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  #1  
Vieux 22/11/2003, 21h19
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Par défaut pour tout comprendre au déclin de la science arabe

A
fleurbleuenuit je te félicite pour ton honnêteté intellectuelle,

si je puis me permettre je te donne quelques pistes que tu connais peut être pour expliquer le déclin scientifique, économique ,du monde musulman


Pour ceux qui veulent comprendre le déclin des pays musulmans voilà quatre universitaires qui parlent de l’état du système éducatif dans les pays arabo musulman avant la colonisation

Vous pouvez voir le sérieux de mes sources : quatres universitaires,


Ahmed Bouazzi
Ecole Nationale d’Ingénieurs de Tunis
Université Tunis El Manar
Conférence grand public donnée
à l'Université René Diderot (Paris 7)
le 3 mars 2000
http://www.stormloader.com/enit/research/creation%20en%20terre%20d'isla m.htm

Dégradation de l’enseignement
A partir du 12e s., l’enseignement a pris la forme d’apprentissage quantitatif sans réflexion. Les cours d’algèbre, de grammaire, etc. étaient enseignés sous forme de poèmes de plusieurs centaines de vers que l’élève devait apprendre par cœur. A partir du moment où l’élève savait son poème par cœur et où il pouvait retrouver les vers qui répondent à un cas donné il était licencié. Ibn Khaldun, dans sa Muqaddima, a critiqué ce type d’enseignement pratiqué à son époque au Maghreb, le qualifiant de stérilisateur de la réflexion.

Cette faiblesse de l’enseignement est remarqué par un autre universitaire
état de du maghreb avant la colonisation
le maghreb à l’épreuve de la colonisation
par daniel rivet professeur d’histoire contemporaine à l’université paris 1 panthéon sorbonne, spécialiste de l’histoire du maghreb éditions hachette 2002

page 65 »dans le cercle constitué autour d’un docteur de la loi dans une mosquée ou une université ou dans une madrassa qarawhin à fès comme la zitouna à tunis, le quêteur du savoir aussi chercheur de vérité , infuse une culture arabo-musulman atrophié ,en effet l’enseignement de la philosophie disparaît, celui de la médecine et de la mathématique se réduit à presque rien , une culture du bréviaire se diffuse à force d’abrégé appris par cœur, le savoir profane se réduit à la prosographie, seule la littérature jurisprudentielle survit à cette débâcle et engendre de vigoureuses écoles de droit »
ceci est confirmé par un troisième universitaire
L’éducation en turquie au 16 et 17 ième siècle

Par robert mantran sans doute le meilleur spécialiste francais de l’empire ottoman
La vie quotidienne à Istambul au siècle de suliman le magnifique robert mantran historien hachette 1990
Professeur université de provence. Qui a écrit de nombreux ouvrages sur la turquie.

Pour l’école page 223 »le maître est généralement un homme, dont la science se limite le plus souvent à connaître le coran et à savoir écrire, on ne lui demande pas d’enseigner autre chose aux enfants »



« le travail essentiellement à faire fonctionner la mémoire plus l’intelligence, le maître fait apprendre par cœur les versés du coran, dans la plupart des cas les enfants ne comprennent pas le sens car ils sont en arabes »

l’auteur ajoute page 224 que le problème est que « le fait même de savoir écrire des versets coraniques n’est pas toujours suffisant pour savoir écrire le turc, car l’alphabet arabe n’est pas adapté au phonétisme de la langue turque… » et qu’en fait « les verset coraniques ne sont d’aucune utilité pour la connaissance de la langue turque » que ses versets seront utiles « pour l’accomplissement des devoirs religieux et sociaux » mais l’enseignement dans ses écoles pour garçons « ne débouchent en aucune façon , sur le développement des faculté intellectuelles »

Il est évident que ce genre d’apprentissage ne contribue en rien à l’ouverture intellectuelle et à la formation de l’esprit critique ! On comprend mieux ce fait incroyable, les turcs si près de l’Europe sont passés à côté des révolutions scientifiques et technique du 16 ième et 17 ième siècle…
On comprend mieux le déclin de l’empire ottoman…

Mais il existe aussi un enseignement supérieur :

« il existe des madrassa pour ceux qui veulent aller plus loin « page 226 le but des ces écoles est de former des gens ayant une connaissance plus approfondi des choses de la religions pour pouvoir être iman, à défaut de devenir un savant de la religion :ouléma, versés dans le ilm( la science) c’est à dire la science coranique »
page 228 « l’enseignement essentiel donné dans les madrassa est la lecture , et commentaire et l’interprétation du coran et des hadith, une place importante est réservée à l’enseignement de la loi coranique, car il faut former les futurs juges » car les règles édictés ont une base juridico-religieuse.
L’auteur nous dit qu’au delà de cet enseignement de base les leçons portent sur la logique, les mathématiques, les sciences naturelles la médecine. »
Mais le travail consiste souvent à apprendre par cœur des pages d’ouvrages.
L’auteur note page 229
Les madrassas forment de manière si traditionalistes, et si éloignées de la culture proprement turque que cette formation ne peut donner l’occasion d’un renouveau intellectuel ou spirituel »

L’auteur ajoute page 230 » le conformisme établi depuis des siècles dans l’enseignement religieux, le manque d’ouverture des sciences humaines, le manque d’évolution des sciences appliqués (prendre l’exemple du refus de l’imprimerie et de l’horloge publique) font que cette culture se sclérose et s’éloigne de plus en plus de ce qui constitue le vieux fond turc de la société »

C’est bien à une islamisation de la société turque auquel nous avons affaire, et pas à une déislamisation !

« de plus totalement ignorante à de rares exceptions près des progrès réalisés en occident , cette élite (des madrassa) imprégnés d’une orgueilleuse conception de sa science et de sa culture, cette élite se refuse à admettre la moindre innovation »

cette phrase illustre celle de lewis
les turcs n’ont aucune idée des avancées de képler , de galilée , de newton…

pour mantran le déclin « l’absence de renouveau intellectuel » du 16 ième et 17 ième siècle s’explique « par le système d’enseignement, et la force des traditions littéraires empruntés aux arabes, la critique littéraire ne comporte pas la discussion ou la critique des auteurs, mais bien leur imitation » page 231


cette état du système éducatif est confirmé par une quatrième universitaire
qui après avoir décrit une période de relative ouverture intellectuelle ,nous décrit l’enseignement lors de la période du déclin de la science arabe
Islam et éducation
Abdelmajid CHARFI, Professeur
Université de Tunis I
TUNISIE
http://www.afides.qc.ca/RDE/49/charfi.html

S'il y a eu déclin et stagnation c'est pour de multiples raisons: démographiques, nous l'avons signalé, politiques (instabilité et dissensions entre les principautés qui se divisaient le monde musulman) et surtout culturelles. En effet, à partir du XIe - XIIe siècle, l'orthodoxie la plus stricte s'était imposée avec le concours et/ou sur l'instigation des pouvoirs en place, sous la forme du credo ach'arite, du développement du soufisme confrérique et, d'une manière générale, de l'établissement d'une religion "close", avec l'importance accrue des méthodes scolastiques et la prédominance de la mémoire sur la réflexion personnelle. On parle métaphoriquement à ce propos de la "clôture de la porte de l' ijtihâd".
Toute cette situation a eu des répercussions au niveau de l'éducation:
développement généralisé des procédés mnémotechniques: pratiquement toutes les connaissances étaient résumées et condensées en vers qu'il s'agissait d'apprendre sans l'exercice du moindre sens critique;
bannissement de la philosophie et même de la théologie ( kalàm), et marginalisation, dans le système éducatif, des sciences profanes au profit des sciences religieuses;
divorce croissant entre, d'une part, les élites citadines qui poursuivaient malgré tout un savoir encyclopédique impressionnant par son ampleur, et, d'autre part, les masses nomades, paysannes et rurales, ainsi que les masses laborieuses, qui n'avaient accès qu'à un savoir rudimentaire assuré par les "kuttabs" (écoles coraniques élémentaires) et les " zaonias" des marabouts, sans parler des femmes qui étaient, dans la presque totalité des cas, maintenues dans l'analphabétisme et l'ignorance la plus absolue. Bon alors vous pouvez avoir un avis contraire, à ces quatre universitaires mais à un moment il faut se demander sur quel argument est basé son point de vue, sinon on décide tout de suite que notre opinion est la bonne et la discussion s’arrête là !Salut


Pour ceux qui veulent aller plus loin il y a bien sûr le superbe rapport du pnud sur le monde musulman

source http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3220,36-339029,0.html
Source le rapport du pnud 2003 sur les pays arabes, réalisés par des sociologues ,des économistes, des scientifiques arabes. site http://www.undp.org/rbas/ahdr/frenchpresskit2003.html



L’excellent article du marocain

Un intellectuel d’origine marocaine explique , le déclin de la science arabe, par la non acceptation de la culture grecque
Bonne lecture

UNE LECTURE CRITIQUE DU LIVRE "LA MALADIE DE L'ISLAM" DE M. ABDELWAHAB MEDDEB
mercredi 4 juin 2003, par Pascal Hilout, Pascal Hilout
L’auteur se définit lui même comme
Je suis français d'origine marocaine et j'ai publié il y a trois ans un long article dans la revue Fikr Wa Naqd où j'ai relaté les causes de l'échec de l'astronomie islamique du Moyen-Age. L'article portait le titre "Ihya' ulum al falak : mina as-samawati ila al-fadai."
Texte complet
http://mmlf.webdynamit.net/spip/article.php3?id_article=30


voilà des texte à lire pour mieux comprendre, la situation actuelle du monde musulman
salut

ps j’ai fait des études d’économie, et de sociologie.
J’ai je crois accumulé certaines connaissances que je voulais vous faire partager pour faire bouger les choses…


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  #2  
Vieux 22/11/2003, 22h16
 
Date d'inscription: novembre 2003
Messages: 77
Par défaut pour tout comprendre au déclin de la science arabe

je suis tout à fait d'accord avec toi, et ça me fait plaisir de pouvoir parler de ce sujet. Je viens justement de lire un livre de Muhammad al-Ghazalî : "Turâthunâ l-fikrî fî mîzân al-shar' wa l 'aql" où il consacre un chapitre complet à ce sujet, ainsi qu'un autre au déclin de la culture arabe, en particulier la langue et la littérature (domaines qui me sont très chers).
Il est un point sur lequel je suis tout à fait d'accord avec l'auteur : lorsqu'il dit que la cause du déclin de la communauté musulmane ne peut venir que de nous (il cite en exemple la chute de la dynastie abbasside, détrônée par Hulaghu, et affirme que les derniers califes de cette dynastie avaient perdu toute foi en Dieu et dilapidaient les richesses de l'empire, au lieu de payer les soldes de l'armée à un moment où ils en avaient le plus besoin).
En ce qui concerne la littérature et la langue arabes, al-Ghazâlî critique les auteurs contemporains (et je le comprends) tous plus laïcs que tous les laïcs, dont le seul sujet est la critique de l'Islâm comme cause du retard du monde arobe et musulman dans la modernisation, ce qui donne des oeuvres ON NE PEUT PLUS NULLES !!! JE SUIS TOUT A FAIT DACCORD !!! :-x :-(
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