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| Morale et sexualité, un mélange détonnant et, visiblement, une question qui reste brûlante d'actualité. En fait, l'association semble décidément inséparable. AFP Commençons par un drôle de débat qui a l'air de passionner The Straits Times, un quotidien de Singapour. Chacun connaît Second Life, ce jeu sur Internet qui connecte entre eux des milliers d'ordinateurs sur la planète. Dans Second Life, chacun se choisit un avatar et le fait vivre virtuellement dans un monde tout aussi virtuel créé par d'autres ou par soi-même. Second Life, c'est donc le monde du fantasme par excellence. Or la question que pose le Straits Times est assez troublante : un personnage virtuel de Second Life a-t-il le droit d'avoir des rapports sexuels virtuels avec des enfants virtuels ? La question s'est d'ailleurs vraiment posée, et les fondateurs du jeu ont répondu qu'ils allaient faire en sorte que les simulacres d'enfants de Second Life ne puissent en aucun cas être utilisés à des fins sexuelles. Or, reprend l'éditorialiste du Straits Times, on peut comprendre que l'on poursuive ceux qui se procurent des films ou des photos à caractère pédophile. Tout simplement parce que ces images sont le témoin d'abus sexuels sur de vrais enfants. Mais, dans le cas de Second Life, aucun crime véritable n'a été commis puisque tout est virtuel. Comment, dans ce cas précis et très contemporain, condamner quiconque pour un crime virtuel commis sur une victime virtuelle dans un monde lui-même fictif ? Autant, dans ce cas, condamner les rêves et les fantasmes… Presque aussi dérangeant, mais aux Etats-Unis cette fois, dans le Kansas. Le quotidien local, le Kansas City Star, rapporte une polémique autour d'une simple définition sémantique. Au Kansas, il suffit de réunir un certain nombre de signatures pour obliger l'Etat à former un jury citoyen sur un problème précis. Ca s'appelle un Grand Jury et ce Grand Jury une fois formé n'est pas chargé de faire la loi mais de la préciser. Or, toujours au Kansas, plusieurs groupes religieux ont décidé de s'en prendre à 32 sex-shops sous prétexte qu'ils violent une loi locale interdisant l'obscénité publique. Comme ces groupes savaient qu'ils ne pourraient pas gagner la partie en allant directement devant un tribunal, ils ont obligé l'Etat du Kansas à former trois Grands Jurys pour trouver une définition plus précise du mot obscène. L'éditorialiste du Kansas City Star,pour sa part, explique que toute cette agitation est bien inutile : les 32 sex-shops en question souffrent de toute façon d'un impitoyable concurrent qui menace leur existence même. Et c'est bien évidemment Internet. Et le quotidien poursuit en expliquant que l'Etat, à l'issue de cette procédure, peut bien se référer à la définition la plus stricte possible du concept d'obscénité, le Kansas ne peut rien contre des sites Internet installés partout dans le monde. On le voit bien, quand la morale veut s'imposer, l'important est que ceux qui lui résistent disposent des moyens juridiques pour le faire. Ce ne pas toujours le cas. Le quotidien italien Corriere della Sera a, par exemple, récemment envoyé un journaliste à Kano, une des très grandes villes du nord du Nigeria. Une ville presque exclusivement composée de musulmans et qui applique la charia, la loi canonique islamique. Presque exclusivement, parce qu'il reste à Kano un quartier chrétien et animiste appelé Sabon Gari mais mieux connu sous le nom de "l'île du plaisir". Tout simplement parce que c'est le seul endroit de la ville où l'on trouve de l'alcool, où les bars sont ouverts tard et où la prostitution s'exerce à visage découvert. Evidemment, les bars et les bordels en question n'ont pas que des clients chrétiens ou animistes : la grande partie de leur clientèle vient au contraire des quartiers musulmans où la charria s'impose. Evidemment cette situation insupporte les autorités musulmanes qui, régulièrement, menacent de fermer bars, boîtes et bordels. Mais, à Kano, ceux qui imposent la charia ont la loi avec eux et même une police islamique sur le modèle iranien qui a plusieurs fois fait des descentes musclées dans "l'île du plaisir". A chaque fois, ces descentes se sont traduites par des dizaines de morts. Mais le pire de cette assez triste histoire, explique le Corriere della Sera, c'est que la vraie raison derrière ces accès de pudibonderie est moins religieuse qu'économique et politique. A Kano, être religieux c'est contrôler la ville, sa population et ses maigres richesses. Alors évidemment, les commerces florissants de "l'île du plaisir" sont des concurrents redoutables avant d'être des lieux de perdition. Anthony Bellanger
__________________ Si l'on pouvait se voir avec les yeux des autres, on disparaîtrait sur-le-champ." Cioran |
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| Citation:
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| Complétement d'accord , cela me fait penser à certains grands frères qui "serrent" leurs soeurs , prenant des postures de traditions et de morales et..................qui sont drogués à la pornographie......... |
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