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| Bonjour, bonsoir, j'aimerais savoir ce que vous pensez de cet article derniérement paru dans la Nouvelle tribune : Grandes bigotes ou petites coquines? [img align=left]http://www.lanouvelletribune.com/cufiles/femmevoiles.jpg[/img] Doit-on donner le bon Dieu sans confession à toutes celles qui portent le hijab ? Que nenni ! Car, si d’aucunes adoptent le voile islamiste par conviction, il est de plus en plus de filles qui, bien peu spirituelles, optent tout de même pour le look « sainte-nitouche », dans le seul dessein de tromper leur environnement et d’avoir, par conséquent, la paix. Sans compter toutes celles qui se résignent à porter le foulard de peur de braver l’autorité patriarcale, mais qui n’hésitent pas à se « métamorphoser » dès que ledit patriarche a le dos tourné. La Nouvelle Tribune est allée à la rencontre de quelques-unes de ces drôles de dames, de ces tartuffes « enturbannées ». Aussi à l’aise en « burqa » qu’en tenue d’Eve (vraisemblablement), Ilham perd son honneur en essayant de gagner sa vie. Cette prostituée de 24 ans, également danseuse du ventre dans un boui-boui poisseux du centre-ville (elle s’y produit une fois par semaine), est une as du camouflage. Les tenues frivoles qu’elle porte du fait de son métier, lorsqu’elle fait le tapin ou son show libidineux, sont, comme qui dirait, l’antithèse du voile islamique strict et des habits amples et austères dont elle se pare devant son entourage. Cachez-moi ces cheveux que je ne saurais voir... Attablés, en ce dimanche 16 novembre, à la terrasse d’un café chic du Maârif, après la rupture du jeûne évidemment, Ilham et moi donnons l’air d’être un couple contre-nature. Je me sens mal à l’aise parce que j’ai l’intime impression que tous les gens nous dévisagent du regard (pas seulement les clients du café, mais également tous les badauds) ; tous doivent penser que je m’essaie à dévergonder une fille en foulard. Ilham, elle, paraît bien dans ses baskets, et entre de plein fouet dans le sujet : « Je joue le jeu, ainsi, depuis trois années. J’avais, jadis, une sale réputation au niveau de mon quartier (Oulfa, ndlr), mais j’ai pu rectifier le tir en faisant croire à mes voisins que je m’étais achetée une conduite. Ils croient tous que je travaille la journée en tant que secrétaire chez un avocat du centre-ville, et que je poursuis des cours du soir pour devenir assistante juridique… ». Un employé du café, venu servir, à notre table, les consommations que nous avions commandées deux minutes plus tôt, l’interrompt. Ce serveur semble la connaître de longue date. Il lui demande des nouvelles de deux de ses copines, qui se feraient très rares depuis quelques temps : « Amal est partie à Bahreïn et Lamia a perdu son bébé, déprime et ne sort plus de chez elle depuis deux mois ». Ilham reprend, après que le serveur nous aient laissés seuls : « Mes parents également ne sont pas au courant de la vraie nature de mon job et avalent mes couleuvres sans broncher. Depuis que je porte le voile, les relations avec eux se sont très sensiblement améliorées. Evidemment, j’ai toujours peur que ceux qui me connaissent et m’estiment découvrent le pot aux roses en me croisant pendant que je bosse, alors que j’ondule des fesses ou que je fais le trottoir. Cela s’est déjà produit. Un jour, il y a de cela un an aujourd’hui, un groupe de « ouled edderb », venus fêter l’anniversaire de l’un d’entre eux dans le cabaret dans lequel je me produis, m’ont reconnue. J’ai dû coucher avec eux tous pour que l’information ne filtre pas. Vous savez, mon père rendrait très certainement l’âme s’il était mis au courant des activités de sa fille chérie, qu’il prend pour une fille bien sous tous les rapports », indique Ilham, qui sourit mollement, fébrilement, extrait une cigarette d’un adorable étui métallique (représentant Bip-Bip et le Coyote, personnages loufoques de Tex Avery) et l’allume. La clope (une blonde américaine) dénote un peu avec le hijab. Les clients du café dans lequel nous nous trouvons ne donnent pas l’impression de tiquer, alors que le spectacle d’une islamiste fumant une cigarette dans un lieu public de Casablanca est aussi improbable et inattendu que celui d’un José Bové (le champion du monde toutes catégories des altermondialistes) s’envoyant un Big Mac bien graisseux et industriel dans un Mc Do de province... Et pour cause, ce café, dans lequel Ilham a ses habitudes, est fréquenté par de nombreuses voilées, qui y viennent notamment afin de profiter des cabinets de toilettes spacieux et confortables qu’il renferme. « C’est parce qu’il nous faut un endroit où nous débarrasser de notre uniforme de bigotes. Chaque jour, avant de commencer le boulot, je viens ici pour me mettre en condition, pour m’habiller et me maquiller », explique-t-elle. Elle prend ensuite congé pour, dit-elle, aller changer de look. La métamorphose Dix minutes s’écoulent quand la porte des W.C. pour dames s’entrouvre enfin. Ilham en sort, toute pimpante, et délestée de quelques mètres carrés d’étoffes. En lieu et place de son foulard et de sa djellaba peu affriolants, elle porte un pantalon taille basse qui lui fait un arrière-train hypertrophié et laisse apparaître le triangle de son string vermillon, mais aussi un body décolleté tellement échancré qu’on voit quasiment son nombril. Elle est également fardée comme il n’est pas permis. Le moins que l’on puisse dire est qu’elle a fichtrement changé, que ceux qui sont habitués à la voir voilée et non maquillée pourraient ne pas la reconnaître arrangée de la sorte. Esthétiquement parlant, il est évident qu’elle en impose davantage en « rockeuse » plantureuse plutôt qu’en « spice di counasse ». Arrivée à ma hauteur, Ilham m’explique qu’il est temps, pour elle, d’aller démarcher les clients. Avant de tirer la révérence, elle m’indique l’endroit où je pourrais trouver une de ses amies, Awatif, la trentaine, péripatéticienne elle aussi. « Elle te racontera l’histoire de sa sœur cadette, belle comme le jour, mais dont l’existence est pourrie par leur père, un islamiste ultra-violent qui veille au grain au respect, dans son domicile, de tous les préceptes divins », précise Ilham en guise d’au revoir. Dès qu’elle a su que je venais de la part d’Ilham et que je lui ai expliqué l’objet de ma présence, Awatif a tout abandonné (elle jouait aux cartes dans un café autrement populaire et moins douillet que celui qu’Ilham utilise notamment comme vestiaire) pour se lancer dans le récit des tribulations de sa petite frangine. « Ma sœur cadette est victime de l’acharnement religieux de mon père, avec qui je n’ai personnellement plus aucun rapport depuis bientôt dix ans. Il m’a mise à la porte parce qu’il m’a vue, un soir, en compagnie de mon petit copain de l’époque, main dans la main. Le tour est venu pour ma petite sœur. Bien qu’elle soit très méfiante, il a fini par la coincer en mini-jupe, alors qu’elle est censée porter le hijab et la «abaya» (robe ample du Moyen-Orient, ndlr). Ça l’a rendu fou, et il l’a rossée de coups et couverte d’insultes. Aujourd’hui, elle vit chez moi, dans mon appart, en attendant que les choses s’arrangent », s’indigne Awatif. Muselée, brimée par son père, la sœur d’Awatif a, très tôt, porté le hijab. Pas par choix, donc. Dans un souci d’émancipation, mais aussi pour tourner en bourrique son réac de père, elle s’amusait, selon sa sœur, à mettre les fringues les plus sexy qui soient dès que le patriarche avait le dos tourné. «Mon père l’accompagnait au lycée de jeunes filles. Elle y entrait habillée en islamiste. Mais, après un bref tour aux « waters », elle avait le look le plus provocant du lycée, tant et si bien qu’elle avait tous les mecs des lycées alentour qui lui tournaient autour. Même certains de ses profs lui faisaient du rentre-dedans !», signale Awatif, amusée. Le voile islamiste, depuis quelques années maintenant, a le vent en poupe à Casablanca et dans les autres cités du Royaume. Mais toutes les filles qui se vêtent de ce textile venu d’ailleurs (et qui a détrôné, parmi nous, les produits locaux, le « nguab » et le capuchon de djellaba) ne sont pas aussi prudes qu’elles en ont l’air. Selon Ilham, il y aurait même davantage de filles qui mettent le hijab pour des raisons pratiques - relatives au qu’en dira-t-on, par exemple - que de celles qui l’adoptent par conviction religieuse. La Nouvelle Tribune |
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| non, c'est logique ! |
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| Oui remarque tu as raison...c'est logique :-D |
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| :-o :-o :-o :-o :-o :-o :-o :-o |
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| c'est normal aujourd'hui ![]() |