L’Algérie et le Maroc veulent coopérer dans la lutte contre le terrorisme L’Algérie et le Maroc veulent coopérer dans la lutte contre le terrorisme
Par sonia lyes le 31/07/2007 à 20:21
La volonté de coopération entre l’Algérie et le Maroc en matière de lutte contre le terrorisme se précise. Dans une lettre au roi Mohamed VI et rendue publique aujourd’hui par Rabat, le président Abdelaziz Bouteflika a réaffirmé « sa ferme détermination à conjuguer les efforts, à travailler de concert avec le roi et à tout mettre en oeuvre afin d'éradiquer les racines de la discorde et d'extirper le terrorisme abject dans le grand Maghreb arabe ».
Le 13 juillet dernier, deux jours après l’attentat-suicide contre une caserne militaire de Lakhdaria, Mohamed VI, dans un message adresser au président Bouteflika, avait proposé à l'Algérie « une coopération bilatérale solide » pour lutter contre le terrorisme. Depuis quelques mois, les deux pays font face à la menace du groupe Al-Qaida pour le Maghreb. Ce dernier a revendiqué la totalité des attaques menées ces derniers mois en Algérie ainsi que les tentatives d’attentats kamikazes déjouées à Casablanca.
Plus inquiétant, un groupe islamiste armé, Ansar al islam fi Sahara, bilad al muladhamin (les partisans du prophète au Sahara, pays de ceux qui portent le voile), a dans un communiqué diffusé fin juin sur un site Internet proche des islamistes radicaux menacé de mener des attaques contre les deux pays. Le nouveau groupe a notamment qualifié le roi Mohamed VI de « tyran » qui « apporte son soutien au tyran de l'époque, les Etats-Unis, (et) brandit l'étendard des croisés et des sionistes ». Face à ces nouvelles menaces, les Marocains entendent notamment profiter de l’expérience algérienne en matière de lutte contre les groupes islamistes armés.
Pour leur part, les Européens et les Américains, qui redoutent un renforcement d’Al-Qaida dans la région du Maghreb, pressent les deux pays à unir leurs efforts dans la lutte contre les islamistes armés.
Mais les relations entre Alger et Rabat restent difficiles et tendues en raison notamment du
conflit du Sahara occidental. Même avec une volonté politique affichée au plus haut niveau dans les deux pays, il est peu probable que les services de sécurité des pays parviennent à instaurer une coopération efficace.
Les services secrets marocains se méfient en effet beaucoup de leurs homologues algériens qu’ils ont accusés à plusieurs reprises de manipuler les groupes islamistes présents au Maroc. Pour leur part, les Algériens gardent un très mauvais souvenir du « refus » marocain de coopérer avec l’Algérie durant les années noires du terrorisme. |