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| Après un bref passage par le théâtre Mogador, Amal Latrach décroche enfin le rôle de Aouicha dans "Lalla Fatéma". Cette fois c'est la bonne ! http://www.2m.tv/images/Amal05120105.jpg Sa collaboration avec Tayeb Saddiki fut une expérience comme tant d’autres dans sa vie. Un point à la ligne ! Amal n’a pas besoin de verser dans des éloges vides qui ne reflètent pas la réalité des choses. Elle a "donné autant que ce qu’elle a reçu et peut-être même plus." De même que la reconnaissance est une vertu, les louanges excessives sont un défaut. Amal tient à rendre à César ce qui lui appartient. Tayeb Saddiki, le monstre sacré du théâtre marocain lui a appris des choses mais celui qui a assisté à ses balbutiements sur scène, son véritable maître, et elle insiste, est un illustre inconnu, un jeune lauréat de l’Isadac, Mohamed El Hour que peu de gens connaissent. N’en déplaise à certains, Amal Latrach a cela de particulier, et c'est immense, sa spontanéité et son franc-parler. Aujourd’hui Amal Latrach parle de son expérience avec Tayeb Saddiki et raconte sa rencontre avec Aouïcha la bonne de Lalla Fatema. Episode IV A la rencontre de Aouicha Ma rencontre avec Tayeb Saddiki a été un pur fruit du hasard. J’assistais à une soirée organisée au théâtre Mogador. Tayeb Saddiki m’a vue et m’a demandé si j’étais intéressée par le théâtre. J’ai répondu simplement oui vu que je n’avais pas de propositions en vue, d’autant plus que le travail avec Tayeb Saddiki pouvait me permettre de toucher au monde du théâtre professionnel. Tayeb Saddiki m’a alors demandé de repasser le lendemain dans son bureau. Il m’a demandé de faire une petite démonstration devant lui. Convaincu, il m’a informé qu’il était en train de préparer une pièce de théâtre intitulée "Shour" et qu’il était à la recherche de comédiens. Comme je n’avais pas d’autres projets, j’ai accepté. Le lendemain, il m’a informée qu’il était en train de monter une pièce de théâtre qui s’intitule "Shour". L’expérience avec Tayeb Saddiki ne m’a pas autan marquée que mon expérience avec Mohamed El Hour. Mais j’ai appris avec "Masrah Ennas" à travailler avec les costumes et les accessoires. J’ai beaucoup appris dans les coulisses: à préparer mes costumes, mes accessoires, à attendre mon rôle, à écouter, à garder mon personnage et à être prête à 100% au moment d’affronter le public. Tayeb Saddiki savait que j’étais autodidacte mais il était convaincu que je pouvais apporter quelque chose à son spectacle sinon il ne m’aurait pas recrutée. Nous n'avons jamais eu de bonne à la maison. Après l’expérience avec Tayeb, il y a un grand moment de vide avant la sitcom "Lalla Fatèma". Pour la sitcom, j’ai dû faire un casting. J’ai pris le rôle avec beaucoup de légèreté et de désinvolture. Pour moi, le personnage de Aïcha, s’apparentait à un jeu. Je devais faire le pitre, l’imbécile, faire semblant de ne rien comprendre alors que je comprenais tout. C’était comme si je me moquais de moi-même. Quand j’ai su que j’avais décroché le rôle, les choses ont commencé à prendre des proportions sérieuses. Comme on n’a jamais eu de bonne à la maison, j’ai du faire appel à mon imagination. Je m’acharnais à jouer la bonne à la maison pendant plus de deux mois. Je faisais la vaisselle, faisais le ménage ou préparais à la manière des bonnes. Explication : Une bonne ne fait pas la vaisselle comme la maîtresse de la maison pour une simple raison : ce n’est pas elle qui l’achète. Elle a toujours ou bien peur de casser les assiettes ou bien elle s’en fout complètement. Lorsque je jouais la bonne chez moi, tout le monde à la maison était mort de rire. C’était mon premier public. Je savais que ça allait accrocher. Par la suite, quelques semaines avant le début du tournage, j’ai fait la chasse aux bonnes. Je les regardais marcher dans la rue, j’observais leurs démarches, je guettais leurs grimaces et je notais méticuleusement chaque détail dans ma tête. Ce qui nous a aidés dans notre tâche, c’est le fait que nous ayons reçu les six premiers épisodes un mois avant le tournage. Par la suite on nous donnait l’épisode un jour avant qu’il soit tourné. En ce qui concerne les costumes, les deux costumières Malika et Hind m’ont été d’un apport précieux. Elles m’ont beaucoup aidée à composer l’apparence vestimentaire de mon personnage. Elles m’ont proposé des costumes et j’ai parfois donné mon avis au niveau des couleurs. C’est mon côté peintre qui revient sans cesse. Pour les dialogues, ce n’est pas moi qui les ai écrits mais j’essayais de donner à chaque mot que je prononçais un caractère comique. Pour moi toutes les occasions sont bonnes pour faire rire même s’il s’agit de la simple lecture d’un numéro de téléphone. Le réalisateur m’a également beaucoup aidée. Vu que c’est la première fois que je jouais devant la caméra, j’étais un peu tendue au départ. Pour moi la télé est un autre monde. Autant le théâtre est ouvert, autant la télé est fermée. Le fait de dépendre du cadrage et des contraintes techniques ne donne pas à l’acteur l’occasion de jouer pleinement son rôle. http://www.2m.tv/images/Amal05120103.jpg Elle a pris son rôle avec beaucoup de cœur. Résultat, le public l’a plébiscitée comme il a plébiscité la sitcom "Lalla Fatéma". Maintenant quand elle se trouve dans le bus ou dans la rue, Amal Latrach est obligée, non sans plaisir, de répondre à tout le monde. La célébrité, la vie de star ne sont pas toujours faciles à gérer. Amal est consciente que le succès de la sitcom est éphémère car le public a souvent la mémoire courte. C’est pour cette raison qu’elle refuse de vivre dans l’illusion d’un vie de star. Sa vie n’a pas changé: elle fréquente toujours le même café, reste fidèle à ses amis. Jouer dans une sitcom aussi réussie soit-elle n’est pas une fin en soi mais un début. Un début pour une carrière prometteuse. Amal a longtemps attendu son tour. Maintenant que l’occasion s’est présentée, plus question de laisser le train de la providence passer. Aujourd’hui elle revient sur les moments intimes du tournage de "Lalla Fatéma" Episode V La page de Aouïcha doit être tournée un jour ou l'autre… Le premier jour où je débarque sur le plateau de tournage de Lalla Fatéma, j’avais une peur bleue, la peur de décevoir, de ne pas être à la hauteur. La télé me faisait peur, le contact avec le grand public me rendait tendue. J’avais peur au départ de donner la réplique à Khadija Assad et Aziz Saâdalah. Et c’est normal. Au fur et à mesure que le travail avançait une complicité s’est installée entre nous. Ils m’ont aidée. D’ailleurs toute l’équipe de la sitcom m’avait aidée. Il m’arrivait des moments où je n’étais pas inspirée, des instants de saturations mais grâce aux costumières, au réalisateur, J.P Nicolini et à son assistant Ali Tahiri je remontais facilement la pente. On formait réellement une famille. Je n’arrive pas à oublier le petit Hicham Moussoune. A l’appréhension de décevoir, j’ai joint l’amour, l’amour de perdre ce rôle. Quand on aime quelqu’un ou quelque chose on fait tout pour le garder. J’ai aimé cette Aouïcha et j’ai tout fait pour la garder. http://www.2m.tv/galerie/large/fatema_5L.jpg Pendant le tournage, j’étais à l’écoute des réactions des autres comédiens. Je pressentais l’effet que le personnage allait produire. Cet effet, je ne le croyais pas possible quand j’avais les textes entre les mains. C’est durant le tournage que Aouïcha a commencé à prendre forme. Quand je me regarde à la télévision pendant le mois de ramadan, il m’arrive souvent de rire à gorge déployée de mon jeu. Parfois je suis carrément déçue et toujours je trouve qu’il manque quelque chose dans telle ou telle scène. Je suis une éternelle insatisfaite Je sais que des millions de Marocains me regardent à ce moment précis et je mesure l’ampleur de cette responsabilité. Les téléspectateurs marocains sont gens exigeants qu’il ne faut pas prendre pour des consommateurs de tout venant. En voyant l’effet de Aouïcha sur le public, je suis comblée. J’ai pris mon rôle avec beaucoup de sérieux et les téléspectateurs me l’ont bien rendu. Quand je prends le bus ou le taxi blanc (je suis toujours la même), j’ai du mal à satisfaire tous ces gens qui veulent me saluer, avoir un autographe. Je vois dans leurs yeux l’amitié et l’amour et c’est pour moi la meilleure récompense. http://www.2m.tv/images/amal_atrach30120105.jpg Je réalise que le fait de poser un verre sur la table, d’ouvrir la porte ou de passer furtivement peut avoir de l’effet s’il est exécuté sérieusement. Quant au rôle de Aouïcha, je le jouerai pour la seconde partie à partir du mois d’avril. Après cela il sera rangé dans mes souvenirs. Je vais le classer sinon c’est lui qui me classera. J’ai peur que ce rôle me colle à la peau. "Si on te propose le même rôle? "- Je dirai non. Je suis capable de refuser même si je suis obligée de chômer. Peut-être me spécialiserai-je dans les rôles comiques. En tout cas, un projet comme un one man show me tente mais encore faut-il trouver un auteur, un réalisateur et un producteur. Je ne voudrais pas faire la même erreur que d’autres et j’insiste sur le fait d’être entourée d’un staff et de constituer un maillon dans un travail global. http://www.2m.tv/images/aicha291101003.jpg |
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