence du réalisateur américain Oliver Stone et de l'acteur irlandais Colin Farrell, qui interprète le roi de Macédoine, plusieurs hectares de montagne ont été aspergés de neige artificielle le 9 novembre au moment où le thermomètre culminait encore à 25 degrés. "C'était vraiment fantastique, on n'avait jamais vu ça ici", a déclaré samedi Ali, 32 ans, guide de haute montagne et vendeur de bijoux en hématites tandis que de jeunes enfants jouaient avec cette neige hollywoodienne faite de cellulose pulvérisée, vestige immaculé du travail d'Oliver Stone dans ce grandiose paysage. Les villages berbères répartis sur les 74km séparant Oukaïmeden de Marrakech affichaient d'insolites panneaux rédigés en anglais, "slow children" (ralentir enfants), pour inviter à la prudence les dizaines de camions et d'autocars faisant la navette pour l'acheminement de la logistique et des figurants. Située à près de 3.000 mètres d'altitude dans la chaîne du Haut-Atlas, Oukaïmeden est la station de ski la mieux équipée du Maroc avec un enneigement naturel variable de décembre à février. Le "Kenzi Louka", principal hôtel de la station, qui ne compte qu'une centaine d'habitants hors saison, avait spécialement rouvert ses portes pour le tournage de cette super-production d'un budget de 200 millions de dollars (169 millions d'euros) qui a débuté en septembre au Maroc. Les autorités marocaines, très sensibles à la décision d'Oliver Stone de maintenir son tournage dans le royaume en dépit des attentats islamistes de Casablanca (45 morts, le 16 mai), ont affecté près d'un millier de militaires à la sécurité du film. Quelque 500 Marocains ont en outre été employés comme figurants. Après avoir tourné à Marrakech, Oukaïmeden et Essaouira, l'équipe de "Alexandre le Grand", composée essentiellement de techniciens britanniques, devait quitter le Maroc dimanche. Le tournage devait se poursuivre en Thaïlande, la sortie du film étant prévue aux Etats-Unis au printemps 2004. Associated Press |
|
#2
| |||
| |||
| Je viens justement de lire l'Histoire d'Alexandre le Grand par Quinte Curce. J'ai très hâte de voir ce film. Ce devrait être très piquant. Voici un extrait du livre, relatant la prise d'une ville en Inde par le héros. Alexandre blessé dans la ville des Subraques, est découvert presque mort et abandonné Déjà sa main gauche, avec laquelle il portait son bouclier au-devant des coups, commençait à se fatiguer : ses amis lui criaient de sauter au milieu d'eux, et se tenaient prêts à le recevoir; quand il hasarda une action incroyable et sans exemple, beaucoup plus propre à accroître son renom de témérité que sa gloire : il s'élança d'un saut au milieu de la ville remplie d'ennemis. À peine pouvait-il espérer d'y périr en combattant, et non sans vengeance : car, avant qu'il se relevât, on pouvait courir sur lui et le prendre vivant. Mais, par un heureux hasard, il avait sauté de manière à tomber sur ses pieds : il put donc tout d'abord combattre debout; et la fortune lui avait ménagé l'avantage de n'être point enveloppé. Non loin du mur, un vieil arbre étendait ses branches revêtues d'un épais feuillage, comme pour offrir un abri au roi : il s'adossa au large tronc de cet arbre, pour éviter d'être investi, recevant sur son bouclier les traits qu'on lui lançait en face. Car, parmi tant de bras armés de loin contre un seul homme, aucun n'osait l'attaquer de près; et il se perdait plus de traits dans les branches, qu'il n'en tombait sur son bouclier. Ce qui combattait pour le roi, c'était d'abord l'effroi de son nom, partout célèbre; c'était ensuite le désespoir, ce puissant encouragement à chercher une mort glorieuse. Mais le nombre des ennemis allait toujours croissant, et déjà son bouclier était chargé d'une multitude de dards; déjà les pierres avaient brisé son casque, et ses genoux, épuisés par une si longue fatigue, se dérobaient sous lui. À cette vue, ceux des ennemis qui se tenaient le plus près, accoururent sur lui pleins d'audace et sans aucune précaution; mais il en reçut deux si vigoureusement avec son épée, qu'ils tombèrent morts à ses pieds; et il ne s'en trouva plus qui eussent le courage de l'attaquer d'aussi près : ils lui envoyaient de loin des javelots et des flèches. Exposé à tous les coups, c'était à grand-peine qu'il soutenait son corps appuyé sur ses jarrets, lorsqu'un Indien lui lança une flèche de deux coudées (car, ainsi que nous l'avons dit, les flèches indiennes étaient de cette longueur), de manière à traverser sa cuirasse un peu au-dessus du côté droit. Abattu par cette blessure et perdant son sang à grands flots, il laissa aller ses armes, comme s'il se fût senti mourir; et tel était son épuisement, que sa main même n'eut pas la force d'arracher le trait. L'homme qui l'a blessé, transporté de joie, accourt aussitôt pour le dépouiller; mais, dès qu'il a senti une main sur son corps, indigné sans doute de ce dernier outrage, Alexandre ranime ses esprits défaillants, et, soulevant son épée, la plonge dans le flanc découvert de son ennemi. Autour du roi gisaient trois corps privés de vie, objets de stupeur pour les autres qui se tenaient à distance. Voulant, avant que le dernier souffle l'abandonnât, périr au moins en combattant, il essaya de se soulever sur son bouclier; mais ses forces se refusèrent à ce dernier effort, et il se prit aux branches qui pendaient au-dessus de lui, pour se dresser, s'il se pouvait, sur ses pieds. Avec cet appui même, son corps ne pouvait se soutenir, et il retomba sur ses genoux, défiant de sa main les ennemis, s'il s'en trouvait d'assez hardis pour l'attaquer. Enfin Peucestès, après avoir, sur un autre point de la ville, culbuté les assiégés, arrive jusqu'au roi, en suivant la trace de ses pas sur la muraille. À sa vue, Alexandre, qui n'attendait plus de lui des secours, mais des consolations à l'heure de mourir, laisse tomber sur son bouclier ses membres défaillants. Bientôt survient Timée, puis Léonnatus, et Aristonus après lui. Les Indiens, de leur côté, quand ils savent que le roi est dans leurs murailles, abandonnent leurs postes pour accourir où il est, et attaquer vivement ses défenseurs. Timée, l'un d'eux, après avoir reçu par devant plusieurs blessures, et combattu avec vaillance, tomba sans vie; Peucestès, percé de trois javelots, couvrait cependant de son bouclier, non sa personne, mais celle du roi; Léonnatus, en repoussant les Barbares, qui le chargeaient avec fureur, reçut à la tête un coup violent, qui l'étendit à demi-mort aux pieds d'Alexandre. Déjà même Peucestès, épuisé par ses blessures, lâchait son bouclier : il n'y avait plus d'espoir que dans Aristonus; et lui-même, grièvement blessé, ne pouvait plus longtemps faire face à tant d'ennemis à la fois. Cependant le bruit s'était répandu parmi les Macédoniens, que le roi était mort. Ce qui en eût épouvanté d'autres ne fit que les animer : oubliant dès lors tout danger, ils abattirent le mur à coups de hache, et, se précipitant dans la ville par la brèche qu'ils avaient ouverte, ils firent un affreux carnage des Indiens, plus empressés de fuir que de combattre. Vieillards, femmes, enfants, nul n'est épargné : tout ce qu'ils rencontrent est coupable à leurs yeux d'avoir frappé le roi; enfin le massacre universel des ennemis donna une juste satisfaction à leur colère. Ptolémée, qui depuis fut roi, se trouva dans cette mêlée, s'il faut en croire Clitarque et Timagène; mais lui-même, que sans doute on n'accusera pas d'être contraire à sa propre gloire, rapporte qu'il était absent, ayant été détaché pour une autre expédition : tant il y a eu dans ceux qui ont rassemblé les anciens monuments de l'histoire, d'indifférence, ou, ce qui n'est pas un moindre défaut, de crédulité! Quand on eut reporté le roi dans sa tente, les médecins coupèrent le bois de la flèche qui lui était entrée dans le corps, en ayant soin de ne pas ébranler le fer. Lorsque ensuite on lui eut ôté ses vêtements, ils observèrent que la pointe de l'arme avait des crochets, et qu'il n'y avait moyen de l'extraire sans danger, qu'en taillant la plaie pour l'agrandir. Mais ils craignaient qu'au milieu de cette opération le sang ne vint à couler avec trop d'abondance : car le fer s'était enfoncé profondément et semblait avoir pénétré jusque dans les entrailles. Critobule était un médecin d'un rare savoir; mais ici la grandeur du péril l'effrayait; il n'osait mettre la main à l'oeuvre, de peur de voir retomber sur sa tête les conséquences d'une cure malheureuse. Ses larmes, son effroi, la pâleur que l'inquiétude répandait sur son visage, frappèrent les regards du roi : "Qui te retient? lui dit-il; qu'attends-tu, et pourquoi ne pas me délivrer au plus vite de mes souffrances, puisque aussi bien je dois mourir? Crains-tu qu'on ne te fasse un crime de ma mort, lorsque la blessure que j'ai reçue est incurable?" Critobule, à la fin, délivré de sa crainte, ou la dissimulant, se mit à le prier de se laisser tenir, pendant qu'il arracherait le fer; le moindre mouvement pouvait en effet lui devenir fatal. Le roi lui assura qu'il n'y avait aucun besoin de mains pour le tenir; et, selon ce qui lui était prescrit, il présenta à l'opération son corps immobile. À peine la plaie eut-elle été élargie, et le fer retiré, que le sang commença à couler en grande abondance; le roi s'évanouit, un brouillard se répandit sur ses yeux, et son corps était étendu comme s'il eût été près de mourir. Cependant le sang coulait, sans qu'aucun remède pût l'arrêter, et ce n'étaient que cris et gémissements parmi les amis du roi, persuadés qu'il était mort. Enfin l'hémorragie cessa; le roi reprit peu à peu ses esprits, il commença même à reconnaître ceux qui l'entouraient. Pendant ce jour entier, et la nuit qui le suivit, les soldats, en armes, assiégèrent la tente du roi, témoignant tout haut que c'était par lui seul qu'ils vivaient tous : et ils ne se retirèrent qu'avec la nouvelle qu'il prenait un peu de repos. Ils rapportaient par là dans le camp l'espérance mieux fondée de sa guérison. Quinte Curce |
|
#3
| |||
| |||
| [img align=left]http://www.miracosta.edu/home/gfloren/alex1.jpg[/img] |
![]() |
| Outils de la discussion | |
| Modes d'affichage | |
|
|