Nous, soldats américains en Irak


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Vieux 27/08/2007, 16h17
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Par défaut Nous, soldats américains en Irak

Vu d'Irak au terme d'un déploiement de quinze mois, le débat politique à Washington semble tout à fait surréaliste. La lutte contre l'insurrection est, par définition, une compétition entre insurgés et contre-insurgés pour le contrôle de la population et son soutien. Croire que les Américains, accueillis sans enthousiasme, peuvent gagner à leur cause une population locale rétive et remporter la lutte contre l'insurrection est une vue de l'esprit.

En tant que soldats d'infanterie et sous-officiers de la 82e division aéroportée et en tant qu'hommes responsables sur le point de rentrer au pays, nous mettons en doute la couverture médiatique qui, ces derniers temps, présente le conflit comme de plus en plus gérable, et estimons qu'elle néglige les troubles civils, politiques et sociaux croissants que nous constatons au quotidien. Il s'agit bien évidemment de notre opinion personnelle et en aucun cas d'un point de vue officiel au sein de notre chaîne de commandement.

Il se dit que nous nous rendons sans cesse plus maîtres de la situation sur les champs de bataille en Irak : une telle analyse est le fruit d'une vision américano-centrée et erronée. Nous jouissons certes de la supériorité militaire, mais ce que les soldats appellent le théâtre des opérations reste inchangé, à l'exception de quelques évolutions marginales. Ce théâtre fourmille d'acteurs difficiles à identifier : extrémistes sunnites, terroristes d'Al-Qaida, miliciens chiites, criminels et tribus armées. La situation est encore compliquée par la loyauté douteuse et le double jeu de la police et de l'armée irakiennes, entraînées et armées aux frais des Américains.

Il y a quelques nuits de cela, nous avons ainsi vu un soldat américain mourir et deux autres être grièvement blessés après l'explosion d'une bombe antiblindage entre un poste de contrôle de l'armée irakienne et un autre de la police. Des témoins irakiens ont assuré aux enquêteurs américains que des représentants de la police et de l'armée locales avaient escorté les poseurs de bombe et les avaient aidés à installer l'engin. Ces civils ont exprimé leur dilemme : s'ils avaient informé les Américains avant l'explosion, l'armée, la police ou la milice chiite locale auraient tué leurs familles. Beaucoup de soldats vous le diront : ce genre d'événement fait quasiment partie de notre routine.

Les informations affirmant que la majorité des chefs militaires irakiens sont désormais des partenaires fiables ne relèvent que d'une rhétorique mensongère. Les commandants des bataillons irakiens, y compris les mieux intentionnés, ont une influence limitée, voire nulle, sur les milliers d'hommes qui sont sous leurs ordres et qui ne sont vraiment fidèles qu'à leurs milices.

S'il est essentiel de se faire des alliés pour remporter le combat contre une insurrection, il est aussi impératif que ces alliés soient fidèles à l'objectif que nous prétendons soutenir. Ainsi les sunnites, sous-représentés dans les nouvelles forces armées irakiennes, en sont désormais à créer leurs propres milices, parfois avec notre soutien tacite. Ils sont convaincus que la meilleure façon de se prémunir contre les milices chiites et un gouvernement à dominante chiite est de constituer leurs propres bandes armées. Et nous les armons pour qu'ils nous aident dans la lutte contre Al-Qaida. Certaines tribus sunnites armées sont ainsi devenues des délégués efficaces, mais une question demeure : à qui feraient-elles allégeance en notre absence ?

Pour résumer, nous opérons dans un contexte ahurissant entre des ennemis déterminés et des alliés douteux, où l'équilibre des forces en présence est on ne peut plus flou. Soyons clairs, nous avons la volonté et les moyens de combattre dans un tel contexte, mais nous sommes de facto paralysés parce que les réalités du terrain exigent des mesures auxquelles nous nous refuserons toujours : le recours de façon massive, brutale et meurtrière à la force. On ne peut se contenter d'évaluer le niveau de sécurité d'un point de vue américano-centré. La possibilité pour des observateurs américains, par exemple, de se déplacer sans danger dans les rues de villes jadis violentes n'est pas un indicateur décisif du niveau de sécurité. Il faut prendre en compte le vécu des citoyens irakiens. Et, alors, force est de constater qu'une majorité d'entre eux se sent en danger et nous considère comme une force d'occupation incapable, en quatre ans, d'établir une normalité. Et qui semble même de moins en moins capable de le faire, puisque nous continuons d'armer toutes les parties en présence.

Il est tout aussi inutile d'associer à notre stratégie militaire des demandes pressantes au gouvernement irakien pour qu'il atteigne des objectifs politiques en vue de la réconciliation. L'incurie du gouvernement est source d'impatience et de confusion et ne fait rien pour améliorer le sentiment de sécurité de l'Irakien moyen. De fait, une solution politique durable demeurera impossible tant que la situation militaire sera aussi instable.

Le gouvernement irakien est tenu par les principaux partenaires de la coalition formée par l'Alliance irakienne unifiée, à majorité chiite, ainsi que par une minorité kurde. L'Alliance a été formée par le clergé chiite, soucieux d'éviter que le peuple ne commette la même erreur qu'en 1920, à savoir se rebeller contre la force occidentale d'occupation et perdre ce qu'il croyait être son droit inaliénable à gouverner l'Irak. Les chiites nous voient donc comme utiles, pour le moment, et ce moment est sur le point de se conclure, puisqu'ils ont obtenu ce qui à leurs yeux leur revient de droit. Leur prochain objectif consiste désormais à consolider ces acquis, car une réconciliation sans consolidation pourrait tout leur faire perdre.

La réconciliation politique de l'Irak aura lieu, mais pas sur nos instances ni d'une façon qui satisfasse nos objectifs. Elle aura lieu aux conditions des Irakiens, lorsque la réalité sur le champ de bataille sera conforme à la réalité politique. Il n'y aura pas de grands remèdes magnanimes satisfaisant toutes les parties comme nous le voulons ; il y aura des gagnants et des perdants. Il ne nous reste qu'à choisir le camp que nous allons soutenir. En essayant de satisfaire toutes les parties, comme nous le faisons actuellement, nous ne faisons que nous assurer de la haine de tous, et pour longtemps.

Le front le plus important de la lutte contre l'insurrection, celui de l'amélioration de la situation sociale et économique, est celui sur lequel nous avons le plus lamentablement échoué. Deux millions d'Irakiens vivent dans des camps de réfugiés dans les pays voisins. Près de deux millions sont des déplacés à l'intérieur de leur pays et s'entassent désormais dans de nombreux taudis en ville. Dans les villes, l'électricité, le téléphone et la voirie ne sont pas assurés en permanence. Les Irakiens "bien lotis" vivent dans des quartiers fermés, barricadés. Ils survivent dans une claustrophobie communautaire.

Dans cet environnement anarchique où des hommes en armes font la loi dans la rue, les gestes les plus banals de la vie sont devenus autant de défis à la mort. Après quatre ans d'occupation, nous avons manqué à toutes nos promesses et substitué à la tyrannie du parti Baas la tyrannie de la violence islamiste, milicienne et crapuleuse. La seule inquiétude des Irakiens est désormais de savoir quand et comment ils seront tués. Ne faisons donc pas les fiers lorsque nous leur distribuons nos colis alimentaires. Comme nous l'a dit un Irakien résigné, il y a quelques jours, : "Nous avons besoin de sécurité, pas de nourriture."

Admettons-le, si notre présence a libéré le peuple irakien du joug d'un tyran, elle lui a aussi volé sa dignité. Les Irakiens ne tarderont pas à comprendre que le meilleur moyen de retrouver l'estime d'eux-mêmes est de nous prendre pour ce que nous sommes - une armée d'occupation - et d'exiger notre départ. En attendant, nous serions bien avisés de leur laisser progressivement reprendre le rôle central dans tous les domaines, pour qu'ils élaborent eux-mêmes une stratégie nuancée dans laquelle nous les aiderions de loin, mais en les laissant résoudre leurs différends comme bon leur semble. Cette suggestion ne relève pas du défaitisme, c'est simplement admettre que nous menons des politiques vers des buts absurdes et sans en reconnaître les aberrations.

Il ne nous semble pas utile de parler de notre moral. Nous sommes des soldats consciencieux et nous mènerons notre mission à bien.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Julie Marcot
© New York Times
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Vieux 27/08/2007, 16h31
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Par défaut Re : Nous, soldats américains en Irak

C'est le début de la fin de l'occupation américaine de l'Iraq....
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  #3  
Vieux 27/08/2007, 17h11
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Citation:
Envoyé par Nbarch Voir le message
C'est le début de la fin de l'occupation américaine de l'Iraq....
Bush avait déclaré que les USA n'allaient pas commettre la méme erreur du Vietnam, et qu'ils n'allaient pas se retirer d'irak, car selon lui le retrait du vietnam était une erreur, .
Donc de quel début de la fin tu parles?
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  #4  
Vieux 27/08/2007, 17h18
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Envoyé par yub40 Voir le message
Bush avait déclaré que les USA n'allaient pas commettre la méme erreur du Vietnam, et qu'ils n'allaient pas se retirer d'irak, car selon lui le retrait du vietnam était une erreur, .
Donc de quel début de la fin tu parles?
Les américains ne peuvent pas rester en Iraq, la situation est intenable...
La France essaie aujourd'hui de jouer l'intermidiaire pour assurer une sortie honorable aux américains.... C'est le sens même du voyage de Kouchner....
Quant à George Bush, je pense que son temps est fini...

Enfin si tu lis bien l'article, les auteurs mettent en évidence l'impossibilité de rendre loyale et fidèle aussi bien l'armée iraqienne que la Police....

ce fut le cas également en Algerie pendant les années 50 ...
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  #5  
Vieux 27/08/2007, 17h28
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Citation:
Envoyé par yub40 Voir le message
Bush avait déclaré que les USA n'allaient pas commettre la méme erreur du Vietnam, et qu'ils n'allaient pas se retirer d'irak, car selon lui le retrait du vietnam était une erreur, .
Donc de quel début de la fin tu parles?
bush a commis une boulette en comparant l'irak et le vietnam (chose que font tous les spécialistes depuis deux ans au moins)

il va renforcer le sentiment anti guerre et anti bush des americains, qu'ils partent ou qu'ils restent ca ne regle rien et ca ne repond pas aux quetions économiques

a qui appartient desormais le petrole irakien, qui en profite, qui le vend ?????
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  #6  
Vieux 27/08/2007, 17h38
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Citation:
Envoyé par Nbarch Voir le message
Les américains ne peuvent pas rester en Iraq, la situation est intenable......
ne peuvent pas, oui, mais resterons encore pour plusieurs années, L'amérique ne peut se permettre un autre Vietnam

Citation:
Envoyé par Nbarch Voir le message
La France essaie aujourd'hui de jouer l'intermidiaire pour assurer une sortie honorable aux américains.... C'est le sens même du voyage de Kouchner....
Quant à George Bush, je pense que son temps est fini......
je ne vois pas comment la France prépare un retrait honorable pour les américains, c'est à la limite amusant!! qu'est ce que vient faire la France ici?
kouchner est juste allé figurer en irak, sans programme clair ni vision élaborée!!!
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  #7  
Vieux 27/08/2007, 17h44
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L'électron libre
 
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Citation:
Envoyé par trinita Voir le message
bush a commis une boulette en comparant l'irak et le vietnam (chose que font tous les spécialistes depuis deux ans au moins)

il va renforcer le sentiment anti guerre et anti bush des americains, qu'ils partent ou qu'ils restent ca ne regle rien et ca ne repond pas aux quetions économiques

a qui appartient desormais le petrole irakien, qui en profite, qui le vend ?????
les entreprises américaines et celle de la coalission (GB surtt) se sont accaparées du marché du pétrole iraquien, et par conséquent il leur appartient, donc ils en profitent, et biensur c'est qui le vendent!
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  #8  
Vieux 27/08/2007, 17h45
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Par défaut Re : Nous, soldats américains en Irak

Citation:
Envoyé par yub40 Voir le message
je ne vois pas comment la France prépare un retrait honorable pour les américains, c'est à la limite amusant!! qu'est ce que vient faire la France ici?
kouchner est juste allé figurer en irak, sans programme clair ni vision élaborée!!!

Rien d'amusant

N Sarkozy rencontre son maitre à penser Bush chez lequel il passe les vacances comme un disciple ...
Une semaine après la fin des vacances, Kouchner débarque en Iraq pour dire que la seule solution possible est d'ordre politique...

Kouchner n'aurait jamais été sans l'aval des américains....
Il n aurait pas dit ce qu'il avait sans leur accord non plus....

Les américains veulent sortir mais ne savent pas comment...

La France est là juste pour que Bush puisse dire aux américains, la France qui était le chantre de la non intervention en Iraq, vient avec le poids de sa diplomatie dans un pays que nous occupons, elle accepte donc notre présence...
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  #9  
Vieux 27/08/2007, 17h47
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Par défaut Re : Nous, soldats américains en Irak

Citation:
Envoyé par yub40 Voir le message
les entreprises américaines et celle de la coalission (GB surtt) se sont accaparées du marché du pétrole iraquien, et par conséquent il leur appartient, donc ils en profitent, et biensur c'est qui le vendent!
Sauf que la guerre en Iraq coute beaucoup plus cher que ce que peut apporter le pétrole iraquien...

La guerre a couté plus de 1000 Milliards... Le petrole iraqien rapporte 20 milliard par an... dont une grande partie sert à faire fonctionner ce qui reste de l'état iraqien....
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  #10  
Vieux 27/08/2007, 17h51
Gandhi avec un AK-47
 
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Par défaut Re : Nous, soldats américains en Irak

Citation:
Envoyé par yub40 Voir le message
les entreprises américaines et celle de la coalission (GB surtt) se sont accaparées du marché du pétrole iraquien, et par conséquent il leur appartient, donc ils en profitent, et biensur c'est qui le vendent!


et le peuple il vit de quoi, d'ou vient l'argent ???
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