George W. Bush prend ses distances vis-à-vis du premier ministre irakien LEMONDE.FR | 22.08.07 | 14h34
Le fait que le président américain se soit gardé de réaffirmer sa confiance à Nouri Al-Maliki, lors d'une conférence de presse, mardi 21 août, en marge du sommet de Montebello au Canada, a largement fait réagir les journaux américains.
George W. Bush était interrogé sur les propos tenus la veille par l'une des grandes figures du Congrès, le démocrate Carl Levin, qui avait estimé que le Parlement irakien devait retirer sa confiance au premier ministre. "La question fondamentale est : est-ce que le gouvernement répond aux attentes du peuple ?", a demandé le président américain. "Si le gouvernement ne répond pas aux attentes des gens, ils remplaceront le gouvernement. C'est aux Irakiens d'en décider, pas aux hommes politiques américains."
Pour le New York Times, George W.Bush "prend du recul" par rapport à M. Al-Maliki, pour le Washington Post, il "fait monter la pression" sur le premier ministre irakien. "Cela ne valait pas le vote de défiance du sénateur Carl Levin, commentent Sheryl Gay Stolberg et Jim Rutenberg dans le New York Times, (...) mais c'était une tentative marquante de la Maison Blanche de se mettre à distance du gouvernement Al-Maliki avant le mois de septembre." La version finale d'un rapport d'évaluation sur la stratégie controversée annoncée par le président Bush en janvier d'envoyer 30 000 soldats supplémentaires en Irak est en effet attendue pour septembre.
PAS DE "CHÈQUE EN BLANC" POUR NOURI AL-MALIKI
Face aux critiques des démocrates – et même de certains républicains –, George W. Bush tenterait, selon le New York Times, de faire passer un nouveau message : "Nous faisons notre travail en Irak, ne nous blâmer pas si les Irakiens ne font pas le leur". Pour le Washington Post, ces "mots durs" du président Bush suggèrent que, face aux autorités actuelles en Irak, l'administration américaine commence à perdre patience.
Les deux quotidiens remarquent que cette déclaration intervenait quelques heures après que l'ambassadeur américain en Irak, Ryan C. Crocker, a fait un commentaire similaire à Bagdad, jugeant "extrêmement décevant" les progrès politiques du gouvernement irakien qui ne parvient pas à réconcilier les communautés chiite, sunnite et kurde, condition pourtant essentielle à la stabilisation du pays. M. Crocker a insisté pour que le soutien américain à Nouri Al-Maliki n'apparaisse pas comme un "chèque en blanc".
Aline Leclerc |